« L’ASEC m’a permis de vivre pleinement ma passion »

Techniquement moyen, ADJAMOIN Dompé Léon, a pu faire carrière à l’ASEC Mimosas grâce à son engagement physique et sa capacité à jouer vers l’avant, à l’image à des latéraux modernes. Cet ancien latéral droit devenu notable à Adjamé- village, son village natal, a accepté l’invitation de RJN, pour venir partager les grands moments de sa carrière dans le « Salon des Actionnaires ». Extraits

Que devient ADJAMOIN Dompé ?

Je suis aujourd’hui notable de la chefferie d’Adjamé-village. J’ai en charge la gestion du patrimoine et je suis responsable à l’organisation des événements socioculturels et sportifs. Marié, père de deux enfants, j’ai trois petits-enfants. J’ai travaillé à Renault jusqu’en 1984, puis à la Mairie d’Attécoubé où j’ai pris ma retraite, en 2007.

Que représente l’AFAAM pour vous ?

Je suis membre actif de l’AAFAAM (Amicale des Anciens Footballeurs et Athlètes de l’ASEC Mimosas…ndlr) en tant qu’ancien joueur de l’ASEC Mimosas. C’est une organisation qui marchait bien. Mais après le départ de l’ex-président CISSE Vakantié, elle a marqué le pas. Nous sommes d’ailleurs en pleine réflexion pour la redynamiser, afin de permettre à tous les anciens de l’ASEC Mimosas de se retrouver fréquemment pour travailler dans l’intérêt du club.

Comment êtes-vous devenu joueur de l’ASEC Mimosas, en 1973 ?      

Depuis mon enfance, j’ai été impressionné par le jeu et la popularité de l’ASEC Mimosas. J’étais donc un supporter de cette équipe. Par rapport aux études, j’avais élu domicile à Gagnoa. Et là, je profitais de mon temps libre pour aller m’entraîner, avec l’équipe du Sporting Club. La guerre du Guébié, dans les années 1969-1970 avait précipité mon retour à Abidjan. C’est là que j’ai accepté avec le soutien d’un dirigeant d’alors, de m’engager avec l’ASEC Mimosas par pur amour. Cela, malgré le fait que mon père était un dirigeant et l’un des membres fondateurs du Stella Club d’Adjamé. De la catégorie cadette, j’ai été surclassé en senior pour remplacer N’KO Lazare qui était en fin de carrière.

Dans quelles conditions avez-vous livré votre premier match officiel avec l’ASEC Mimosas ?

J’ai livré mon premier match avec l’ASEC Mimosas en 1974, lors d’une rencontre de championnat, contre l’USC Bassam, qui avait un ailier très rapide en la personne de Maxime TRAORE. La veille, l’entraîneur ANZIAN Jean-Baptiste m’avait informé de ma titularisation. Avant le match, j’ai reçu la bénédiction de N’KO Lazare qui m’a remis, en mains propres, le maillot N°2, comme une passation de charges. Il faut dire que j’ai eu d’énormes problèmes en début de match face au virevoltant Maxime TRAORE. Mais au fil du temps et avec un bon encadrement des coéquipiers et devanciers (YORO Alphonse, BOUAZO Valentin, Paul GUEHASSA, TOGBA Raphael, BAZO Christophe et autres), tout s’est finalement bien passé et nous l’avons emporté sur le score de 2 buts à 0.

Vos coéquipiers vous reprochaient d’être plus en verve en Coupes d’Africaines que dans les compétitions nationales. Comment l’expliquiez-vous ?

Je le confirme. Je considérais les matches du championnat comme gagnés d’avance. Pour moi, la vraie bataille se trouvait au niveau continental où il fallait défendre les couleurs de l’ASEC Mimosas et celles de la nation. Là, je ne badinais pas. L’orgueil et la fierté faisaient surface. Je me donnais donc à fond pour que mon équipe sorte victorieuse.

Avez-vous des regrets par rapport à votre carrière de footballeur à l’ASEC Mimosas ?

Un peu, oui. Parce que j’aurais pu faire mieux. J’ai arrêté ma carrière parce qu’il fallait faire un choix. Le football ou le travail. Mais tout compte fait, je suis satisfait de mon passage dans ce grand club qui, pour moi, reste le plus prestigieux de Côte d’Ivoire, voire de la région. C’est ce club qui m’a permis de réaliser un rêve d’enfant et de vivre pleinement ma passion.

Quel meilleur souvenir gardez-vous de votre passage à l’ASEC Mimosas ?

J’ai été beaucoup marqué par notre match retour des quarts de finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions, contre Lomé 1, en 1975. Au match aller nous avons gagné (1 – 0). Tout le mystère autour du match retour l’a rendu mémorable. Nous avons reçu, à cet effet, la visite d’un spécialiste en science occulte, venu du Bénin pour nous protéger. J’avais d’abord fait un rêve dans lequel, j’avais inscrit un but malheureusement invalidé. Effectivement, au cours du match et après un beau service de BOUAZO Valentin, je me suis débarrassé de deux défenseurs avant de placer le ballon dans la lucarne des buts adverses. Le but ne souffrait en réalité d’aucune contestation, mais il a été refusé par l’arbitre ghanéen TUCSON, pour une position imaginaire de hors- jeu. Mieux encore, après une belle action de notre avant-centre, BAWA Paul, qui était à deux doigts de scorer, le défenseur central de Lomé 1, du nom de RESSORT, s’est saisit du ballon, dans la surface de réparation pour le rendre à son gardien de but, sans que l’arbitre ne siffle le penalty flagrant. Nous nous sommes finalement inclinés sur le score de 3 buts à 1 et avons donc été éliminés de la compétition. Cet arbitre a d’ailleurs été suspendu à vie par la CAF, après homologation du match.

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