« Je suis le premier entraîneur de Copa »

L’un des encadreurs technique champions d’Afrique avec l’ASEC Mimosas en 1998, Guy GNALY, a fait ses premiers pas d’entraîneur à l’Académie MimoSifcom avant de devenir entraîneur adjoint d’Oscar FULLONE et de remporter la Super-Coupe d’Afrique, le 7 février 1999. Le technicien ivoirien était récemment sur les ondes de RJN, dans « Le Salon des Actionnaires ». Répondant aux questions de Clément DIAKITE, il n’a pas manqué d’évoquer ses grands moments d’émotions passés avec le club jaune et noir. Séquences.

Que devient Guy GNALY ?

Je suis devenu agent de joueur par concours de circonstance, depuis 2005. Quand j’ai quitté l’ASEC Mimosas en 2000, je suis allé faire un projet à l’ES Bingerville avec Sory DIABATE qui en était le président. Quand certains de nos joueurs sont arrivés à maturité, j’ai cru bon devenir leur agent. C’est ainsi que j’ai passé ma licence. Je dois préciser que je suis un agent un peu particulier. Je forme moi-même les joueurs que je place. J’ai maintenant 10 ans de métier.  Mais je n’ai pas, pour autant, quitté le rectangle vert totalement. Je suis aussi Directeur Technique et Conseiller de la Présidente de l’équipe de Moossou promue cette année en Ligue 1. J’entre dans la définition du programme de travail de cette équipe. Je participe à l’animation des entraînements. J’essayerai d’apporter ma griffe à cette équipe, cette saison. Quand tu arrives avec l’étiquette de l’ASEC Mimosas quelque part, il faut bien vendre cette image. Je dois porter haut le flambeau de l’ASEC Mimosas, partout où je passerai.

Comment et quand êtes-vous arrivé au football pour en devenir entraîneur ?

J’ai amé le football depuis ma tendre enfance. J’ai fait un essai au centre de formation du Stella Club  entre 1990 et 1991. J’ai ensuite eu la possibilité d’aller en Europe, précisément en Angleterre où j’ai un peu joué. Mais pour certaines raisons, notamment familiales et à cause des blessures, j’ai dû arrêter ma carrière footballistique. Après cette décision, l’un de mes encadreurs m’a conseillé de me reconvertir dans le métier d’entraîneur parce que j’avais des qualités pour cela. J’ai donc  passé le concours d’entrée à l’école des métiers du football,  en Angleterre. J’ai pu obtenir mes diplômes d’entraîneur de football,  d’entraîneur de gardien de but et un certificat de base en médecine de football. Arsène WENGER (l’actuel entraîneur d’Arsenal) fut mon maître de stage.

Comment êtes-vous donc arrivé à l’ASEC Mimosas ?

 A la fin de mon stage, je rentrais à Abidjan pour passer mes vacances quand Arsène WENGER m’a conseillé à Jean-Marc GUILLOU, à l’Académie MimoSifcom, à Abidjan, en avril 1996. J’étais un entraîneur qui sortait fraîchement de l’école avec mon diplôme en main. Il fallait donc trouver un cadre pour bosser. Une fois à Abidjan, j’ai pris attache avec Jean-Marc GUILLOU qui m’a automatiquement recruté. Voilà, comment j’ai atterri dans le club le plus populaire de la Côte d’Ivoire, sur recommandation d’Arsène WENGER.

Quelles ont été vos premières impressions en atterrissant à Sol Béni ?

Je suis parti de l’Afrique sans avoir vu pareille chose. J’ai donc été très impressionné en arrivant à Sol Béni et en voyant ses installations. La qualité des pelouses et des gamins pétris de talents m’ont fait dire que j’étais dans un paradis. Jean-Marc et ses collaborateurs étaient très ouverts avec moi et c’était comme si je me retrouvais dans un milieu habituel. Je me suis senti très concerné et les choses sont parties d’elles-mêmes.

Pourquoi avez-vous décidé d’y rester après vos vacances ?

Jean-Marc m’a dit que l’Académie MimoSifcom avait besoin de compétences et que je pouvais être utile à ce centre de formation. Entre-temps, il y avait un joueur de champs, Copa BARRY qu’on avait transformé en gardien de but et qui ignorait tout des rudiments de ce poste spécifique. Je devais donc m’occuper de lui.  Je suis le premier entraîneur de Copa BARRY, comme gardien de but. Il est  également le premier gardien de but que j’ai entraîné dans ma carrière. Comme, il était le seul gardien de but de l’Académie MimoSifcom,  il fallait lui associer d’autres gardiens de but plus expérimentés pour faciliter et accélérer son apprentissage. C’est ainsi que j’ai décidé d’entraîner tous les gardiens de but du club y compris Losseni KONATE et DIARRA Seydou. Copa était très attentif. Il travaillait dur car il voulait rester à l’Académie MimoSifcom. Je prenais du plaisir à travailler avec lui. Je suis fier de voir ce qu’il est devenu aujourd’hui.

Un mot sur tous ces jeunes de l’Académie MimoSifcom que vous avez vu éclore, en quatre ans.

C’est beaucoup d’émotions reçues. C’étaient des fils pour moi. Nous avons passé de très bons moments ensemble. Même aujourd’hui, quand on a l’occasion de se voir ou de parler, on ne rate pas l’occasion de raviver ces souvenirs. J’ai croisé certains dans le cadre de mon travail, à l’étranger et ils se sont bien occupés de moi.

Comment êtes-vous devenu entraîneur adjoint de l’équipe première de l’ASEC Mimosas ?

Je faisais tranquillement mon boulot à l’Académie MimoSifcom et je ne me faisais aucun souci. Un matin, Oscar FULLONE qui a été nommé entraîneur de l’ASEC Mimosas pour la saison 1996-1997, débarque à l’Académie MimoSifcom. Il m’approche à la fin de notre séance d’entraînement et me propose d’être son adjoint. Ahuri ou stupéfait, J’ai cru à une blague. Jean-Marc GUILLOU ne voulait pas me laisser partir de l’Académie, j’ai proposé alors de travailler pendant  deux heures avec l’équipe première et consacrer le reste du temps à l’Académie MimoSifcom. C’est comme ça que j’ai pu le convaincre pour rejoindre l’équipe première, en préparation de la pré-saison, à Grand-Bassam. L’Académie MimoSifcom était en vacances. Nous avons bien travaillé et les choses marchaient parfaitement.  Je passais donc deux heures avec l’équipe première et je rejoignais l’Académie MimoSifcom pour ne rentrer qu’après 19h, à la maison. Je prenais plaisir à renforcer mes connaissances.

Quelles sont vos plus grands souvenirs à l’ASEC Mimosas ?

Je retiendrai évidemment les sacres de l’ASEC Mimosas en Ligue des Champions en 1998 et en Super Coupe d’Afrique, face à l’Espérance de Tunis, le 7 février 1999. Ce sont de très grands souvenirs. Je me souviens encore comme si c’était hier. Lors de la finale de la Ligue des champions, j’étais à ma première participation en Coupe d’Afrique  et je n’avais pas d’expérience. La direction a donc demandé que certaines personnes comme ZARE Mamadou et AKA Kouamé viennent nous épauler. C’est donc AKA Kouamé qui était sur le banc de touche comme adjoint d’Oscar FULLONE, lors de la finale. ce jour là, J’étais logé, dans les tribunes. Mais ce n’était pas le plus important. J’étais plutôt heureux d’avoir joué les éliminatoires jusqu’à la finale. Nous avons travaillé en famille et pris vraiment du plaisir. La cerise sur le gâteau pour moi, c’était la finale de la Super –Coupe. Là, j’étais sur le banc de touche et j’étais pratiquement l’entraîneur parce que c’est moi qui ai préparé le groupe durant toute la période de préparation de cette finale. La veille du match, les Tunisiens sont venus faire leur décrassage à Sol Béni et cherchaient à voir l’équipe de l’ASEC Mimosas. On leur a dit que c’étaient ces gamins qui rodaient autour du terrain qui joueraient contre eux, parce que la direction de l’ASEC Mimosas en avait décidé ainsi. Tout le monde sait ce qui s’est passé lors de ce match. Nous avons gagné sur le score de 3 buts à 1, avec des buts d’anthologies de ZEZETO (doublé) et d’Aruna DINDANE. C’était beaucoup d’émotions. Les Jeunes écrivaient ainsi une autre page historique de l’ASEC Mimosas avec le slogan « Les Enfants s’amusent …et gagnent».

Quelles sont vos liens avec l’ASEC Mimosas, aujourd’hui ?

Je demeure ASEC Mimosas. J’ai toujours dans un coin de la tête l’idée de travailler encore avec ce club. Je profite de l’occasion que vous m’offrez pour dire merci au PCA, Me Roger OUEGNIN, qui est notre père à tous. S’il n’était pas né, il aurait fallu l’inventer. Il est tout ce qu’il faut pour que le football ivoirien avance. Si on me donne l’opportunité de travailler à l’ASEC Mimosas, surtout sur le terrain, je crois que je ne refuserai pas. Je pense qu’un jour, je reviendrai à l’ASEC Mimosas. Je n’aurai pas besoin qu’on me le demande. L’ASEC Mimosas est un esprit pour moi.

 

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