« Nous avons encore envie d’avancer pour être encore plus performants »

Avant de partir pour ses vacances de fin d’année, Julien CHEVALIER, le Responsable de la Formation à l’Académie MimoSifcom a été reçu à RJN dans « La Grande Interview » où il a largement été question d’établir le bilan de la 3e édition du TIDA organisée du 1er au 5 décembre dernier et remportée par l’Académie MimoSifcom. Le technicien français a répondu tour à tour, aux questions du trio de journalistes : Clément DIAKITE (RJN), Patrick GUITEY (sportivoire.ci) et SAN Sévérin (Abidjan sport). Nous vous proposons des extraits de leurs échanges.

Peut-on croire que Julien CHEVALIER marche actuellement sur l’eau, après ce deuxième succès au TIDA?

Non, pas du tout. Juste après le tournoi, nous avons profité pour laisser les joueurs au repos pendant deux jours. Après, nous avons juste partagé le plaisir de la victoire avant de reprendre le travail. Maintenant, on se consacre à nos activités habituelles pour continuer à progresser.

Qu’est-ce qui importait le plus pour vous, entre les résultats et les prestations de l’équipe ?

Dans la formation, il y a un équilibre à trouver entre faire des résultats et la qualité de jeu. La priorité pour nous était d’offrir une bonne qualité de jeu. Si on travaille bien, et que, les joueurs sont motivés et assimilent bien le travail qui est fait au quotidien, il n’y a pas de raison qu’on ne gagne pas. Il ne faut donc pas s’offusquer des victoires dans les compétitions de jeunes. Après, c’est notre regard sur les choses qui est important et, sur quoi on s’attarde. En effet, l’objectif était de gagner avec la manière. Les joueurs ont su mettre la manière dans la qualité de jeu pour l’emporter. C’est ce qui est important à souligner.

Pensez-vous que les adversaires étaient de taille ?

Bien sûr. C’était un beau plateau. On sait que des équipes comme le Redbull Strazburg d’Autriche travaillent bien. On sait également que la notoriété de l’Académie Royale du Maroc, encadrée par Pascal THEAULT, n’est plus à démontrer. Le WAFA (West Africa Football Academy du Ghana) est également une équipe de qualité puisqu’elle nous a battu lors de la précédente édition. Ils se sont tous défendus valeureusement. De notre côté, c’était un plaisir de pouvoir participer à ce genre de compétition. Même si le résultat n’est pas quelque chose de prioritaire, malgré tout, en jouant à la maison, à Abidjan, l’Académie MimoSifcom se devait de bien représenter le club et défendre bec et ongles sa réputation. Nous sommes très fiers de participer à ce genre de tournoi pour défier des adversaires de niveaux différents.

Le TIDA peut-il vraiment servir comme seul baromètre pour jauger le travail effectué à l’Académie MimoSifcom ?

Le seul repère réel, c’est la compétition, le fait de se confronter à des adversaires de qualité. Les équipes sont dans le même contexte de formation à long terme que nous. Ce tournoi nous permet d’avoir de bonnes oppositions dans un contexte de pression pour nos jeunes joueurs qui n’ont pas la chance de participer régulièrement à des compétitions. C’est en tout cas un bon moyen de juger où on en est. Après, pour l’avenir, c’est un autre débat. Je suis d’accord que nous sommes en train de comparer des jeunes entre eux, mais nous ne sommes pas encore à un niveau professionnel.

Quel est le jugement que vous portez sur la prestation de votre équipe, durant ce tournoi ?

Sur le plan collectif, nous avons été performants en nous adaptant à différentes situations, avec différents styles de jeu. C’est quelque chose à mettre en avant et dont on peut être fiers. On a montré dans ce tournoi, toutes les facettes  du travail effectué à Sol Béni. Ça fait maintenant 4 ans que je dirige l’Académie MimoSifcom en cherchant à apporter aux joueurs une formation complète. Sur l’aspect physique, Nous avons senti que nous  étions  performants à chaque rencontre, même si cela peut s’expliquer par le fait que nous avons, dès le deuxième match, voulu gérer notre effectif, mais aussi, faire confiance à tous nos joueurs pour leur donner la chance de participer à une vraie victoire qui allait être importante pour la qualification. Cela nous a permis, physiquement, de bien finir le tournoi. Techniquement, nous avons montré de belles choses comme en finale où, nous avons su prendre l’ascendant sur l’adversaire, avoir la possession de la balle  et se mettre en situation de créer des décalages pour se créer des occasions de but. Tactiquement, on s’est adapté à chaque rencontre pour pouvoir contrôler le match.

Sur cinq rencontres âprement disputées, vous avez eu un match très difficile contre le Royal FC du Burkina Faso que vous avez battu après la séance de tirs au but. Confirmez-vous que ce match a été le plus difficile ?

Oui, si on se fie au résultat. Mais si on l’analyse dans le contenu, ça devient plus intéressant. Nous avions pris le parti de faire confiance à tous les joueurs de notre effectif. On avait remporté le premier match et on aurait pu surfer sur la victoire et la joie d’avoir gagné, mais on a décidé de donner une chance aux autres. On a donc fait beaucoup tourner l’effectif. Cela peut expliquer qu’il y avait un peu moins de liens entre la qualité de jeu produit durant ce match par rapport à la deuxième mi-temps du premier match contre Redbull Salzburg. Si on regarde vraiment le contenu du match, on a fait un match nul blanc et on a terminé  à 10. Et Même à 10 contre 11, on a dominé et on s’est créé des occasions de but, mais on a manqué d’efficacité. On a eu de la réussite sur les  tirs au but. Le fait de l’avoir emporté nous a mis dans de bonnes conditions pour gagner tous nos paris. Cette édition était encore plus dure que les autres, en jouant tous les jours sans repos.

Ya-t-il un travail spécifique qui est fait sur le  mental des jeunes à Sol Béni pour leur permettre de se sortir des situations difficiles comme on a pu le constater lors de ce tournoi ?

Ce n’est pas un travail spécifique en tant que tel. Mais, nous essayons de les amener à avoir conscience de l’importance de la force mentale dans le haut niveau. Notre discours est très souvent axé sur cela dans le sens où, nous avons des jeunes qui peuvent, parfois, se laisser aller par le confort qu’ils ont ici, à Sol Béni. Nous avons de nombreux exemples de joueurs de haut niveau que nous leur présentons pour expliquer à quel point cela est primordial. La motivation est très importante. C’est vrai qu’ils l’ont aussi prouvé en renversant des situations lors du premier match et en finale.

Il est difficile en général pour un coach de mettre en évidence des individualités, mais on ne va pas s’en cacher qu’il y’en a eu durant ce tournoi. Quels ont été vos meilleurs joueurs ?

L’aspect collectif a été très fort pour nous. Et on avait insisté sur le mental du groupe et sur le fait qu’ils pourraient gagner et qu’il fallait répondre présent à tout moment. On est dans un travail de formation et l’objectif est aussi de sortir individuellement des joueurs pour faire des carrières personnelles. C’est vrai que des joueurs ont été déterminants. Un joueur comme LASME Aimé Guy a fait de bonnes choses dans son repositionnement en milieu offensif. Je pense également à notre attaquant GUEI De Gbayoro qui a été  décisif à des moments importants. Il a fait ressortir sa qualité déterminante  de buteur. Comment ne pas aussi parler du but extraordinaire de KOUAO Franck, le latéral droit, lors de la finale ? C’est surtout son engagement constant et son envie d’apporter offensivement qui en font qu’il est le prototype du latéral moderne. Nous avons aussi d’autres joueurs qui ont été  discrètement très précieux. Je veux parler de notre capitaine TRAORE Issa, ADIRAN Junior, dans le milieu de terrain, VOLI BI Abdul qui a été l’un des plus réguliers dans la performance et bien d’autres. Chaque joueur a joué sa partition avec plus ou moins d’éclats. Cela a été l’une des clés de notre réussite.

A qui ou à quoi attribuez-vous ces différents succès au TIDA ?

Au travail accompli quotidiennement ensemble à Sol Béni. Nous, les encadreurs, guidons les jeunes par nos discours et essayons de les orienter. Sans leur capacité à comprendre et à vouloir faire des efforts  pour mettre en place l’organisation qu’on leur demande, nous n’en serions pas là. L’un sans l’autre, on n’aboutira à rien.

Lequel des deux sacres, celui de 2012 et de 2015, vous a le plus marqué ?

Le premier était quelque chose de fabuleux. Il était très médiatisé et il a été remporté face au FC Barcelone, l’un des meilleurs clubs au monde. Et le plus souvent, le premier souvenir reste à jamais gravé. Le premier sacre a servi aux autres qui savent désormais qu’ils peuvent gagner ce genre de tournoi, même devant les plus grands clubs au monde.

Ces deux sacres vous confortent-t-ils dans le travail que vous effectuez à Sol Béni ?

Bien sûr. Ceci valide un petit peu ce qu’on essaye de mettre en place. On n’a pas à rougir de ce qui se fait ailleurs. Je pense que les idées qu’on met en place, dans la façon de jouer,  sont validées par ce genre de performance. On a affronté de bonnes équipes. On aurait pu perdre contre des clubs qui travaillent moins bien que nous comme cela arrive de temps en temps. Ce genre de compétition a montré qu’on est au moins, au niveau des autres.

Après cette réussite au TIDA, est- ce qu’on se dit qu’on n’a plus rien à prouver ?

C’est ça le danger. On gagne et on s’arrête en se disant, c’est fantastique, tout va bien. Alors que c’est maintenant qu’il faut redoubler d’effort pour  entretenir son statut. Au lendemain de la victoire, nous avons félicité les joueurs et dit que cette victoire n’est pas la garantie qu’ils seront professionnels. Il va falloir montrer plus. Nous allons continuer à faire améliorer les choses. Nous avons encore envie d’avancer pour être encore plus performants. J’espère que certains auront la chance de rejoindre plus vite le groupe professionnel. Dans le cas contraire, ce sera de continuer à travailler pour développer le potentiel de ces  jeunes  qui ne sont pas encore à maturité.

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