« Nous avançons lentement, mais sûrement »

Quelques jours après la fin de la saison de football 2015-2016, le Président du CNACO, MESSOU Kouablan, fait le bilan des activités de sa structure et présente les perspectives pour les années à venir. Voici ce qu’il nous a confié. Interview.

– Monsieur le Président du CNACO, vous menez des Actions de mobilisation depuis votre arrivée à la tête du CNACO. Comment les choses évoluent-elles d’année en année ?

– Je peux vous dire que les actions de mobilisation de nos supporters et des fonds pour notre club donnent des résultats positifs chaque année. Le nombre d’Actionnaires qui adhèrent à nos actions, qui s’acquittent de leur cotisation annuelle et qui prennent leur carte de supporter ne cesse d’augmenter et cela est très encourageant pour le club et pour le CNACO que je dirige. Les choses se sont améliorées en termes d’adhésion. En 2016, par exemple, nous en avons enregistré 1000 de plus qu’en 2015. Quand on fait le bilan de nos actions en 2016, les Actionnaires ont eu un comportement assez intéressant. En début de saison, ils ne se rendaient pas beaucoup au stade. Mais au fur et à mesure que nous communiquions avec eux, que nous leur expliquions qu’ils sont le maillon fort de la chaîne, les Actionnaires ont commencé à se rendre de plus en plus nombreux dans les stades. Vers la fin de la saison, les stades étaient relativement pleins. Nous avançons lentement, mais sûrement dans nos actions de mobilisation des Actionnaires.

 

– Ne pensez-vous pas que cette augmentation des adhésions et d’acquisition des cartes de supporters est le signe d’un réel changement progressif de mentalité des Actionnaires qui posent de plus en plus d’actions concrètes en faveur de leur club ?

– C’est exact. Mais j’avoue qu’il a été difficile de faire passer nos messages aux Actionnaires. C’est pour cela que je remercie tous les journaux qui m’ont ouvert leurs colonnes pour communiquer avec les Actionnaires. Je remercie également Radio Côte d’Ivoire qui nous a été d’une grande utilité en nous permettant de parler aux Actionnaires de toutes les contrées du pays. Même si leur nombre n’est pas encore aussi grand que nous le souhaitons, le fait que des Actionnaires de l’intérieur du pays viennent spontanément acheter leur carte de supporter ou payer leur cotisation via l’Opération Orange Collecte me permet de remercier tous les médias qui nous ont permis d’atteindre nos résultats actuels.

 

– N’est-ce pas aussi parce que vous êtes arrivé à faire comprendre aux Actionnaires que l’ASEC Mimosas n’a pas d’argent et que ce sont eux qui doivent donner les moyens à leur club pour réaliser ses ambitions sportives ?

– C’est vrai. Les Actionnaires sont en train de comprendre la situation financière réelle de leur club grâce à nos différentes campagnes. C’est une bonne chose et ils n’ont pas le choix. Nous sommes une association privée. A ce titre, nous ne pouvons pas demander à quelqu’un d’autre d’améliorer notre quotidien en nous donnant ce que nous-mêmes ne voulons pas nous offrir. Les Actionnaires pensaient à un moment donné que leur club est riche. Mais je m’évertue à leur expliquer que l’ASEC Mimosas n’a plus d’argent, que le club a des difficultés de trésorerie pour recruter de grands joueurs et bâtir une équipe de rêve comme dans les années 1990. A force de leur expliquer cela, ils ont commencé à comprendre. Surtout que nous ne leur demandons pas la lune, mais seulement 2400f CFA par an, ce qui fait 200f CFA par mois. Quand ils seront totalement convaincus que c’est à eux de donner les moyens à leur club pour grandir, ils payeront spontanément les 2400f CFA que nous leur demandons par an ainsi que leur carte de supporter. Vu l’évolution des choses, je pense que pour la saison 2016-2017, les choses seront encore meilleures.

 

– Vous ne cessez d’innover pour faciliter les choses aux Actionnaires. Cette année, vous avez initié l’Opération Orange Collecte pour permettre à tous les Actionnaires de toutes les contrées du pays de payer leur cotisation annuelle où qu’ils se trouvent. Mais certains disent avoir encore du mal à s’acquitter de ce devoir statutaire annuel. Pourriez-vous leur expliquer de nouveau les avantages de ce mode de paiement des cotisations ?

– L’Opération O’Collecte fonctionne comme les transferts d’argent par Orange Money. Quand on a un compte Orange Money et qu’on se trouve à Boundiali, à Korhogo, à Bouna, à Grabo, Logoualé, à Niablé, à Tafiré, etc., on n’a pas besoin de venir à Abidjan pour payer sa cotisation. Celui qui a vraiment envie de le faire, peut prendre son magazine ASEC Mimosas à la Une duquel nous publions, chaque semaine, le code suivant : #144*82*23684#. S’il entre ce code dans son téléphone, il aura un déroulé qui le dirigera jusqu’au montant de la somme qu’il veut cotiser pour l’ASEC Mimosas. C’est très simple à faire. Ceux qui n’y arrivent pas, peuvent appeler le CNACO au 21 25 03 87 pour qu’on leur explique comment procéder. Ils peuvent se faire aider aussi par quelqu’un qui s’y connaît dans leur entourage. Ils ont également la possibilité d’aller directement à la banque pour verser leur cotisation sur le compte du CNACO que nous leur avons communiqué. Je pense que le problème aujourd’hui, n’est pas une quelconque difficulté à nous faire parvenir les cotisations. C’est surtout le manque d’envie chez certains Actionnaires de le faire. Et c’est à force de leur expliquer continuellement les choses que nous les amèneront progressivement à changer de mentalité. Les gens ne comprennent pas pourquoi nous leur demandons d’aider financièrement leur club parce qu’ils pensent que l’ASEC Mimosas est riche. Ils n’ont pas tout à fait tort. L’ASEC Mimosas est riche de son patrimoine, de ses hommes et de son organisation. Mais en termes de trésorerie, de liquidité pour faire de bons recrutements, pour gérer le club au quotidien, le club n’a pas d’argent. C’est aux Actionnaires d’abord d’apporter cet argent nécessaire et à personne d’autre. Les dirigeants font ce qu’ils peuvent. Ils trouvent des solutions pour financer le club grâce au sponsoring et aux transferts de joueurs. Mais les sponsors connaissent aujourd’hui des difficultés et leur aide à baissé. Le club ne transfère presque plus de joueurs. Pendant ce temps, les charges sont devenues énormes. Il est donc temps que les Actionnaires viennent au chevet de leur club en donnant les 2400f CFA par an sans réfléchir et qu’ils attendent des résultats en retour. Si nous ne donnons pas les 2400f CFA par an, nous ne devons pas attendre de bons résultats de notre équipe. Nous sommes actuellement à l’intersaison. Lorsque nous contactons un joueur, il demande des millions à la signature. Où voulons-nous que l’ASEC Mimosas et son Président trouvent ces millions pour les faire signer ? Des Actionnaires sont venus me voir avec des noms de joueurs à recruter pour les proposer au Président Roger OUEGNIN. Je veux bien aller proposer ces noms au Président. Mais j’aurais voulu par la même occasion que les Actionnaires m’apportent de l’argent à remettre au Président pour recruter ces joueurs qu’ils veulent voir évoluer à l’ASEC Mimosas, la saison prochaine. L’un ne va pas sans l’autre. Je suis gêné, mais j’irai voir le président pour lui transmettre les propositions des Actionnaires.

 

– En plus de l’Opération O’Collecte, vous avez initié, cette année, une quête au stade lors du match ASEC Mimosas-ZESCO United comptant pour la 4e journée des matches de poules de la Ligue des champions. Comment les choses se sont-elles passées ?

– Les Actionnaires ont bien réagi ce jour-là même si le match nul qui a sanctionné la rencontre les avait déçus. Nous allons poursuivre les quêtes dans les stades, la saison prochaine parce que nous avons déjà le matériel et des hôtesse pour le faire. Nous réfléchissons à d’autres moyens pour contribuer au financement du club. Nous avons réaménagé la terrasse du CNACO qui est de plus en plus fréquentée. Nous venons d’ouvrir aussi un point de vente Sportcash à notre siège.

 

– Que pensez-vous des réactions de certains présidents de comités qui, lors de la dernière Assemblée Générale Mixte Elective du club, vous ont reproché d’avoir supprimé les comités de supporters ?

– Je comprends leurs réactions. Et cela m’a plutôt fait plaisir. C’est la preuve qu’ils accordent de l’intérêt aux actions que nous menons. Les comités de supporters sont des dispositions statutaires du club qu’aucun président du CNACO ne peut ignorer. Pour le faire, il faut modifier les statuts et le règlement intérieur de l’ASEC Mimosas. Or il n’y a eu aucune modification de nos textes dans ce sens. Je n’ai jamais essayé de négliger ou d’ignorer les comités d’Actionnaires. Quand le Président Roger OUEGNIN m’a confié le CNACO, j’ai convoqué plusieurs réunions avec les présidents des comités de supporters mimosas, les journaux sont là pour le confirmer, mais très peu ont répondu présents. J’ai une culture du privé. Dans le privé, on ne recherche que le résultat. Comme les présidents de comités ne réagissaient pas, des Actionnaires sont venus me voir pour trouver une formule pour leur permettre de cotiser et d’obtenir leur carte de supporter. Il fallait faire évoluer les choses. Les textes du club prévoient l’existence des sympathisants et des comités de supporters. J’ai donc basé la sensibilisation sur les sympathisants. Dieu merci, les choses se passent bien. Sur les deux dernières années, nous avons pu réunir environ 25 millions de francs CFA grâce aux sympathisants. Ce qui est appréciable. Si nous n’avions pas fait cela, nous n’aurions rien eu. Je rassure les différents présidents de comité que rien n’a été supprimé. Il faut maintenant relancer les activités des comités. Mais ce n’est pas à moi de le faire. Ce rôle incombe aux responsables de ces comités. Au niveau du CNACO, nous avons déjà fait un travail de base. Nous connaissons le nombre d’habitants de chaque commune de Côte d’Ivoire. Par rapport à cela, je leur expliquerai ce que j’attends de chaque président de comité.

 

– Monsieur le Président, hormis les Comités communaux de Treichville, de Niablé et de Koumassi, tous les autres n’ont pas payé leur cotisation annuelle. Qu’est-ce qui peut justifier l’existence d’un comité qui ne paye pas ses cotisations selon les statuts de l’ASEC Mimosas ?

– Nos textes sont clairs. Pour qu’un comité de supporters soit reconnu comme tel, il doit s’être acquitté de sa cotisation annuelle qui coûte 250 000f CFA. Malheureusement, beaucoup de présidents de comités qui revendiquent publiquement des choses n’ont pas payé leur cotisation annuelle depuis des années. Le Président Roger OUEGNIN me charge de leur dire qu’il leur fait cadeau de ces arriérés, mais qu’ils doivent impérativement payer leur cotisation de 2016 pour permettre à l’ASEC Mimosas de bien préparer la saison prochaine. A partir de janvier 2017, tous les comités de supporters et tous les sympathisants du club devront renouveler leur cotisation. Je signale que les membres du Conseil d’Administration montrent déjà l’exemple en payant chacun leur cotisation annuelle qui coûte 250 000f CFA. Les comités de supporters doivent suivre cet exemple. S’ils ne le font pas, ils ne seront pas reconnus par le club et ils seront considérés comme des ex-comités et leurs responsables comme des ex-présidents. Nul n’est au-dessus de la loi.

 

– Après le bilan de la saison écoulée, quels sont les perspectives pour les années à venir ?

– Nous allons maintenir le cap avec les cartes de sympathisants et des membres actifs collectifs (les comités) et individuels. Nous allons continuer de communiquer avec les Actionnaires dans les journaux et sur les ondes des radios de proximité et de la radio nationale. La saison prochaine, nous nous battrons pour communiquer à travers un média puissant comme la télévision. Nous allons améliorer notre communication pour sensibiliser davantage les Actionnaires en leur expliquant qu’il est nécessaire d’aller soutenir leur équipe au stade, d’acheter leur journal, d’acheter les maillots, les tee-shirts et les autres gadgets du club, de se rendre à la terrasse du CNACO pour consommer de la nourriture ou des boissons ou jouer à Sportcash. C’est comme ça qu’ils donneront les moyens à leur club pour demeurer grand et éternel. Je suis heureux d’annoncer aux Actionnaires que le Président Roger OUEGNIN m’a confié qu’il prend l’engagement de monter une grande équipe la saison prochaine. Je lui fais entièrement confiance et je sais qu’avec cela, comme les Actionnaires réagissent aux résultats, la mayonnaise prendra définitivement.

 

– Rêvez-vous toujours d’amener les Actionnaires à cotiser spontanément pour leur club sans qu’on le leur demande ?

– Oui, c’est mon grand rêve, mon objectif premier. Cela prendra du temps. Mais je vais le répéter à chaque occasion pour que les Actionnaires l’intègrent. Jusqu’à ces dernières années, les Actionnaires se disaient que leur club a les moyens de ses ambitions sportives grâce aux sponsors et aux transferts de joueurs. Ils ne se sentaient pas concernés par le financement de l’ASEC Mimosas. Mon rôle est de leur expliquer qu’ils sont le maillon fort du club. A ce titre, payer leur cotisation annuelle doit être un réflexe, voire un rituel comme lorsque nous nous levons tous les matins, nous savons ce que nous devons faire pour commencer notre journée. Je voudrais que les Actionnaires regardent uniquement l’ASEC Mimosas et ses couleurs pour servir ce club sans condition. Ils me trouvent dur avec eux parfois. Mais c’est parce qu’ils ne me comprennent pas. Au début, personne ne me comprenait. Mais de plus en plus de personnes comprennent mon message et ce que j’attends des Actionnaires. J’aime les Actionnaires, j’ai foi en eux, je sais ce qu’ils sont capables de faire. Nous devons dormir ASEC Mimosas et nous réveiller ASEC Mimosas. Ce que je leur demande aussi, c’est de respecter leurs dirigeants qui sont des bénévoles, des personnes qui donnent de leur temps, de leur énergie et quelquefois de leur argent pour la grandeur de leur club. A la vache qui nous donne son lait, nous devons lui donner du foin pour bien la nourrir et continuer à profiter de son lait.

 

– Votre mot de fin, Monsieur le Président ?

–  Je répète aux Actionnaires que je les aime du plus profond de mon cœur. Ce que nous les dirigeants actuels faisons, c’est pour l’ASEC Mimosas, pour la grandeur de notre club, pour notre fierté. Nous sommes des hommes qui avons envie d’aller loin et de mener l’ASEC Mimosas au firmament.

 

K.I

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