« Nous sommes sur une dynamique qu’il faut poursuivre »

L’Académie MimoSifcom est en vacances depuis le lundi 1er août dernier. L’occasion pour Julien CHEVALIER, le Responsable de la Formation de dresser le bilan de la saison écoulée à travers cette interview qu’il nous a accordés.

Bonjour Coach ! L’Académie MimoSifcom est officiellement en vacances depuis le début du mois  d’août, après une saison riche en activités, ponctuée par 3 tournois dont deux en Europe…
Une saison bien chargée, en effet. Mais riche et intéressante, en termes de résultats à court terme, mais aussi en prenant un peu plus de recul. Un temps que demande obligatoirement le travail de formation.

 Quel bilan global faites-vous d’une telle saison ?
Déjà, nous avons, avec mon staff, abattu énormément de travail, car les sollicitations et les implications sont de plus en plus nombreuses, et que l’on cherche toujours à dépasser les difficultés pour essayer de nous améliorer. On a évoqué les tournois européens qui ont demandé une organisation importante, c’est sûr… mais, nous avons aussi organisé des détections à l’extérieur d’Abidjan pour la première année depuis mon arrivée. Et, c’est le début de ce que nous souhaitons mettre en place. Ces expériences à Yamoussoukro et à Bouake nous serviront pour améliorer la mise en place de futures détections. C’est cette volonté et l’exigence au quotidien dans le travail, la formation, et aussi l’éducation et l’accompagnement de nos joueurs qui permettent de mettre des résultats en avant.

 

Vous êtes rentrés d’un tournoi en Suède encore récemment. Pourriez-vous nous faire un point des différentes compétitions disputées ?Bien sûr, je voulais d’abord mettre en avant le travail effectué au quotidien, car c’est la base de la réussite. Nous ne pouvons pas travailler uniquement à court terme dans la formation et nous étalonner seulement sur des résultats en compétition. Malgré tout, celles-ci nous permettent de nous tester et nous mettre au défi. C’est intéressant ! Surtout dans le contexte difficile en Côte d’Ivoire où des compétitions sont organisées à la « va-vite », sans véritable programmation et terrains pour les accueillir. Il faut quand même se rendre compte qu’une compétition U16 est en cours, actuellement, mais que les 2 seules véritables académies du pays (la nôtre et Ivoire Académie) ne sont pas inscrites. Malgré tout, nous faisons très bonne figure lors de chaque compétition auxquelles nous sommes invités. Sur les 4 dernières années, ce sont  5 finales en 6 tournois. Pour cette saison, nous avons remporté le TIDA avec les U18, puis participé à la finale du tournoi LF Sports à Marignane, perdu face à l’Espagnol de Barcelone, avec les U17. Le dernier tournoi en Suède a été une petite déception collective. Car, nous avons échoué en ¼ de finale sur une défaite 1-0. Nous n’avons pas à rougir de la manière puisque nous avons proposé une image attractive (10 buts en 3 matches en phase de poules), une qualité de jeu reconnue par les spectateurs et observateurs… mais le ballon n’a pas voulu entrer dans les filets de nos adversaires dominés dans tous les compartiments et acculés sur leur but : 16 tirs contre 2 pour notre adversaire, dont un seul cadré. C’était ce qu’on appelle « un jour sans », mais c’est aussi ça la compétition. On a d’ailleurs eu une fin de séjour un peu tendue, car les joueurs étaient abattus et s’en voulaient… ils n’avaient pas l’habitude de cette frustration, mais, c’est aussi une part de l’expérience à acquérir. Pas la plus agréable, c’est certain !

 

L’Académie MimoSifcom, ce n’est pas que le sport. Il y a aussi le volet scolaire. Pouvez-vous également nous dresser le bilan scolaire de vos pensionnaires ?
Comme vous le dites, et c’est bien de le rappeler, nous accordons une grande attention à l’éducation et l’accompagnement du jeune en formation. Pour cela l’équipe de professeurs dirigée par Monsieur KOUAKOU Adou est à féliciter grandement. Pour cette année, ce sont 10 succès pour 12 inscrits au BEPC et 1 bachelier sur 3 inscrits au Baccalauréat. Mais, le rôle social de notre Académie est aussi à souligner. C’est pourquoi j’élargirais mes félicitations à toutes les chevilles ouvrières de l’Académie MimoSifcom. En effet, au-delà des études, nos jeunes sont soignés du mieux possible par notre staff médical, chouchoutés par madame BEDA et son équipe de cuisiniers et bien accompagnés 24 h / 24 par KLE Weuly Mathias.

 

En début de saison, une dizaine de pensionnaires de l’Académie MimoSifcom avait été promue en équipe première de l’ASEC Mimosas où prêtée à des clubs de Ligue1et de Ligue2. Les avez-vous suivis ? Si oui, quelles impressions vous ont –ils fait ?
Vous voyez avec l’organisation des compétitions qui se mélangent (la Ligue 1 est encore loin d’être terminée), vous perdez même la notion d’une saison (Rires). Une grande partie de ces joueurs ont passés le cap lors du dernier mercato, au mois de… Mai ! Mais, vous touchez-là, à la partie la plus importante de notre travail de formation à prendre en compte.

YOHORE Zegbehi Christ, qui a fait des entrées remarquées, et TRAORE Issa ont intégré l’effectif des pros en mai. Au même moment d’autres ont intégré des groupes de Ligue 1 ou de Ligue 2 pour aller se frotter à la compétition hebdomadaire. A un moment, les jeunes ont besoin de se confronter à la réalité de la performance instantanée, des résultats réguliers, de la concurrence.  Mais, ils ont aussi besoin qu’on leur donne leur chance. Nous avons réussi à en positionner certains mais les fortunes sont diverses. Certains n’ont pas pu avoir suffisamment de temps de jeu pour s’exprimer et tirer bénéfice de ces situations de prêts. Il a fallu les accompagner mentalement… OUATTARA Kalpi Wylfried, LASME Guy Aimé, au WAC ou encore DIABATE Ibrahim Yalatif sont dans ce cas de figure.  Pour d’autres, cela a été  plus intéressant : on a pu voir GUEI De Gbayoro s’imposer à Yopougon FC et les aider à lancer une remontée qui les fait encore espérer au maintien. De même pour SERI Gnoleba. KOUA Franck s’est lui imposé à la SOA pour être sélectionné par la suite avec la sélection nationale U20. Et, quand je parlais de « recul » sur les résultats, je pensais à des joueurs comme AIDARA Mohamed qui après une année en L2 s’impose indiscutablement en L1 avec son prêt à l’AFAD. Ou à DAO Youssouf qui est l’exemple du joueur à qui il fallait oser faire confiance, qui est le meilleur buteur de l’ASEC pour le moment (hélas, blessé actuellement), après avoir débuté difficilement sa saison, dans un poste moins adapté à ses qualités sur un côté, mais qui a enchainé une série de 8 buts en 10 matchs lors de son repositionnement en pointe de l’attaque. KRAMO Kouamé Aubin, a fait une quinzaine d’apparitions et a surtout su apporter ses qualités et se montrer décisif dans une période délicate pour l’équipe. Ces jeunes sont encore perfectibles, mais c’est normal. Nous sommes sur une dynamique qu’il faut poursuivre. KONAN N’Clomande Ghislain a été officiellement transféré, après sa période de prêt, à VITTORIA GUIMARÃES, au Portugal. BA LOUA Adriel Davila est lui, de nouveau prêté, au Danemark cette fois, en espérant qu’il parvienne enfin à passer un cap. Et les performances de nos jeunes en prêts ou à l’ASEC Mimosas et lors des tournois à l’étranger, comme on a pu le voir avec les différents tests effectués en Suède, ne restent pas sans éveiller l’intérêt des observateurs. Ces sollicitations, de plus en plus nombreuses, sont sûrement une preuve des qualités développées par nos jeunes en formation.

 

Avant de mettre les joueurs en vacances, vous avez aussi fait le point des détections. Qu’en est-il ?
Pas uniquement, sur les détections. Mais, tout le monde est toujours très à l’affut des détections, des perles rares… mais, quand nous faisons le bilan en fin d’année comme ça a pu être le cas le lundi 1er août dernier, nous évaluons aussi, et en priorité, les joueurs que nous faisons travailler tous les jours à Sol béni. Car, il ne faut pas rêver, un recrutement sans un travail de qualité adapté, ne portera pas de bons fruits. S’il suffisait de recruter un jeune joueur et d’attendre qu’il progresse pour le voir réussir ce serait plus facile pour nous. Durant les très nombreuses séances de détections, ce sont bien souvent les joueurs que personne ne nous a recommandé qui vont attirer notre attention, sans faire de bruit, juste par leurs qualités et leur potentiel. Vous savez, les « perles rares » sont peu nombreuses comme leur nom l’indique. Il faudra surtout avoir suffisamment de motivation, d’humilité pour travailler dur et essayer de développer son potentiel une fois entré à l’Académie…

Il faut donc féliciter tous les jeunes qui travaillent dur, chaque jour. Comme tous les ans, l’effectif évoluera en effet. Certains intégreront, peut-être l’effectif professionnel en fonction des besoins. Mais, il faut attendre la fin de la saison professionnelle pour pouvoir se pencher définitivement sur ces cas… D’autres seront prêtés afin de s’aguerrir en compétition. Nous avons dû prendre la décision de nous séparer de certains éléments qui n’arrivent pas ou ne veulent pas faire les efforts nécessaires, et nous intégrerons, dès la rentrée, une dizaine de nouveaux jeunes joueurs. Vous voyez que c’est peu d’élus par rapport aux plusieurs milliers de postulants. Le plus grand nombre des joueurs seront des joueurs déjà intégrés à l’Académie MimoSifcom ou même des jeunes issus du groupe d’entrainement U13 du coach ZARE Aboubakar.

 

Quel est l’évènement le plus marquant de votre saison ?
J’apporte la même importance à tout ce que nous faisons. C’est donc difficile de s’arrêter sur quelque chose en particulier. Le TIDA, les nouvelles aventures avec les voyages, voir nos joueurs évoluer et permettre à l’ASEC Mimosas de gagner, la promotion de nos joueurs par leurs performances, les contacts que nos performances attirent, voir les jeunes joueurs faire de leur mieux lors des détections… mais c’est aussi marquant, et ennuyeux, de voir certains jeunes faire de erreurs et se retrouver en difficulté, à l’exemple de SAMAKE Gaoussou qui a perdu une année entière juste pour ne pas avoir suivi les recommandations données durant la période de congés ou était mal conseillé à l’extérieur. Tant de choses rythment notre travail et nous sommes tellement exigeants que c’est difficile d’avoir le recul suffisant pour se juger. Et c’est toujours très intéressant d’échanger, et de tenir compte des avis venant de l’extérieur. Je suis chaque fois surpris quand des gens viennent nous féliciter spontanément. C’est très agréable et ça nous encourage à continuer, de donner le maximum. Car, on a toujours l’impression d’avoir tellement à faire encore.

 

Quelles sont les perspectives pour la saison prochaine ?
On vient de parler d’une saison intense et très chargée. Celle-ci s’achève à peine. Laissez-nous, quand-même un petit peu de repos afin de pouvoir récupérer… Mais une chose est certaine nous allons continuer à travailler, humblement, du mieux possible, en cherchant à maintenir le cap sur la bonne voie. Nous sommes très attentifs à tous les paramètres de notre mission (recrutement, entrainement, éducation, communication…) et chercherons encore améliorer tout ce qui peut l’être.

 

Interview réalisée par H.K

LAISSER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

dix-huit − 13 =