Un club, un président, une vision

A l’ouest rien de nouveau. Est-il nécessaire de s’appesantir sur la qualification à l’arraché des Eléphants devant une équipe de la Sierra-Leone pratiquement composée de bras cassés qui aurait également pu réussir le hold-up parfait en fin de match, ou porter au pinacle, l’œuvre d’un homme à la tête de son club, notamment son projet de création d’un nouveau Sol Beni, baptisé « Gboro Gbata » ? Pour Bouaké, on dira circulez, y a rien a dire. Par contre, à Abidjan, on aurait tort de ne pas célébrer l’excellence. Ceci étant, à l’image d’un prestidigitateur qui a plus d’un tour dans son sac, Me Roger OUEGNIN a sorti de sa manche une carte qui aura laissé les Actionnaires pantois. Et bouche béé. La surprise fut de taille.  Et la nouvelle, un véritable séisme dans le landerneau footballistique ivoirien. Après Sol Beni créé en 1989, désormais consacré aux activités récréatives et génératrices de revenus pour faire vivre le club, l’ASEC Mimosas disposera d’un autre centre sportif moderne, implanté à Bingerville, sur un périmètre de 4,5 hectares. Ce nouveau centre baptisé « Gboro Gbata » (la Maison du Football en langage Nouchi et Malinké), nouvelle trouvaille du PCA des Mimos, ouvrira une nouvelle ère dans la vie de cette association sportive. Car, pour la première fois dans l’histoire du football ivoirien, voire continental, un club de football s’est doté de deux centres sportifs avec toutes les commodités. Que les sachants éclairent notre lanterne si ce sont des fadaises. Dans un contexte de difficile conjoncture pour tous les clubs, alors que l’Asec est en proie à une crise de résultat sans précédent, depuis bientôt 5 ans, c’est ce moment-là que l’inamovible président  des Mimos a sorti son  « kata » de « Gboro Gbata ». Qu’un tel projet soit lancé maintenant, alors que le foot ivoirien, à travers ses compétitions domestiques, continue de tomber de Charybde en Scylla, du fait de son manque de compétitivité et d’attractivité économique, traduit la vision managériale d’un homme.  Il y a président et Président. Vous aurez saisi la nuance. Et comme nous l’enseigne le proverbe burkinabè : «Même si tu n'aimes pas le lièvre, reconnais au moins sa vitesse. » Bref, en procédant à une redistribution des cartes,  avec l’entrée au sein du Conseil d’Administration de nouvelles compétences, appelées à prendre le relais demain, l’Avocat-président n’a pas seulement fait que créer le buzz. Ni  fermer le clapet à toutes ces médisances inutiles contre sa personne. Mais, plus que tout, l’homme aura tracé les sillons de la bonne gouvernance à la tête d’un club, dont la nouvelle race de jeunes cadres devraient s’en inspirer pour diriger plus tard un club. Car, si par le passé, le foot ivoirien a vécu avec des présidents mécènes à la tête des clubs, la donne a aujourd’hui changé. Presque radicalement. Et désormais, un bon président de club devrait intégrer la bonne gouvernance dans sa gestion. D’une simple équipe de football,  s’entraînant sur le terrain dénudé de Gesco, en cohabitant avec les chiendents, et toute sorte de reptiles, parfois à l’Ecole de la Gendarmerie, l’ASEC Mimosas est aujourd’hui devenue un club de football, adossé sur une institution solide. C’est-à-dire d’une organisation et des infrastructures sportives de qualité. Et qui dit club, dit entreprise. Un club, un président, une vision, tel est le triptyque qui devrait servir de bréviaire à tout dirigeant dans la gestion de son club. Autrement dit, une personnalité mise au service d’une vision, la disponibilité au bénéfice d’une collectivité, l’affirmation et l’expression des grands principes : la Gouvernance, le Patrimoine et la Performance sportive, sont-ce là, trois axes forts qui  ont désormais fait entrer l’ASEC Mimosas dans la 7ème dimension des clubs dignes de ce nom. Au demeurant, si les résultats, titres et trophées, restent la finalité pour tout club, il n’en reste pas moins vrai, que le chemin pour étoffer son palmarès repose aussi sur la solidité de l’institution. Et le savoir-faire de son Chef d’Entreprise.  Et puisqu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, un club comme le Stella a compris la nécessité de marcher dans les pas de Me Roger OUEGNIN. Et son président, Salif BICTOGO vient d’investir la coquette somme de 80 millions dans l’achat du centre sportif Côtivo d’Agboville d’une superficie de 3 hectares. Comme quoi, si Roger n’était pas venu au football, l’Asec l’aurait créé. Et le foot ivoirien l’aurait inventé. N’est-ce pas avec « Colombo » que  le foot ivoirien a rattrapé son retard en raflant tous les trophées continentaux ? Que ceux qui doutent fassent le bilan. De 90 à aujourd’hui.

 

Kambiré Elie (Extrait de Droit au but du lundi 5 septembre 2016)

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