Ses coéquipiers témoignent

Défenseur polyvalent et très physique, joueur de devoir, teigneux, courageux, infatigable, combatif, gagneur dans l’âme, mais garçon sympathique, attachant, d’une grande jovialité et qui se fâchait très rarement hors des terrains de football, ADJOUKOUA Gaston dit Kamikaze a fait une très bonne impression à tous ses coéquipiers. Voici ce que quatre d’entre eux nous ont confié.

 IRIE Bi Gohi Marc

(Ancien gardien de but international de l’ASEC Mimosas)

 « Il était un défenseur combatif et rigoureux » 

« ADJOUKOUA était un défenseur solide, toujours prêt physiquement. Il n’aimait pas perdre et pour cela, il était très combatif et rigoureux sur le terrain. Il n’était pas excellent techniquement, mais il comblait cela par un jeu très physique et un grand engagement. Je garde de lui le souvenir du match extraordinaire qu’il avait livré contre l’Asante Kotoko que nous avions éliminée en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions, en 1976. Au match aller à Kumasi, sur une balle aérienne, son adversaire qui était YAW Sam, l’un des meilleurs ailiers droits africains de l’époque, l’avait chargé. ADJOUKOUA était tombé dangereusement et nous avions tous craint le pire puisqu’il ne bougeait plus. Lorsque nous nous sommes précipités vers lui avec YANO Kla Modeste, notre soigneur, ADJOUKOUA, qui était resté immobile pendant un bon moment s’était mis à crier : ‘‘ Laissez-moi, laissez-moi, ne me touchez pas”. Tout le monde a reculé. Il est entré en transe pendant un moment, puis il s’est relevé tout seul et il a demandé où était son adversaire qui l’avait chargé ainsi. Lorsqu’on a lui montré YAW Sam, ADJOUKOUA est allé vers lui et lui a dit : « C’est maintenant que toi et moi on va jouer au ballon » et il a muselé complètement YAW Sam à qui, il a fait voir de toutes les couleurs. Et pour le match retour, YAW Sam, qui était l’un des ailiers droits les plus redoutés d’Afrique, avait refusé de venir avec Kotoko à Bouaké. Il avait dit carrément à ses dirigeants qu’il avait peur de devoir affronter ADJOUKOUA Gaston et il n’est pas venu. Le jour du match retour, alors que nous étions dans les vestiaires, avant le coup d’envoi, je suis allé dire à ADJOUKOUA en montrant OSEI Kofi qui était un redoutable ailier appelé pour remplacer YAW Sam: « Tu vois celui-là, c’est le plus grand ailier droit qui a remporté deux Coupes d’Afrique des clubs champions avec Kotoko et deux CAN avec le Ghana. C’est lui qui jouera à la place de ton adversaire qui a refusé de venir jouer le match retour». ADJOUKOUA est allé se mettre devant OSEI Kofi et il lui a dit ceci : « On m’a dit que tu es un grand joueur. Mais je n’ai pas peur de toi et cet après-midi, je mettrai un terme à ta carrière.» Lorsque le match a commencé, au premier contact, ADJOUKOUA Gaston, sur un tacle, a projeté OSEI Koffi et le ballon hors du terrain. LorsquOSEI Kofi est revenu sur le terrain après avoir reçu des soins, il n’a plus osé approcher ADJOUKOUA qui a fait un match énorme ce jour-là et marqué l’unique but de la partie qui nous avait qualifiés pour les demi-finales.

Dans la vie, ADJOUKOUA était curieusement un homme timide, simple, jovial et très gentil. Ce sont ces bons souvenirs que je garde de lui. Ce match ASEC-Kotoko fut effectivement le dernier d’OSEI Kofi

ADJAMOIN Dompé

(Ancien défenseur de l’ASEC Mimosas et notable d’Adjamé-village)

« ADJOUKOUA jouait comme il s’entraînait » 

« ADJOUKOUA Gaston était à la fois mon cousin et mon coéquipier. On a grandi ensemble dans la même famille et on a été formés ensemble à l’ASEC Mimosas. On a évolué en cadet, en junior, puis en équipe senior. Dans la vie, il était un homme jovial qui ne se fâchait presque jamais contre personne. Il s’entendait bien avec tout le monde dans la famille et il se gardait d’offenser les gens. Mais quand il montait sur un terrain de football, il se transformait carrément. On ne le reconnaissait plus. Il abhorrait les défaites. Il jouait comme il s’entraînait, avec détermination, engagement, rigueur et combativité. Je garde de lui, le souvenir notre match des quarts de finale contre l’Asante Kotoko de Kumasi, en 1976. J’avais pris part au match aller où nous avions été battus 2-1 par Kotoko. Ce jour-là, ADJOUKOUA Gaston avait complètement mis sous l’éteignoir YAW Sam, son vis-à-vis à qui il avait fait voir de toutes les couleurs si bien que ce dernier avait refusé de venir à Bouaké pour le match retour. On s’était qualifiés au match retour, à Bouaké, en l’emportant (1-0) grâce justement à un but d’ADJOUKOUA Gaston. Pour moi, ce match retour contre Kotoko reste le meilleur qu’il a joué et gagné avec l’ASEC Mimosas. » 

ZAGBAI Bawa Paul

(Ancien attaquant de l’ASEC Mimosas)

« Il était la solution à tous nos problèmes défensifs »

 « J’ai joué pendant longtemps avec ADJOUKOUA Gaston. On était de la même promotion au centre de formation de l’ASEC Mimosas. Mais il avait été promu avant moi en équipe première. ADJOUKOUA Gaston était un très grand défenseur. Il était polyvalent, très courageux et extrêmement combatif. Son match qui m’a le plus marqué est celui qu’on avait gagné (1-0) grâce à un but d’ADJOUKOUA Gaston, en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions, en 1976, à Bouaké, contre l’Asante Kotoko de Kumasi, pour accéder aux demi-finales. Kamikaze avait fait un match époustouflant ce jour-là en neutralisant OSEI Kofi, l’un des meilleurs attaquants de Kotoko après avoir neutralisé et effrayé YAW Sam, lors du match aller si bien que ce dernier avait refusé de venir disputer le match retour ici en Côte d’Ivoire. ADJOUKOUA était la solution à tous nos problèmes défensifs à l’ASEC Mimosas et en équipe nationale junior, puis senior, quand il était question de neutraliser un redoutable attaquant. Mais dans la vie, il était un garçon simple, gentil, que rien ne semblait fâcher. Il était un très bon coéquipier. » 

TOURE Kouassi Jérôme dit Kakoko (Ancien milieu de terrain de l’ASEC Mimosas)

« ADJOUKOUA avait une rage de vaincre terrible en lui »

 « Je retiens du joueur ADJOUKOUA Gaston un grand esprit de gagneur, l’image d’un défenseur intraitable, déterminé, combatif, physique, teigneux et rigoureux. Il n’était pas un joueur très technique, mais il était très rigoureux. Il a livré deux grands matches qui m’ont marqué. Le premier est celui qui avait vu l’ASEC Mimosas éliminer l’Asante Kotoko de Kumasi, en 1976, à Bouaké, en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions, grâce à un but d’ADJOUKOUA. Ce jour-là, il avait crevé l’écran. Le second est celui auquel j’avais pris part et à l’issue duquel on avait battu l’Africa Sports (3-0), en 1981, lors des matches aller du championnat national. Ce jour-là, l’entraîneur m’avait fait jouer milieu gauche. Comme ADJOUKOUA Gaston n’était pas un défenseur technique, lorsque je voulais faire des une-deux avec lui, il me disait chaque fois : « joue de l’autre côté, ne joue pas avec moi. » Il avait peur de monter et libérer des espaces derrière lui. Ce que j’aimais en ADJOUKOUA Gaston, c’était la rage de vaincre terrible qu’il avait en lui parce qu’il n’aimait pas perdre. Mais il n’était pas méchant sur le terrain contrairement à ce que son surnom Kamikaze pourrait laisser croire. Dans la vie, ADJOUKOUA Gaston était un homme toujours souriant, gentil et qui ne se fâchait presque jamais. C’était incroyable. Lors de notre dernière sortie à Yakassé, il y a quelques semaines, on l’avait beaucoup taquiné pendant le voyage en évoquant nos anciens matches. Et on en avait beaucoup rit avec lui. Je ne l’ai jamais vu se fâcher contre un coéquipier ni contre quelqu’un.»

 KASSY Kouadio Lucien dit le Bombardier (Ancien attaquant de l’ASEC Mimosas)

« Il respectait tout le monde, même ses petits frères que nous étions »

« ADJOUKOUA Gaston était l’un de nos aînés qui était animé d’un esprit de gagneur. Il n’aimait pas perdre même à l’entraînement. C’est pourquoi, il était un joueur très appliqué et rigoureux. Il était un joueur de devoir. Il jouait tous ses matches de la même manière avec le cœur. Dans la vie, ADJOUKOUA Gaston était très humain et d’une grande jovialité. Il était différent du joueur sur le terrain qui ne riait pas. Il respectait tout le monde, même ses petits frères que nous étions. Sa disparition est vraiment brusque. Quand je l’ai vu la dernière fois à Sol Béni, il semblait bien portant et en pleine forme. Sa mort m’a vraiment surpris et me fait de la peine. »

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