« Nos joueuses sont vraiment formidables »

DOSSO Tiémoko, le Président de la Section volley-ball de l’ASEC Mimosas, maintient en vie ladite section contre vents et marées. Sa passion et ses efforts soutenus lui valent aujourd’hui de grandes satisfactions puisque depuis deux ans, ses joueuses règnent sans partage sur le volley-ball national. Interview !

Bonjour Président DOSSO Tiémoko et félicitations pour les deux triplés (Championnat-Coupe-Super Coupe nationale) en 2014 et en 2015.

– Merci. Je vous retourne aussi les félicitations ainsi qu’à toute la famille mimosas depuis les dirigeants jusqu’aux supporters en passant par les encadreurs techniques et médicaux et les joueuses. Ces résultats sont les fruits d’un travail collectif.

– Depuis quand gérez-vous, la Section volley-ball de l’ASEC Mimosas ?

– Je dirige cette section du club depuis avril 1989. C’était sous le Président AHOUA Kanga Michel qu’on me l’avait confiée. J’étais auparavant l’un des dirigeants de la Section basketball avec AMON Jean-Claude. Le Président de la Section volley-ball, DAHER Mohamed, devait aller s’installer au Gabon pour ses affaires. On m’avait alors confié la présidence de la Section volley-ball. Lorsque le PCA actuel de l’ASEC Mimosas, Me Roger OUEGNIN, est arrivé, en novembre 1989, il m’a maintenu à mon poste jusqu’aujourd’hui.

– Qu’est-ce qui vous motive, 27 ans après, à continuer de servir cette section du club ?

– Mes amis et moi tirons notre motivation de notre passion pour le volley-ball et pour l’ASEC Mimosas. Il y a aussi le sens des responsabilités. Le Président Roger OUEGNIN m’a fait confiance en me confiant cette section. Mes amis et moi pensons qu’on ne doit pas la laisser mourir entre nos mains. C’est pourquoi, sans moyen, je me bats avec le Dr KOFFI Brou Martin, MANGOUA Jean, Mme TALL Hadiaratou et TRAORE Samba qui est maintenant Vice-président de la Fédération Ivoirienne de Volley-ball, pour faire vivre notre section.

– Il faut reconnaître que vous êtes vraiment attaché à la Section volley-ball de l’ASEC Mimosas pour la maintenir ainsi en vie. Surtout qu’en 2010, vous aviez perdu pratiquement toutes vos joueuses, mais aussi votre terrain d’entraînement du Lycée Technique au profit de l’AS Tanda…

– Ce fut un coup vraiment dur. Si je devais laisser tomber la section volley-ball, ça devait être cette année-là. On m’avait arrachée l’équipe et changé son nom pour en faire l’AS Tanda, en même temps qu’on nous avait arraché le gymnase du Lycée Technique. Seules trois joueuses nous étaient restées fidèles en l’occurrence Mme KRAIDY née KONE Béré, Chrystelle KOUASSI et KONAN Prisca. Mais c’est l’orgueil qui nous a fait maintenir notre section en vie. Pour ce faire, on a recruté des jeunes filles qui apprenaient à jouer dans des établissements scolaires. En 2011, on nous battait chaque fois par 3 sets à 0, mais on se disait qu’il fallait laisser le temps à ces jeunes filles de s’aguerrir. C’est ce qu’on a fait. En 2012, on a recruté Awa SY, une joueuse sénégalaise, pour renforcer l’équipe et encadrer les jeunes filles qui avaient fait des progrès dans le jeu. Et on a atteint les demi-finales du championnat. L’année suivante, on a atteint la finale. Et depuis 2014, on réalise le triplé.

– Vous dites avoir perdu le gymnase du Lycée Technique où votre équipe s’entraînait. Où s’entraîne-t-elle, à présent ?

– Nos joueuses s’entraînent au Stade Robert CHAMPROUX qui nous coûte cher. Mais l’avantage, c’est que toutes nos joueuses habitent à Abidjan Sud et cela réduit un peu les frais de transport.

– Est-ce le fait d’avoir recruté une femme entraîneur qui vous permet de retenir vos joueuses ?

– Je connais Mme TALL Hadiaratou depuis 1982 qu’elle est à l’ASEC Mimosas. Elle a joué jusqu’en 2009. Tout en jouant, elle a passé ses diplômes d’entraîneur. Je peux dire qu’on a eu la main heureuse en lui confiant nos joueuses. Ces dernières savent qu’on n’a aucun moyen pour les aider. Mais elles acceptent d’évoluer chez nous. Depuis que Mme TALL entraîne l’équipe, nous arrivons à retenir nos joueuses qui sont vraiment formidables. Mme KRAIDY possède aussi un diplôme d’entraîneur de haut niveau qu’elle a obtenu en Suisse. Mais elle occupe actuellement des responsabilités à l’INJS qui ne lui permettent pas de venir aider Mme TALL Hadiaratou. Mais tous les samedis, elle est à nos côtés pour les matches.

– Pourquoi la Section volley-ball que vous dirigez ne parvient-elle pas à trouver des sponsors ?

– Les gens se disent que l’ASEC Mimosas est un club riche. Ils ne connaissent pas nos difficultés de trésorerie. Quand on approche des personnes ou des entreprises pour nous aider, elles nous écoutent et nous disent qu’elles ont pris bonnes notes et qu’elles vont nous appeler. Et elles ne se manifestent plus. On se dit que les gens pensent que l’ASEC Mimosas est riche et que si nous leur demandons de nous sponsoriser, c’est pour leur soutirer de l’argent pour d’autres fins. Alors que notre objectif est de nous en servir pour bien encadrer et occuper sainement nos jeunes joueuses.

– Avez-vous encore des ambitions sportives aujourd’hui après avoir tout gagné au niveau national ?

– Bien sûr que j’en ai. Mais peut-on parler d’ambitions sportives sans moyen ? Mon ambition est de disputer une Coupe d’Afrique des clubs champions ou des vainqueurs de Coupe avec ma section. Malheureusement, c’est l’Etat de Côte d’Ivoire qui finance ces compétitions pour les clubs ivoiriens et l’Etat dit qu’il n’a pas les moyens de le faire. La FIVVB est aussi sans moyen. On espère que les choses changeront pour permettre à nos joueuses de se mesurer aux autres joueuses du continent.

 

– Comment avez-vous accueilli votre décoration de la Médaille d’honneur de l’ASEC Mimosas et de celle du Mérite de l’ASEC Mimosas pour Mme TALL Hadiaratou, à la dernière Assemblée Générale Mixte du club?

– Ce fut une grande surprise doublée d’une grande joie. On ne savait pas que ce qu’on faisait, les soirs, au Stade Robert CHAMPROUX, était suivi. On ne nous avait rien dit jusqu’au jour de la décoration. Et ce jour-là, Mme TALL était au Ghana avec l’équipe nationale féminine qu’elle entraîne. Lorsque je lui ai remis sa médaille à son retour, elle a pleuré d’émotion. Cela lui a fait énormément plaisir de savoir que tout ce qu’elle fait pour l’ASEC Mimosas est reconnu par le Président Roger OUEGNIN et ses collaborateurs. J’ai ressenti la même chose. On leur dit merci.

– Que pouvez-vous dire pour clore cet entretien, Monsieur le Président ?

– Je remercie le PCA, Me Roger OUEGNIN, de nous avoir décorés. Cela nous permet d’oublier toutes nos difficultés dans la gestion de la Section volley-ball de l’ASEC Mimosas. Ces décorations sont pour nous un encouragement à toujours mieux servir notre section.

 

KI

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