« Je suis en apprentissage auprès de Me Roger OUEGNIN »

Promu Président-Délégué en deux ans seulement de présence au sein du Conseil d’Administration de l’ASEC Mimosas, Léonce YACÉ, le 4e Vice-président du club en charge de la Commission des affaires juridiques et financières, reste malgré tout un homme humble qui estime qu’il a encore beaucoup à apprendre auprès du Président Roger OUEGNIN et de ses collaborateurs. Interview.

Président Léonce YACÉ, pourriez-vous vous présenter aux Actionnaires et aux lecteurs du magazine ASEC Mimosas ?

– Je vous remercie pour l’occasion que vous me donnez de me présenter aux membres de la famille ASEC Mimosas. Je suis Léonce YACÉ. J’ai 37 ans. Je suis juriste-fiscaliste de formation. J’occupe la fonction de Directeur Général Adjoint de NSIA Banque Côte d’Ivoire. Je suis marié, père de deux enfants qui sont supporters de l’ASEC Mimosas comme moi. Je suis passionné de l’ASEC Mimosas depuis 1989.

– Comment vous est venue la passion de l’ASEC Mimosas, vous, le fils d’un dirigeant du Stade d’Abidjan ?

– Effectivement, je suis issu d’une famille sportive. Mon père est un supporter du Stade d’Abidjan dont il fut le Directeur Sportif. Avant ses responsabilités au Stade d’Abidjan, il a été dirigeant de l’AS SOTRA et Président de la Fédération Ivoirienne de Handball. Dans ma famille, chacun a la possibilité de choisir sa passion et de la vivre pleinement. Je me souviens qu’il y a quelques années, avec le Président MESSOU Kouablan, alors Trésorier du CNACO, nous parcourions la Côte d’Ivoire pour aller voir les matches de l’ASEC Mimosas à l’intérieur du pays. Ma mère trouvait que c’était un peu risqué, pour un adolescent, de faire ce genre de voyages. Mais mon père me disait : « Tu vas y aller, c’est comme ça qu’on devient un homme. C’est en faisant des voyages pour les compétitions sportives et le rallye automobile à travers toute la Côte d’Ivoire que mes frères et moi, nous nous sommes formés. Fais donc ton apprentissage. » Cela me donne l’occasion de dire que c’est avec le Président MESSOU Kouablan que j’ai fait mes premiers pas dans la famille ASEC Mimosas. À l’époque j’étais lycéen, puis jeune étudiant avec mon ami Jean-Richard MESSOU, le frère cadet du Président MESSOU Kouablan. Et notre aîné, le Président MESSOU Kouablan, nous emmenait avec Me KONÉ Mamadou dans les caravanes du CNACO partout en Côte d’Ivoire. C’est une histoire qui remonte à plusieurs années déjà. Je me souviens d’une nuit que nous avons passée à Gboguedia, pour aller regarder un match de l’ASEC Mimosas à Issia. Je me souviens des matches que nous allions regarder à Daloa, à Bouaké surtout où nous avions l’habitude de descendre dans un hôtel qu’on appelait l’Hôtel du centre. C’était très intéressant.

 

– Vous êtes parti ensuite pour la France pour y poursuivre vos études pendant des années. Mais la flamme ASEC Mimosas ne s’est pas éteinte en vous. Comment êtes-vous rentré au Conseil d’Administration du club une fois revenu au pays ?

– Je suis parti pour la France en septembre 1999 et j’en suis revenu en décembre 2007. Je suis parti en me disant que je devais revenir en Côte d’Ivoire où tout avait commencé et où tout devait se poursuivre. Je partais chercher l’instruction, la formation et un peu d’expérience professionnelle. Comme j’étais décidé à revenir, j’ai fait en sorte de rester connecté et informé de ce qui se passait dans mon pays. L’ASEC Mimosas est une passion qui résiste à la distance. Je suivais donc l’actualité de notre club et chaque rencontre avec le Président MESSOU Kouablan était l’occasion de chauds débats sur l’ASEC Mimosas. Quant à mon entrée au Conseil d’Administration, cela s’est fait sur proposition de Me Roger OUEGNIN, et le Conseil d’Administration m’a coopté. C’était en 2014. À l’époque, je travaillais avec le Président MESSOU Kouablan sur son plan pour redynamiser le CNACO. Sur une opération, il m’a demandé d’aller voir Me Roger OUEGNIN. Lorsque je suis allé le rencontrer et que nous avons entamé la discussion, il a été surpris de constater que je nourrissais une forte passion et un grand intérêt pour l’ASEC Mimosas, et il a souhaité m’associer à la vie du club. C’est ainsi qu’en 2014, je suis entré au Conseil d’Administration. En 2015, quand il y a eu la refonte des statuts, le Président Roger OUEGNIN m’a désigné comme Vice-président en charge des Affaires juridiques et financières. Voilà comment les choses se sont passées.

– Vous êtes entré au Conseil d’Administration en 2014. Un an après, vous êtes devenu Vice-président. En 2016, vous voilà promu Président-Délégué. Quels sentiments vous animent ?

– Le Président Roger OUEGNIN est plutôt observateur. Il regarde le fonctionnement des uns et des autres, et il voit ce que chacun peut apporter à la structure. Puisque son objectif est de faire en sorte que le club soit bien géré et qu’il dispose de compétences, il sait identifier les personnes capables de renforcer le dispositif qu’il a mis en place. C’est cette lecture des événements qui l’a amené à me nommer d’abord au Conseil d’Administration, puis en tant que Vice-président. Aujourd’hui, il m’a désigné pour faire partie de son collège de quatre Vice-présidents et assumer également les responsabilités de Président-Délégué. Vous m’interrogez sur les sentiments qui m’animent ? Eh bien, je pense à ceux avec qui j’étais, il y a quelques années, dans ce qu’on appelait la « Famille Jatau », qui était un groupe de supporters de la tribune lagunaire. C’est là-bas que j’avais commencé à regarder les matches de l’ASEC Mimosas. De là, je me suis déplacé pour me retrouver dans la tribune latérale, ensuite dans la tribune officielle et aujourd’hui, dans la tribune d’honneur. Cette nomination me donne l’occasion de regarder tout ce parcours et de constater que l’ASEC Mimosas a évolué mais ne s’est pas fermé, puisque de supporter, je me retrouve aujourd’hui dans la position de dirigeant. On fait quelquefois un mauvais procès au Président Roger OUEGNIN en l’accusant de fermer, de verrouiller le club. Mon cas montre clairement que cela n’a rien de vrai. J’ai un sentiment de fierté et de reconnaissance à l’endroit de Me Roger OUEGNIN qui a pris cette décision. C’est un geste fort qu’il a posé et que je reçois avec beaucoup d’humilité et de reconnaissance. Humilité parce que je sais que j’ai beaucoup à apprendre à ses côtés. Reconnaissance vis-à-vis de tous les membres du Conseil d’Administration qui m’ont bien accueilli et qui n’ont jamais fait de la différence d’âge une barrière. Je n’oublierai pas non plus le Président MESSOU Kouablan avec qui j’ai parcouru la Côte d’Ivoire pour regarder jouer l’ASEC Mimosas et aux côtés de qui j’ai vendu quelquefois des tee-shirts du club. J’ai aussi une pensée pour Me KONÉ Mamadou qui nous regardait, Jean-Richard MESSOU et moi, avec étonnement parce que quelquefois nous ne rentrions à Abidjan que le lundi matin tôt, pour nous rendre au cours aussitôt, à l’Université. Nous avions trouvé déjà la clé pour allier passion et travail. Quand je pense à tout cela, je me dis que mon nouveau challenge à l’ASEC Mimosas ne devrait pas me faire peur.

– Votre parcours à l’ASEC Mimosas a donc été initiatique, formateur, préparateur, voulez-vous dire ?

– Il y a sans doute en chacun de nous quelque chose qui fait vibrer et qui permet de mobiliser les énergies pour contribuer à l’intérêt commun. L’ASEC Mimosas est pour moi ce quelque chose. À l’ASEC Mimosas, on  peut s’épanouir. On peut contribuer au développement et à l’épanouissement d’autres personnes. On peut aider aussi à la construction de la Côte d’Ivoire sportive. C’est une famille qui offre beaucoup de possibilités. Quand on vous tend la main pour entrer dans une telle institution, on ne doit pas hésiter parce qu’il n’y a que de riches expériences à vivre. Mes responsabilités professionnelles sont importantes, certes, mais tout est une question d’organisation. Me Roger OUEGNIN est Président du club depuis 27 ans sans pour autant renoncer à sa charge d’avocat. Autour de lui, les dirigeants qui l’ont accompagné ont mené des carrières professionnelles remarquables. C’est un travail d’équipe. Parce que c’est un travail d’équipe, on doit être capable d’avoir sa vie professionnelle et sa vie associative sans que l’une se retrouve pénalisée par l’autre.

– Vous attendiez-vous à cette ascension rapide ?

– Franchement, non. Mais j’ai la particularité de m’investir à fond dans tout ce que je fais. Je pense aussi que je bénéficie de certaines circonstances. J’arrive au Conseil d’Administration à un moment où le Président Roger OUEGNIN commence à réfléchir au renouvellement et au rajeunissement de l’équipe dirigeante. J’arrive à un moment où il y a un certain nombre de difficultés qui nécessitent certaines idées nouvelles que j’ai pu contribuer à mettre en place. J’ai la chance d’être au bon moment à l’ASEC Mimosas et d’avoir fait preuve d’un bon engagement qui a pu rassurer les uns et les autres et les mettre en confiance.

– Quelles sont vos nouvelles responsabilités au sein du Conseil d’Administration de l’ASEC Mimosas ?

– Le Président Roger OUEGNIN m’a fait l’honneur de me maintenir dans le collège des quatre Vice-présidents en qualité de 4e Vice-président en charge de la Commission des affaires juridiques et financières. L’année dernière, nous avons procédé à la refonte des statuts. Cette année, nous avons retouché les statuts pour les ajuster afin de disposer d’un ensemble de règles modernes. On voit bien que la Commission veille sur les affaires juridiques. Pour les affaires financières, la Commission accompagne le Directeur Général dans l’élaboration et la conduite des budgets, la recherche des solutions pour différents montages financiers devant nous permettre d’assurer un fonctionnement correct et de tenter de réaliser certains projets d’importance. Le Président Roger OUEGNIN a parlé du nouveau complexe sportif GBORO GBATA (La Maison du football). Il est question maintenant de travailler au montage financier pour sa réalisation. À côté de ces responsabilités, le PCA a décidé que j’occupe la fonction de Président-Délégué. C’est une fonction où l’on est appelé à suppléer le PCA en cas d’indisponibilité temporaire, mais aussi à assurer la continuité en cas de vacance définitive en poursuivant le mandat. Ces décisions ont été prises « pour mettre l’association à l’abri du choc des ambitions ». Sa formule est forte. Il a fait un choix, il a indiqué une voie qui vise à garantir la tranquillité au sein de l’association parce qu’il nous faut un climat propice au travail pour affronter les défis de notre club. Voilà les responsabilités qui me sont confiées. Je me considère, je le répète, en apprentissage aux côtés de Me Roger OUEGNIN.

– Le dimanche dernier, lors de l’Assemblée Générale Mixte Élective, vous avez mené brillamment le débat avec les Actionnaires au point même d’étonner ces derniers…

– Ce n’est que le dimanche matin que le Président m’a informé qu’il souhaitait que je réponde aux questions des Actionnaires. D’une certaine façon, il me faisait passer une épreuve du feu. Je suis content de la façon dont les événements se sont déroulés. Quand on est membre d’une famille, on n’a pas à avoir peur de s’exprimer lors des réunions familiales. Je n’avais pas peur. Je me savais bien entouré par tous les membres du Conseil d’Administration. Les sujets évoqués et débattus avaient été longuement traités lors des réunions du Conseil d’Administration. Les positions que j’ai exprimées ne sont pas les miennes, mais celles du Conseil d’Administration et j’y adhère complètement. Dans ces conditions, il était facile d’apporter des éléments de réponse, de rassurer les Actionnaires, de leur faire savoir que les problèmes qu’ils ont posés sont connus par les membres du Conseil d’Administration et que des solutions sont en train d’être trouvées pour les résoudre. J’ai été un observateur régulier de la vie de notre association. J’avais la chance de l’approcher de près grâce au Président MESSOU Kouablan sans être membre de l’instance dirigeante. Tout cela m’a facilité la tâche.

– Quel est votre mot de fin ?

– Félicitations à l’équipe du magazine ASEC Mimosas pour le Prix CNP d’Excellence du meilleur organe d’informations spécialisées 2015 qui montre que l’ASEC Mimosas brille dans plusieurs domaines. Félicitations à nos volleyeuses pour leurs différents succès. Mes encouragements à notre équipe professionnelle de football. Je sais qu’il n’est pas facile de défendre les couleurs de l’ASEC Mimosas. Je demande aux uns et aux autres de ne pas baisser les bras, de reprendre des forces durant la prochaine intersaison pour revenir plus gonflés et plus motivés pour 2017 parce qu’il ne sera pas question de revivre, la saison prochaine, les difficultés que nous avons connues cette année.

Interview réalisée par K.I

 

LAISSER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

11 + treize =