« La nouvelle génération manque de caractère »

Né en 1947, à Adjamé, TRAORE Karim a très vite fait ses classes dans les équipes jeunes de l’ASEC Mimosas pour atteindre l’équipe première alors qu’i n’avait que 15 ans. Lors de ses vacances, à Abidjan, il a été reçu dans le « Salon des Actionnaires » de RJN. Voici son témoignage :

Quelle est votre actualité ?

Je vis en France depuis 1974, après avoir quitté l’ASEC Mimosas. Mais, chaque fois que je prends mes vacances, je reviens à Abidjan avec ma famille.

Que pensez-vous de la nouvelle génération de joueurs de l’ASEC Mimosas ?

Ils ont une chance inouïe, mais ils n’en profitent pas. A notre temps, l’ASEC Mimosas n’avait pas ce joyau que représente Sol Béni. J’ai assisté à certains matches de la génération actuelle. Je trouve que l’équipe a gardé la même philosophie de jeu, mais les jeunes manquent de caractères. Ils ne respirent pas et ne vivent pas ASEC Mimosas.

Comment a commencé votre histoire avec l’ASEC Mimosas ?

Nous avions l’habitude de jouer à l’école « château d’eau » d’Adjamé où toute la crème des footballeurs d’Adjamé et des autres communes se retrouvait le plus souvent. J’appréciais des anciens de l’ASEC Mimosas comme NENE Bi Jules, Paul KALOU, AKRE Ignace et autres. C’est depuis ce moment que je suis tombé sous le charme du jeu fluide fait de passes courtes de l’ASEC Mimosas. Mon amour pour le club m’a poussé vers les séances d’entraînement de l’équipe minime que j’ai finalement intégrée.

En quelle année êtes-vous arrivé en équipe senior ?

J’ai débuté en équipe première de l’ASEC Mimosas alors que je n’avais que 15 ans, en profitant de la blessure du défenseur central AKRE Ignace. GNAZOU Jean-Baptiste, l’un des joueurs cadres avait convaincu l’entraîneur BAKARY TOURE de me faire jouer parce que je lui avais fait eu une bonne impression depuis mes prestations en équipe junior. Une fois dans l’équipe, j’ai été accepté par les anciens qui ont facilité mon intégration. J’ai su saisir ma chance pour m’imposer. Mais, l’entraîneur me préférait au poste de milieu défensif parce que j’étais polyvalent.

Un bon joueur doit-il être polyvalent ?

Pour moi, un joueur doit pouvoir s’adapter à toutes les situations qui se présentent à lui. A l’époque, à l’ASEC Mimosas, une pratique avait cours. On vous faisait changer de poste pour observer votre capacité de réaction ou d’adaptation. Il peut arriver des situations où le titulaire à un poste se blesse et qu’on ait recours à un autre joueur pour le remplacer. C’était l’une des grandes forces de notre équipe avec des joueurs polyvalents. 

Quelles étaient vos autres qualités ?

J’avais une belle vision du jeu. Pour cette raison, j’étais très souvent consulté par l’entraîneur qui prenait mes avis sur le déroulement des rencontres et les choix du système de jeu à appliquer. J’avais aussi un bon timing et un bon jeu de tête. Je n’aimais surtout pas perdre. J’allais toujours à fond pour gagner.

Pourquoi aviez-vous arrêté votre carrière pour une aventure en France ?

J’étais l’aîné de ma famille sur qui reposait presque tout. C’était un peu difficile bien que l’ASEC Mimosas s’occupait bien de moi. Pour espérer améliorer ma situation, je suis donc parti à l’aventure, en France.

Aviez-vous tenté de relancer votre carrière de footballeur en France ?

Arrivé en France, j’ai fait un essai concluant au PSG (Paris Saint-Germain). Malheureusement, il fallait que j’ai la nationalité française pour signer un contrat parce que le quota de joueurs étrangers de l’équipe était déjà atteint.  Je me suis donc engagé avec un club corporatif (la BIAO), où j’allais jouer pendant mes heures libres. Je précise qu’en quittant l’ASEC Mimosas, j’avais contracté une blessure au genou qui s’est avérée gênante pour poursuivre le rêve de devenir footballeur professionnel.

Quel est votre meilleur souvenir à l’ASEC Mimosas ?

La plus grande joie est le moment vécu à l’ASEC Mimosas. On oubliait nos soucis lorsqu’on se retrouvait à l’ASEC Mimosas pour former une famille.

Quel est le match qui vous a le plus marqué ?

J’ai en mémoire la finale de la Coupe nationale, en 1972, contre le Stade d’Abidjan, à Odienné. L’équipe avait enregistré l’arrivée de jeunes joueurs comme GNAKO Jules, GUEHASSA Paul, BOUAZO Valentin et autres. Le match a été très difficile, mais nous l’avons remporté (2 – 1), au finish. Cette victoire a consolidé le groupe qui était en proie à de petites dissensions.

Comment viviez-vous les derbies ASEC Mimosas-Africa Sports ?

Généralement, nous nous éloignions de la ville pour préparer les derbies. Pendant plus d’une semaine, nous n’avions aucun contact avec nos familles. Il faut comprendre cela, parce ces matches étaient considérés comme des batailles de guerre. J’en connais des supporters qui pleuraient ou ne mangeaient pas de la journée après une défaite de l’ASEC Mimosas. Nous avions donc un devoir de ne pas les décevoir. Mais en dehors des matches, nous étions de bons amis entre joueurs.

Quels sont les entraîneurs qui vous ont le plus marqué ?

Je citerai Bakary TOURE, puis ANZIAN Jean-Baptiste et le Brésilien ORLANDO qui m’a fait jouer à plusieurs postes et m’a permis d’utiliser convenablement mon pied gauche.

Quels coéquipiers vous ont le plus impressionné ?

YORO Alphonse dit l’Américain était un joueur que j’appréciais beaucoup parce qu’il était imprévisible. POKOU Laurent par contre était toujours dans les bons coups pour conclure. Ces deux joueurs étaient très précieux pour notre groupe.

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