« Notre niveau a surpris les observateurs»

L’Académie MimoSifcom revient de France, où elle a pris part au Tournoi International U17, LF Cup 2016, à Marignane (près de Marseille). Parrainé par l’attaquant international camerounais Samuel ETO’O, ce tournoi a vu les pensionnaires de Sol Béni décrocher la médaille d’argent en plus des titres de meilleur joueur et de meilleur buteur. Julien CHEVALIER, Responsable de la formation à l’Académie MimoSifcom revient sur le parcours remarquable de son équipe.

Quelles sont vos impressions sur le parcours de l’Académie MimoSifcom ponctué par une 2e place et les titres de meilleur joueur et de meilleur buteur remportés respectivement par vos deux  joueurs YOHORE Christ et TAPSOBA Abdoul ?

Nous sommes très heureux du parcours effectué, compte tenu du plateau de qualité avec des équipes internationalement reconnues, mais, encore plus de la manière. Nous voulons toujours gagner et aurions aimé faire encore mieux en remportant la finale. Mais c’est la première sortie de l’Académie depuis 8 ans et nous y’allions avec humilité et motivés pour mesurer notre niveau face à des clubs qui ont d’autres moyens que les nôtres. Mais nous avons surpris beaucoup de monde, par notre qualité de jeu. Nous avons obtenus de bons résultats, mais il faut savoir les relativiser car on sait bien que ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne. Mais, le fait de n’avoir laissé aucun doute aux organisateurs et aux observateurs présents lors de cette compétition sur notre mérite est un motif de satisfaction plus important. Que certains estiment même, au final, que nous avions l’équipe la plus complète, cela veut dire beaucoup. Les commentaires spontanés et les félicitations reçues à la fin de la compétition pour notre qualité de jeu, notre état d’esprit et notre sympathie sont des signes dont nous pouvons être fiers.

 Quel a été le sentiment qui vous a animé de savoir que l’ASEC Mimosas était le seul club africain invité parmi ces grands clubs d’Europe et d’Asie ?

C’est une fierté de représenter l’Afrique et la Côte d’Ivoire. Le travail que nous faisons à l’ASEC Mimosas nous a permis d’être de dignes représentants du pays et du continent. Nous devons remercier Youssouf FOFANA, car il a été le premier lien entre les organisateurs et nous… Nous sommes conscients que la réputation de l’ASEC Mimosas et son glorieux passé nous ont aidés à être parmi les grands clubs invités. Mais, le travail actuel commence aussi à porter ses fruits. Car, si le passé parle pour le club, nous avons réussi à surprendre les observateurs par notre niveau de jeu. Notre présence a été souhaitée par le FC Barcelone qui était également invité avant de devoir se désister. Cela grâce à nos performances contre eux sur le sol ivoirien lors des TIDA 2012 et 2013. Ils voulaient se confronter à nous en Europe. C’est pour cela que je tiens à féliciter les joueurs pour leurs performances régulières, maintenant, depuis le premier TIDA (Vainqueurs 2012 face au FC Barcelone et 2013 face à l’Académie Royale du Maroc et finaliste 2015, après avoir éliminé le FC Barcelone en ½ finale) jusqu’à ce beau parcours à l’étranger. Etre invité à des tournois de niveau mondial, grâce à nos performances, est une première récompense du travail fourni par les encadreurs et le personnel. C’est aussi une façon de rendre aux dirigeants la confiance qu’ils nous donnent.

Avez-vous un commentaire à faire sur l’organisation générale de ce Tournoi International des U17, à Marignane ?

Je voudrais, avant tout, les remercier pour leur invitation et l’accueil qui nous a été réservé, de notre arrivée, aux au-revoir chaleureux. Il serait difficile de parler de chacun parce que nous avons fait beaucoup de rencontres formidables. Et une relation s’est créée au fil des échanges, des moments partagés. Nous avons su le faire perdurer par nos performances, au point d’avoir le public avec nous durant les dernières rencontres.Il faut féliciter toute l’organisation et, en-tête, M. Lamine FOFANA, car, parvenir à lancer un évènement d’une telle envergure pour une première édition, est exceptionnel. Grâce à ce monsieur et à toutes les personnes qui ont œuvré pour la réussite de ce tournoi, nous avons vécu des moments exceptionnels avec nos jeunes, sur le terrain, mais aussi en-dehors. Il suffit de voir la cérémonie de clôture avec des chants africains entonnés jusqu’à rassembler les Brésiliens, les Chinois… Quel bonheur ! Et, nos jeunes joueurs qui ont rencontré Samuel ETO’O… Un rêve ! Un sincère merci à tous…. Et, on l’espère, à l’année prochaine.

 Quelles différences majeures faites-vous entre ce tournoi et celui du TIDA que vous avez récemment remporté à Abidjan ?

Le plateau général était beaucoup plus ouvert, avec des clubs renommés, mais aussi avec des cultures, des sensibilités et des styles d’équipes plus variées. Même si le football est de plus en plus universel, et que l’on copie souvent le « modèle Guardiola »… Cela nous permet de nous confronter à l’inconnu et nous jauger face à des adversaires qui ont les moyens de bien travailler. Ce contexte est encore plus révélateur et stimulant. Ce fut un test intéressant qui a motivé nos joueurs et qui leur a permis de confirmer ou même de se révéler. Et, dans ce genre de compétition, nous sommes aussi confrontés à certaines limites…

 Justement, quelles leçons tirez-vous de votre participation à ce tournoi ?

Nous avons su développer du jeu, sans subir contre aucun adversaire. Et mieux, nous les avons quasiment dominés à chaque rencontre. Cela prouve aussi aux joueurs l’importance et l’intérêt du travail que nous leur demandons au quotidien. Nous avons été capables de rivaliser avec toutes ces équipes. Mais ce genre de compétition nous fait prendre conscience également de certaines limites collectives et individuelles. C’est même l’intérêt premier, pour aider nos joueurs à en prendre conscience et les motiver à travailler encore plus pour les gommer. Le fait de ne pas avoir remporté la finale est intéressant dans le sens ou cela nous évitera de penser que nous sommes les meilleurs. Car, en effet, si nous avons eu autant de possibilités de l’emporter que notre adversaire (nombre d’occasions et penalty non sifflé en première période), il nous a manqué individuellement et collectivement un peu de concentration et de communication défensive, mais aussi d’efficacité dans nos dribbles, nos dernières passes, et la finition en elle-même. Certains éléments ont eu un peu de mal à répondre à l’intensité demandée. Et quand je vois la déception à la fin de la demi-finale (14 occasions à 3 et malgré cela une élimination aux tirs-au-but) avant d’apprendre notre repêchage, j’espère que cela nous poussera à mettre encore un peu plus d’application dans le travail au quotidien, comme nous le demandons souvent.

 Comme vous le souligniez, Samuel ETO’O, le parrain du tournoi, s’est entretenu avec vos joueurs dans le vestiaire. Quel était la teneur de son message et comment l’avez-vous perçu ?

Il est entré dans le vestiaire juste avant la finale. Les jeunes le regardaient avec des yeux écarquillés, heureux de rencontrer une star comme Samuel ETO’O… C’était un moment fort de voir les jeunes rencontrer et écouter un aussi grand exemple de réussite pour un joueur d’origine africaine. Avec simplicité, il a d’ailleurs pris le temps de leur donner quelques conseils, de les encourager à donner le maximum pour profiter de cette finale et de les inciter à travailler dur pour pouvoir réussir une grande carrière encore meilleure que la sienne. Mais aussi de croire en eux. Il s’est même attardé un peu plus avec notre attaquant, avant le match, puis il est revenu le voir après la rencontre pour le conseiller sur les actions manquées. Vous imaginez l’émotion pour un jeune de 15 ans…

Et si on vous demandait de nous résumer le déroulement de ce voyage depuis le départ d’Abidjan à l’ensemble du séjour français ?

Ce fut une superbe  expérience pour les gamins et le staff qui, mis à part le coach BAMOGO Boukaré, voyageait pour la première fois en Europe, et peut-être même hors de la Côte d’Ivoire. Pour une première, ce fut une réussite, grâce à la qualité des joueurs sur le terrain et à leur volonté, mais aussi grâce à la vigilance et à la rigueur dans l’accompagnement du staff technique et médical. Nous avons la chance d’avoir pu compter sur le sérieux de chacun pour avoir un excellent comportement. Nous avons connu des joies sur le terrain et auprès de tous les gens qui nous ont reçus et aussi des peines lors des deux derniers matchs. Mais je ne doute pas que cela laissera de superbes souvenirs. Nous avons donné une superbe image de l’Afrique, de la Côte d’ivoire et de l’ASEC Mimosas et nous pouvons en être fiers. Nous sommes impatients des prochaines expériences, à commencer par le voyage en Suède du 15 au 24 Juillet prochain.

 

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