« Le Président MESSOU a notre soutien indéfectible »

Pour sa maîtrise des faits et des dates des événements marquants de l’histoire de l’ASEC Mimosas, KOSSONOU Kouabenan a été surnommé « La bibliothèque vivante de l’ASEC Mimosas ». Lui, également, est venu s’installer dans « Le Salon des Actionnaires » sur RJN, pour partager avec les auditeurs cette passion de l’ASEC Mimosas née dans son village natal, dans la sous-préfecture d’Assuefry. Extraits.

 

Qui est KOSSONOU Kouabenan ?

Je suis professeur de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre), au Collège Moderne de Koumassi. J’ai été le Président du Comité des Actionnaires de Koumassi, pendant plusieurs années.

 

Quels commentaires faites-vous de la nouvelle organisation du CNACO entreprise par son Président MESSOU Kouablan ?

Le Président MESSOU Kouablan a une belle vision. Par le passé, le CNACO s’était appuyé sur les comités de supporters. Aujourd’hui, la réalité démontre que tous ces comités n’existent que de nom, pour ne pas dire qu’ils sont morts. Il fallait donc trouver autre chose pour relancer la machine. MESSOU a eu l’ingénieuse idée de mettre en place le concept « Je suis ASEC Mimosas », avec « l’Opération 600 000 Actionnaires ». Nous, les anciens présidents de comité, devons l’aider et contribuer à la réussite de cette action, pour le bonheur de notre cher club, l’ASEC Mimosas.

 

Les ex-présidents de comités de supporters, dans la nouvelle organisation du CNACO, ont le rôle de conseiller avec des missions particulières. Ce rôle vous sied-t-il ? Et que comptez-vous apporter concrètement au Président MESSOU?

D’abord et avant tout, il faut lui accorder notre soutien indéfectible. A la dernière réunion, il nous a soumis l’organigramme, sans pour autant affecter des noms aux différents postes. Nous sommes à sa disposition et prêts à répondre à l’appel.

 

Comment êtes-vous devenu supporter de l’ASEC Mimosas ?

J’ai été piqué par le virus de l’ASEC Mimosas en 1967, pendant que j’étais au village, à Kékreni (sous-préfecture d’Assuefry). Là bas, les grandes victoires de l’ASEC Mimosas étaient ponctuées par des réjouissances populaires. Nous avions suivi, à partir d’un poste récepteur radio, devant la boutique d’un aîné, la finale de la 7e édition de la Coupe nationale, à Daloa, qui a vu la victoire (2 – 1) de l’ASEC Mimosas sur le Stella Club.  Nous avons chanté et défilé à travers les ruelles du village. J’ai été marqué par cet événement. On prenait plaisir à écouter, à la radio, les grands commentateurs tels qu’Eugène KACOU, DIOMANDE Métouba, Anatole TIAMA, Simplice ZINSOU et Jean KAMBIRE. Depuis cette époque, j’ai épousé les couleurs jaune et noir et je n’ai plus raté un seul match de l’ASEC Mimosas.

 

Vous avez été supporter de l’ASEC Mimosas sans même l’avoir vue évoluer. Quel a été votre premier match de visu ?

Le tout premier match de l’ASEC Mimosas auquel j’ai assisté est celui joué en 1974, contre le Sacraboutou Sport de Bondoukou. J’étais en classe de 5e. J’avais appris par mon chef de classe que l’ASEC Mimosas se rendrait à Bondoukou pour y disputer un match de championnat. J’ai donc fait un petit calcul pour économiser 25f CFA par jour, me privant ainsi de petit-déjeuner. Jusqu’au samedi, j’avais réuni la somme de 150f CFA. L’entrée à la tribune populaire du Stade Ali TIMITÉ était à 200f CFA, mais en tant qu’élève j’avais droit  au demi-tarif. L’ASEC Mimosas est arrivée à Bondoukou, le jour du match, aux environs de 11h, par avion, grâce à son Président M’BAHIA Blé Kouadio, alors ministre de la défense de Côte d’Ivoire. C’était un vrai choc parce que le Sacraboutou Sport jouait son maintien et l’ASEC Mimosas devait gagner pour se donner les meilleures chances de remporter le titre. L’ASEC Mimosas a ouvert le score par SANTOS Maria Brown et le Sacraboutou Sport a égalisé juste avant la fin de la première période, sur un but entaché d’irrégularités. Le but libérateur de l’ASEC Mimosas est intervenu dans le dernier quart d’heure de jeu, sur une accélération suivie d’un centre de N’GUESSAN Bernard à destination de SANTOS Maria Brown qui a signé son doublé. J’étais tout heureux, mais je ne pouvais pas jubiler au risque de me faire bastonner. Nous avions des postes radios collés à l’oreille écoutant le récit du grand commentateur Tahifour KABA. C’était la première fois que je voyais les YORO Alphonse, N’GUESSAN Bernard, TOBA Raphaël, Paul GUEHASSA et autres…

 

Comment entreteniez-vous cet amour pour l’ASEC Mimosas, en étant à Bondoukou ?

J’écoutais tous les matches de l’ASEC Mimosas à travers les ondes de la radio nationale. Mais je ne ratais également pas l’hebdomadaire « Ivoire Dimanche » qui coutait 25f CFA, à l’époque. Je découpais les photos des joueurs  que je collais dans un cahier que nous appellions « cahier de sport ».

 

Dès votre arrivée à Abidjan, vous avez tenu absolument à rencontrer le Président de l’ASEC Mimosas de l’époque, en la personne de Claude ANDOH.

Exactement. C’était durant la saison 1981-1982. J’ai d’abord payé ma carte de supporter. J’ai ensuite  tenu à rencontrer le Président Claude ANDOH parce qu’une rumeur courait et disait que Youssouf FOFANA avait signé à l’Africa Sports. Après plusieurs sollicitations, j’ai finalement été reçu par le président qui m’a rassuré que Youssouf FOFANA demeurait joueur de l’ASEC Mimosas. Nous avons ensuite échangé sur plusieurs autres sujets concernant l’ASEC Mimosas.

 

Comment êtes vous devenu le président communal des Actionnaires de Koumassi ?

Bien avant Koumassi, j’ai été Président du CESAM (Comité Estudiantin des Supporters de l’ASEC Mimosas), à la cité Mermoz, puis à la cité Rouge. Lorsque je suis arrivé à Koumassi, le président communal, ABYS était décédé. Le comité s’organisait pour lui trouver un remplaçant. Mon ami, DIAKITE Tahir semblait bien intéressé, mais Me KONE Mamadou, le Président du CNACO avait un autre plan pour lui, au sein du CNACO. C’est lui qui a finalement proposé ma candidature et j’ai été élu Président du Comité Communal de Koumassi en février 1997.

 

Quels ont été vos plus beaux souvenirs de supporter de l’ASEC Mimosas ?

Je dirai pour commencer la finale de 1967 qui a fait de moi un supporter de l’ASEC Mimosas. Il fallait s’appeler Eustache MANGLE pour battre, des 40 mètres, le grand gardien de but FANNY Ibrahima, du Stella Club. GUIDY Edouard et Eustache MANGLE avaient été les buteurs de l’ASEC Mimosas, ce jour-là. Cette période m’a beaucoup marqué parce que l’ASEC Mimosas enchaînait les finales en Coupe nationale. Après celle de 1967, il y a eu celle de 1968 contre le Stade d’Abidjan, puis celle de 1969, à Man, contre l’Africa Sports que l’ASEC Mimosas, réduite à 10 contre 11, après l’expulsion de Laurent POKOU, a remportée au décompte des corners de la prolongation. Il y a aussi l’année du premier doublé de l’histoire ivoirien, en 1970. Je voudrais également évoquer le match retour des quarts de finale de Coupe d’Afrique des clubs champion, en 1973, contre le Hafia de Conakry. L’ASEC Mimosas s’était inclinée 2 buts à 1 et CHERIF Souleymane, le capitaine de Hafia avait fait des déclarations disant qu’il avait neutralisé Laurent POKOU et qu’il fera la même chose au match retour à Abidjan. De son côté Laurent POKOU avait dit qu’il marquerait 3 buts en l’espace de 30 minutes. Et comme annoncé, Laurent POKOU inscrit effectivement les trois buts en moins de 30 mn (5e, 9e et 28e mn). C’était extraordinaire ! L’ASEC Mimosas menait donc à la mi-temps sur le score de 3 buts à 0. En seconde période, les guinéens ont réduit le score à deux reprises avant que N’GUESSAN Bernard n’inscrive un 4e but. A 2 mn de la fin du match, un penalty imaginaire a été accordé au Hafia FC qui a encore réduit le score à 4 buts à 3, ce qui amenait les deux équipes à la séance des tirs au but. L’ASEC Mimosas a été éliminée au bout de cette épreuve. C’est aussi un beau souvenir pour moi parce que Laurent POKOU avait relevé ce grand défi de réaliser un triplé pendant la demi-heure de jeu. Il est pour moi, le plus grand joueur ivoirien de tous les temps. Plus récemment, en 2001, en quarts de finale de la Coupe nationale, il y a eu la victoire éclatante de l’ASEC Mimosas sur l’Africa Sports (6-1), sous l’entraîneur Michel DECASTEL, qui a constitué le plus gros au score entre les deux équipes. A titre personnel, je parlerai de ma décoration, de la médaille du mérite de l’ASEC Mimosas, lors de l’Assemblée Générale Ordinaire, le 18 mars 2006, à la Bourse du Travail, par le Président Roger OUEGNIN, qui n’a pas attendu notre décès pour nous décorer.

 

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