« Je n’aimais pas être battu, surtout par l’Africa Sports »

Surnommé  Ivan CURKOVIC, du nom de l’excellent gardien de but de la Yougoslavie et de l’AS Saint Etienne (France) des années 1960 et 1970, HOUON Edouard, a gardé les perches de l’ASEC Mimosas de 1975 à 1984. Pour son retour dans les conditions du direct après plus d’un mois d’interruption, l’émission « Le Salon des Actionnaires » sur RJN, l’a reçu dans les Studios Président TOURE Mamadou. Comme ses prédécesseurs, l’ancien gardien de but international a parlé de son actualité, de son itinéraire et de ses souvenirs à l’ASEC Mimosas. Morceaux choisis de ses échanges avec Clément DIAKITE, le présentateur de l’émission.

Que devient HOUON Edouard ?
Je suis employé d’une entreprise de la place depuis 1983. J’y suis depuis que j’étais encore joueur de l’ASEC Mimosas.

Quelles ont été  vos premières impressions en franchissant l’entrée des Studios Président TOURE Mamadou de RJN ?
 J’ai été très émerveillé par les installations de RJN, au sein de Sol Béni, le complexe sportif de l’ASEC Mimosas  qui n’est plus à présenter. Parce que c’est un joyau de la Côte d’Ivoire. J’en suis fier parce que je suis Mimos. Toutes mes félicitations au PCA Me Roger OUEGNIN qui en est le bâtisseur.

Comment avez-vous vécu les funérailles de votre coéquipier ADJOUKOUA Gaston, qui nous a quittés récemment ?
C’est avec beaucoup d’émotions que nous nous sommes tous retrouvés à ses funérailles. C’était vraiment merveilleux de voir tout ce monde. Toutes les générations de joueurs de l’ASEC Mimosas étaient présentes. Ce qui veut dire que l’ASEC Mimosas reste une grande famille très soudée.

Participez-vous aux activités de l’AAFAAM ?
Je suis membre de l’AAFAAM, mais mon boulot ne me permet pas d’assister aux réunions qui se tiennent généralement les samedis. Je profite de l’occasion pour dire merci à mon aîné YORO Alphonse qui, à chaque fois, qu’il est disponible, vient à mon bureau pour m’inciter à suivre les activités de l’AAFAAM.

Comment êtes-vous arrivés à l’ASEC Mimosas, en 1975 ?
Par le passé, les écoles de football n’étaient pas nombreuses comme on peut le voir aujourd’hui. Le Stella Club, le Stade d’Abidjan et l’ASEC Mimosas étaient les trois clubs réputés dans la formation des jeunes footballeurs. J’ai donc d’abord opté pour le centre de formation du Stella Club. Malheureusement, j’y ai été refoulé par l’entraîneur WOLE Basile qui trouvait que je n’étais pas apte à intégrer  son centre. J’ai décidé d’aller tenter ma chance à l’ASEC Mimosas alors que toute ma famille est Oyé. SYLLA Mamadou, l’entraîneur du centre, a trouvé en moi des qualités et m’a fait signer une licence cadette à l’ASEC Mimosas.

Comment avez-vous rejoint l’équipe première ?
En équipe première, il y avait des devanciers comme GOHI Marc, KROUBA Gratien et ABLE Laurent. J’ai été appelé en équipe première parce que GOHI Marc n’était pas encore qualifié pour la saison qui débutait. L’ASEC Mimosas avait perdu son premier match de championnat national, à Gagnoa, sur le score de 3 buts à 0. C’est alors que l’entraîneur de l’équipe première ANZIAN Jean-Baptiste avait demandé à SYLLA Mamadou de lui envoyer le meilleur gardien de but du centre de formation. Le choix du coach SYLLA s’est directement porté sur moi. Voilà en résumé comment j’ai rejoint l’équipe première.

Aviez-vous des appréhensions en rejoignant ce groupe fanion ?
Lorsque j’ai été appelé en équipe première, je me suis dit que c’était une très bonne chose qui m’arrivait. Les choses se sont passées tellement vite que je n’ai pas eu le temps de me poser des questions.   A ma grande surprise, le dimanche  qui a suivi ma montée en première, j’ai été retenu et j’ai été titularisé pour un match de championnat, au Stade FHB, contre l’Alliance de Bouaké qui avait en son sein des joueurs comme KOBENA Kouma, ZOGBO Tapé, APESSIKA Daniel, Nafomo BAMBA, KONAN Kouakou et autres OUATTARA Lanzane dit Léa. Le match s’est soldé par le score d’1 but partout. A la fin de la rencontre, j’ai été porté en triomphe par les supporters. Cela fut mon match-référence. A partir de là, j’ai gagné en confiance.

N’avez-vous pas été  surpris d’être porté en triomphe après votre premier match?
Je pense avoir fais un très bon match et séduit les supporters. J’ai joué avec une grande assurance malgré ma petite expérience de gardien de but de l’équipe junior. Il faut également dire que pendant le match, j’avais été mis constamment en confiance par ma paire axiale composée d’AKRAN Jean-Baptiste et de RABET Jeannot qui communiquaient beaucoup avec moi.

Quels étaient vos liens avec GOHI Marc ?
Hormis le fait que nous sommes des alliés ethniques, j’étais beaucoup lié à GOHI Marc. Et cela, malgré le fait que nous évoluions au même poste de gardien de but et donc soumis automatiquement à la concurrence. Nous partagions très souvent les mêmes chambres d’hôtel pendant les mises au vert. C’est même lui qui m’avait encouragé à reprendre le chemin de l’école et poursuivre mes études.

Quelles étaient les qualités de HOUON Edouard ?
J’aimais beaucoup le travail. Je n’attendais pas les séances d’entraînement pour me mettre au travail. Je refusais de me rendre aux séances d’entraînement à l’école de la gendarmerie, à bord du car de ramassage.  Je préférais m’y rendre en footing. J’effectuais des séances externes avec DA Sylva, l’entraîneur des gardiens de but de l’équipe nationale. C’est ce dernier qui me motivait à travailler sans cesse.
Je n’aimais également pas être battu, surtout par l’Africa Sports. A l’époque, des supporters offraient quasiment leur salaire à l’ASEC Mimosas. Nos pensées allaient toujours vers ces derniers qui n’attendaient que des victoires de l’ASEC Mimosas pour obtenir une quelconque satisfaction. Toute l’équipe se transcendait pour cette raison, à chaque match.

Quel grand souvenir gardez-vous de votre passage à l’ASEC Mimosas ?
Je dois beaucoup à l’ASEC Mimosas. C’est ce club qui m’a permis de poursuivre mes études et de me trouver un travail. Le Président d’alors, Me Emile DERVAIN, avait pris mes études en charge. J’étais dans une école privée. A travers l’ASEC Mimosas, je me suis tissé de bonnes relations humaines. Sur le plan sportif, je me souviendrai toujours d’un match que nous avons joué au Cameroun, contre l’Union de Douala de Joseph Antoine BELL, à l’occasion d’un tournoi auquel l’ASEC Mimosas avait pris part. J’ai eu le doigt fracturé, mais j’avais tenu à terminer et à gagner le match. Nous l’avons emporté sur le score de 2 buts à 0. J’ai sûrement impressionné les dirigeants de l’Union de Douala qui ont voulu me recruter. Le transfert n’a malheureusement pas eu lieu parce que je m’étais blessé entre temps et mon indisponibilité a duré six mois.

Quel est l’entraîneur de l’ASEC Mimosas qui vous a le plus marqué ?
L’entraîneur ANZIAN Jean-Baptiste m’a beaucoup impressionné pour sa fermeté. Il revenait rarement sur ses décisions. Il y a aussi  Guy Fabre qui a fait de l’ASEC Mimosas une grande équipe. La philosophie de jeu des « enfants s’amusent » vient de lui. Il n’aimait pas voir les joueurs courir avec le ballon. Son jeu était fait de petites passes vers l’avant.

Vous avez également été international.  Parlez-nous de votre passage en équipe nationale.
J’ai été appelé en équipe nationale junior de Côte d’Ivoire en 1976. Avec cette équipe, nous nous sommes qualifiés pour la Coupe du monde de la catégorie, en 1977, en battant des nations comme  le Ghana, le Cameroun et l’Egypte. Nous avons été la première équipe ivoirienne qualifiée pour une Coupe du monde. C’était  en Tunisie, et j’avais des coéquipiers comme ADJOUKOUA Gaston, Abdoulaye FOFANA, ZAHUI Madou Laurent, DOE Germain, KROUBA Gratien, BAILLY César Venance et autres GUIDI Ignace.

 

Retranscription H.K

LAISSER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

cinq × 4 =