« J’inculque l’amour de l’ASEC Mimosas à nos joueuses»

Joueuse à l’ASEC Mimosas volley-ball dames de 1982 à 2008, Mme TALL Hadiaratou est depuis 2012, l’entraîneur de l’équipe féminine de ladite Section avec laquelle elle a réalisé deux doublés lors des deux dernières saisons. Dans cette interview qu’elle nous a accordée, elle nous parle de ses méthodes et de ses ambitions.

– On ne vous connaît que sous le nom de votre mari, car c’est par Mme TALL qu’on vous appelle. Quel est votre nom à l’état civil ?

– Mon nom à l’état civil, est HAIDARA et mon prénom, est Hadiaratou

– Vous avez été décorée de la Médaille du Mérite de l’ASEC Mimosas à la dernière Assemblée Générale Mixte du club, le dimanche 23 août dernier, pendant que vous étiez avec l’équipe nationale féminine de volley-ball au Ghana. Comment avez-vous accueilli cette distinction à votre retour ?

– Cette décoration de la Médaille du Mérite de l’ASEC Mimosas m’a fait plaisir. Je ne le savais pas parce que j’étais avec l’équipe nationale feminine de volley-ball au Ghana pour le tournoi de la Zone 3 des éliminatoires de la Coupe d’Afrique. Je ne m’y attendais pas, non plus. J’avais même oublié qu’on suivait les activités de notre Section au niveau du Conseil d’Administration. C’est à mon retour que le Président de notre Section, DOSSO Tiémoko, est venu me remettre la médaille à la maison. Lui aussi avait été décoré de la Médaille d’Honneur de l’ASEC Mimosas. Nous étions tellement émus tous les deux que nous avons pleuré en nous congratulant. Ça fait vraiment plaisir de savoir que le Conseil d’Administration suit nos activités. C’est réconfortant de savoir que les efforts que nous faisons sont reconnus. Nous remercions le PCA de l’ASEC Mimosas, Me Roger OUEGNIN et le Conseil d’Administration pour cette décoration.

– Vous démontrez une grande fidélité à l’ASEC Mimosas qui date des années 1980. Depuis quand exactement a commencé cette idylle ?

– Je suis arrivée à l’ASEC Mimosas en tant que joueuse en septembre 1982. Avec l’ASEC Mimosas, en tant que joueuse, j’ai remporté 18 titres de champion de Côte d’Ivoire, 22 Coupes nationales et j’ai réalisé 18 fois le doublé.

– Qu’est-ce qui explique cette extraordinaire longévité ?

– J’ai toujours mené une vie de sportive et je conseille cela à mes joueuses. C’est important pour maintenir la forme de compétition et surtout pour se maintenir pendant longtemps au haut niveau.

– Nos dirigeants fédéraux confient de plus en plus les sélections nationales féminines aux femmes. Au football, le sélectionneur national est TOURE Clémentine, au Handball, le sélectionneur national est Mme AKPA Julienne et depuis cette année, le sélectionneur national de volley-ball est votre personne, Mme TALL Hadiaratou. Comment expliquez-vous cette montée en puissance des femmes dans une fonction qui est généralement attribuée aux hommes ?

– Je pense que nos dirigeants sont en train de comprendre que ce sont les femmes qui comprennent mieux leurs sœurs pour mieux les encadrer. La mentalité des femmes est tellement complexe que les hommes ont souvent beaucoup de mal à les entraîner.

– En quoi les femmes sont-elles difficiles à gérer ?

– (Rires…) Monsieur KONE, je m’étonne que vous me demandiez cela ? Je crois savoir que vous n’avez qu’une seule femme. Pourquoi n’en prenez-vous pas deux ? Gérer une femme n’est pas du tout facile. Gérer plusieurs est encore plus compliqué. 

– Si c’est le cas, comment faites-vous pour réaliser le doublé Championnat-Coupe nationale avec l’ASEC Mimosas depuis deux saisons d’affilée et de réussir de belles performances avec les Eléphantes volleyeuses comme récemment au Ghana, où malgré des difficultés de préparation, vous avez terminé 3e derrière le Nigéria et le Ghana ?

– Vous savez, quand j’étais joueuse, à un moment donné, en tant que capitaine, je jouais un peu le rôle d’assistant-coach et j’étais le relais de nos entraîneurs auprès de mes coéquipières. C’est cette expérience du coaching qui m’aide énormément aujourd’hui. Je suis à la fois une maman, une assistante, une confidente, une conseillère et un entraîneur pour mes joueuses. En campant ces différents rôles quand il le faut, j’arrive à les aider et à les motiver mes joueuses à donner le meilleur d’elles-mêmes.

– Qu’est-ce qui a permis à l’ASEC Mimosas de faire la différence et de réaliser le doublé Championnat-Coupe nationale, l’année dernière et cette année ?

– L’ASEC Mimosas, ce n’est pas à moi de le dire, est une véritable légende. Je suis fidèle à ce club parce et je l’aime beaucoup. C’est cette mentalité et cet amour du club que je veux inculquer à mes joueuses. Chaque fois que je suis avec elles, je ne leur parle que de l’ASEC Mimosas. Je leur parle des choses passées qui ont fait la grandeur et la popularité de l’ASEC Mimosas. Sinon, nous n’avons presque rien à leur donner. Le Président DOSSO Tiémoko, le Docteur KOFFI et moi-même ne leur payons que les frais de transport après les entraînements et les matches. C’est de plus en plus l’amour du club qui les motive à ne rien lâcher.

– Par le passé, par manque de moyens, l’ASEC Mimosas volley-ball Dames formait de bonnes joueuses qui la quittaient une fois qu’elles étaient aguerries. Mais ce n’est plus le cas. Depuis quatre ans que vous êtes l’entraîneur de l’équipe, vos joueuses démontrent une étonnante fidélité au club. Quel est votre secret ?

– Je vous l’ai dit tantôt. Quand je suis avec mes joueuses, je leur parle de l’ASEC Mimosas comme si je leur parlais de leur mère. Quand on finit par aimer un club et à le considérer comme sa mère, on a du mal à le quitter. Je suis constamment en contact avec mes joueuses. Je les appelle tous les deux ou trois jours pour échanger avec elles ou ce sont elles qui m’appellent. Je pense que nous conserverons notre effectif durant les 3 ou 4 saisons à venir parce que nos filles n’ont plus la même mentalité que leur devancières.

– Quelles sont vos ambitions sportives aujourd’hui ?

– Mon ambition est d’aller chercher une Coupe d’Afrique des clubs avec l’ASEC Mimosas Dames. Je suis arrivée deux fois très près de la Coupe d’Afrique des clubs sans pouvoir la remporter parce qu’on avait terminé 3es chaque fois. Comme j’aime mon pays autant que j’aime l’ASEC Mimosas, je nourris également l’ambition de remporter une Coupe d’Afrique avec la sélection nationale féminine de volley-ball que j’entraîne depuis cette année.

– Vos joueuses sont-elles suffisamment aguerries pour remporter une Coupe d’Afrique ?

– Pas tout à fait. Mais je pense qu’elles sont en train de s’aguerrir pour la haute compétition. Nous continuons de travailler. Si nous devons participer à une compétition africaine au niveau de l’ASEC Mimosas Dames, il nous faudra renforcer l’équipe avec deux ou trois bonnes joueuses et nous aurons notre mot à dire.

– Quel est votre mot de fin ?

– Nous sommes reconnaissants au PCA pour les décorations à la dernière AGM de l’ASEC Mimosas. Nous le remercions infiniment. S’il peut nous aider à trouver un sponsor, ce serait bien parce que nous faisons ce que nous pouvons pour maintenir notre Section volley-ball en vie, mais nos poches sont de plus en plus trouées. Je vous remercie.

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