« Je suis devenu entraîneur grâce à l’ASEC Mimosas »

Malgré une symphonie considérée comme inachevée dans sa carrière de footballeur, OUATTARA Kanigui Mamadou a marqué de son empreinte son passage à l’ASEC Mimosas parce qu’il aura été l’un des joueurs à connaître une rapide ascension dans le club.  Pour cette raison, il était l’invité du « Salon des Actionnaires » sur RJN. Répondant aux questions de Clément DIAKITE, l’ancien joueur a étalé son grand amour pour le club jaune et noir. Extraits de l’entretien.

 Que devient OUATTARA Kanigui ?
Titulaire de la Licence A d’entraîneur de football depuis 2014, je suis l’actuel entraîneur principal du Club Omnisport de Korhogo. Par rapport à ma profession d’enseignant d’éducation physique, je suis très souvent sollicité pour des cours que je dispense dans des collèges de la place.

 Avez-vous des projets à court terme ?

J’ambitionne d’intégrer le staff technique de l’ASEC Mimosas. Je pense avoir  acquis une bonne expérience à travers ces années de coaching dans différentes équipes. Je suis un enfant de la maison et je connais très bien la philosophie de jeu du club.

 Quand et comment est né votre amour pour l’ASEC Mimosas ?

J’ai connu l’ASEC Mimosas quand j’étais très jeune. Depuis le village, à Niellé, puis dans la ville de Ferkessédougou, j’aimais bien les couleurs jaune et noir et des joueurs comme Laurent Pokou, ADJOUKOUA Gaston, OUATTARA Abdoulaye faisaient sensation en ce temps-là. Une année et en partance pour la Guinée, l’équipe de l’ASEC Mimosas avait fait escale à Ferké. J’ai donc eu l’occasion de la voir jouer en match amicale face à l’équipe de la localité. Ma joie était incommensurable.

 Comment êtes-vous arrivé à l’ASEC Mimosas ?

Après mon échec à l’entrée en 6ème, à Ferké, je me suis retrouvé à Abidjan auprès de mon père. Et comme j’aimais le football, mon frère aîné, OUATTARA Isidore qui avait fait un passage à l’ASEC Mimosas m’avait présenté à l’entraîneur BAMOGO Boukaré qui s’occupait des minimes de l’ASEC Mimosas, pour un test, en tant que joueur de champ (stoppeur). L’essai a été concluant et j’ai intégré l’équipe minime, en 1980.

 Comment êtes-vous donc devenu gardien de but ?

Nous étions plusieurs joueurs à ce poste de stoppeur. Il était difficile de jouer parce qu’il y’avait aussi des joueurs comme FALLET Vilasco, OUATTARA Alassane, Bangaly BAMBA, Madou KONE, KLE Weuly Mathias, SERY et bien d’autres. Je me rappelle que lors d’un match, au stade des 220Lgts, il n’y avait pas de gardien de but et je me suis résolu à aller dans les cages. Et comme je m’en sortais bien, j’ai finalement accepté d’y rester parce que là, j’avais de grandes opportunités d’accéder à l’équipe première.

 Six ans après, vous êtes promu en équipe première. Comment avez-vous réussi ce passage ?

Grâce aux entraîneurs BAMOGO Boukaré, mon père spirituel et à Mangué CISSE, j’ai reçu une excellente formation de base. Les places étaient chères en équipe première de l’ASEC Mimosas. Là aussi, il y avait de très grands gardiens de but comme KOFFI Kouadio Jules dit « Dino Zoff», Bakary KONE, l’actuel entraîneur des gardiens de but de l’ASEC Mimosas, Adama KONATE et autres. J’ai été surclassé en équipe première alors que j’étais cadet. Nous avons été plusieurs fois champions cadets et j’étais également le gardien de but de la sélection cadette de Côte d’Ivoire. Un problème de gardien de but s’était posé  à l’approche d’un match de l’équipe première. J’ai donc été sollicité par l’entraîneur GABO Gérard avec l’approbation du Président Francis OUEGNIN pour rejoindre le groupe professionnel. Je me rappelle que j’ai failli rater le premier regroupement parce qu’il y avait un aîné comme DIDI Léopold Doubaï qui avait essayé de nous intimider. J’avais vraiment pris un coup au moral parce que je croyais que ces coéquipiers n’étaient pas contents de nous accueillir. Mais avec un peu de courage, nous sommes arrivés à l’entraînement pour la première séance et tout s’est bien déroulé avec l’appui de certains aînés tels que ZARE Mamadou et DIABATE Mamadou qui ont été de très grands soutiens pour moi.

 Comment s’est déroulé votre premier match avec l’ASEC Mimosas ?

J’ai été retenu, puis sorti de la liste au dernier moment pour ce qui devait être mon premier match, lors d’une rencontre contre l’ASI d’Abengourou, à Bouaké. Mais j’ai vécu la grande pression et toutes les sensations que suscitaient les déplacements et les matches de l’équipe première. J’ai compris qu’il y avait une grande différence entre les compétitions cadettes et celles de l’élite. En équipe première, on avait une obligation de résultat. Le Président central TOURE Mamadou et son Comité directeur étaient des passionnés de football et du spectacle. La pression des dirigeants et des supporters nous obligeaient à nous transcender pour faire de bons matches. La deuxième sortie était en Coupe nationale, contre le Socraff de Dabou. Là encore, je n’ai pas joué, mais j’étais remplaçant. J’ai attendu jusqu’à ce que mon heure arrive, hors du pays, lors d’un tournoi à Cotonou (Bénin). Nous avons disputé et perdu (1 – 0) la finale contre Les Dragons de l’Ouémé avec dans ses buts l’international gardien de but nigérian Peter RUFAI. Mais, j’avais fait un très bon tournoi. C’est ainsi que je suis resté en équipe première.

 

Qu’est-ce qui faisait votre force en tant que gardien de but ?

L’éducation de base reçue par mes parents et l’entraîneur BAMOGO Boukaré qui se résument en cette phrase : «L’humilité précède la gloire » a guidé mes pas dans mon ascension. Je me suis montré humble devant mes ainés pour mieux apprendre et m’améliorer. Je n’aimais pas perdre. Il m’arrivait souvent de pleurer après un but encaissé.

 

Quels grands souvenirs retenez-vous de votre passage à l’ASEC Mimosas ?

Le plus grand se situe lors de la finale de la Coupe FHB, que j’ai disputée en 1986, face à l’Africa Sports, dans un stade FHB plein à craquer. Nous avons malheureusement perdu (1 – 0) pendant les prolongations. Cela m’est resté en mémoire parce que je venais d’être promu en équipe première et j’ai joué sans trembler.

 

Avez-vous des regrets de votre passage à l’ASEC Mimosas ?

Affirmez cela serait un grand pêché et un manque de reconnaissance envers l’ASEC Mimosas. C’est grâce à ce grand club que j’ai été connu et aujourd’hui, j’ai une formation qui me permet de travailler. Tant que je serai en vie, je parlerai toujours du coach BAMAGO Boukaré qui nous a forgés.

 

Pourquoi avez-vous quitté l’ASEC Mimosas en 1989 ?

Je voulais être professionnel en Europe. J’avais été sollicité par une équipe et, au dernier moment, les choses n’ont pas pris la bonne tournure. J’ai pris un grand coup au moral et cela se ressentait dans mes prestations. Très déçu, j’ai été contacté par KONAN Yoboué qui était l’entraîneur de l’AS EECI. J’avais vu en cela une aubaine pour intégrer la structure parallèlement à la pratique du football.

 

Que pensez-vous de la cuvée 2016 de l’ASEC Mimosas ?

L’équipe présente quelques frayeurs surtout en défense. Mais, nous avons un bon groupe qui, avec un peu plus de travail, va se bonifier. J’apprécie principalement le gardien de but KOFFI Kouakou Hervé qui a de bonnes relances et une bonne vision de jeu. Il faut que le groupe soit un peu plus agressif pour vite réagir dès la perte du ballon. Les enfants doivent s’amuser et gagner.

 

Avez-vous un dernier mot pour finir ?

A Sol Béni, on se croit en Europe. Que tous les dirigeants de clubs ivoiriens s’inspirent de ce qu’a fait le Président Roger OUEGNIN pour la construction de grands clubs en Côte d’Ivoire. Cela améliorera le niveau de notre football et nous ne verrons plus de jeunes ivoiriens s’exiler en Mauritanie, au Gabon où dans d’autres pays africains.

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