« Je remercie le club pour la considération »

Après 46 ans de loyaux services à l’ASEC Mimosas, l’Infirmier Major, Yao KOUADIO Rémi, a fait valoir ses droits à la retraite. Pour la cause, des cérémonies ont été organisées à Sol Béni pour rendre hommage à celui qui reste, jusqu’à ce jour, le plus ancien employé de l’ASEC Mimosas. RJN, l’a reçu dans le « Salon des Actionnaires », où, il a retracé son parcours dans ce club qu’il avait placé avant toute chose. Extraits de ses échanges avec Clément DIAKITE, l’animateur.

Au terme de votre mission à l’ASEC Mimosas, comment réagissez-vous à toutes ces cérémonies d’hommage pour vous dire au revoir ?

C’est une grande fierté pour moi de voir toute l’ASEC Mimosas se mobiliser à travers des cérémonies festives pour me dire au revoir. Je remercie tout le club pour cette grande marque de considération. Je pense avoir été là, chaque fois que le besoin se faisait sentir. Depuis l’annonce de mon départ, je ne reçois que des honneurs. Je pars le cœur heureux avec la conscience d’avoir pleinement rempli ma mission.

On est tenté de se demander que deviendra « Major Rémi » après l’ASEC Mimosas ?

J’ai encore des projets. Mais pour l’instant, je prendrai bien un peu de repos.  Je reste néanmoins   toujours à la disposition de l’ASEC Mimosas. Mon métier ne me permet pas de prendre une retraite totale.

Comment est née votre passion pour l’ASEC Mimosas ?

Tout a commencé dans les années 1960,  lorsque j’étais élève en classe de 6e à l’Ecole Adventiste de Bouaké, avec des camarades comme l’actuel diplomate ESSY Amara. J’avais un cousin du nom de Yao KOUASSI Léandre qui était milieu défensif à l’ASEC Mimosas avec pour coéquipiers des joueurs comme Jean KEITA, ELIAMON Germain, Paul KALOU, VANGA Paul, NENE BI Jules, KONAN Yoboué et autres.  Chaque fois que l’ASEC Mimosas jouait, je restais scotché à la radio pour pouvoir entendre le nom de ce dernier. C’est ainsi que  j’ai commencé à suivre et à aimer l’ASEC Mimosas. En 1962, lorsque l’ASEC Mimosas a remporté sa première finale de Coupe nationale, face à l’Africa Sports sur le score de 4 buts à 2, j’ai été émerveillé par la prestation de l’équipe et par la classe du gardien de but Jean KEITA. Cela a conforté mon choix de devenir supporter de l’ASEC Mimosas. Depuis ce jour, je suis viscéralement supporter de l’ASEC Mimosas.

Comment êtes vous arrivé à l’ASEC Mimosas après avoir obtenu votre diplôme d’Infirmier d’Etat ?

Je fréquentais un club d’amis avec Laurent POKOU qui était l’avant-centre de l’équipe de football de l’ASEC Mimosas. C’est lui qui m’a introduit auprès des dirigeants de la Section de basketball du club pour y apporter mon aide. Un peu plus tard, je faisais la navette entre la Section basketball, le centre de formation du club et les Sections de natation, de handball et de volley-ball. Avec la Section basketball, j’ai remporté deux médailles africaines. C’est en 1980 que le Président TOURE Mamadou a souhaité que je vienne auprès de l’équipe professionnelle de football. Cela m’a beaucoup ravi parce que c’était aussi mon souhait d’exercer auprès de l’équipe professionnelle et de côtoyer d’autres  grands joueurs que Laurent POKOU que je connaissais déjà bien.

 Quels ont été vos pires souvenirs à l’ASEC Mimosas ?

J’évoquerai d’abord le souvenir de la saison 1974-1975, au cours d’un match ASEC Mimosas – Stella Club d’Adjamé du championnat national. J’avais été appelé sur le terrain par l’arbitre pour intervenir sur M’BRA, un joueur de l’ASEC Mimosas qui se tordait de douleurs. Avant de prendre une bonne position pour intervenir, j’ai reçu un coup de crampons à la tête par DIE FONEYE, le latéral gauche du Stella Club qui trouvait que je prenais trop de temps pour soigner le joueur blessé. Il y a aussi les mésaventures que nous avons rencontrées dans les différents stades africains, au Cameroun où nous avons été tabassés. Le gardien de but GOHI Marc avait reçu une crosse de fusil à la tête et avait été remplacé dans les buts par Laurent POKOU. Ensuite, au Nigeria, nous avons été poursuivis par des chevaux à Surulere. Il y a également la finale de la Coupe UFOA, remportée à Bamako, en 1990 où les cailloux pleuvaient sur nos têtes. Au Ghana, en 1993, le policier chargé de ma sécurité m’avait donné un bon coup au flanc avec sa matraque. Pour vous dire que nous avons pris beaucoup de coups pendant toutes ces années passées à l’ASEC Mimosas.

Quels sont les bons souvenirs de Major Rémi à l’ASEC Mimosas ?

Le plus beau souvenir est la Coupe d’Afrique des clubs que nous avons remportée le 13 décembre 1998, après avoir battu le Dynamos d’Harare en finale. Cela nous a fait oublier toutes les péripéties subies pendant les compétitions antérieures. La venue de Me Roger OUEGNIN à la tête de l’ASEC Mimosas est également un souvenir majeur parce qu’il est arrivé à un moment où le club traversait des moments difficiles et cela a créé le boom qui a permis ensuite au club de prendre le devant des choses.

Quels sont les entraîneurs qui vous ont le plus marqué ?

J’en ai connu beaucoup, mais deux d’entre eux m’ont beaucoup impressionné. Il s’agit des techniciens français Philipe TROUSSIER et de l’argentin Oscar FULLONE qui m’ont marqué par leur professionnalisme et leur méthode de travail.

Qu’avez-vous à dire pour conclure cet entretien ?

Je tiens à exprimer ma reconnaissance à Me Roger OUEGNIN et à tout le Conseil d’Administration de l’ASEC Mimosas qui, en 2000 et 2001, lorsque j’ai été gravement malade, ont pris entièrement sur eux, la charge de m’hospitaliser à chaque fois dans une grande clinique de la place pour que je retrouve enfin la guérison totale. C’est un acte que je n’oublierai jamais. Je ne vais pas conclure sans dire un merci particulier au Président Roger OUEGNIN et au Président Délégué Francis OUEGNIN qui ont toujours répondu à la moindre sollicitation de ma part.

Interview 

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