On l’appelait Kamikaze

ADJOUKOUA Gaston fait partie des joueurs de sa génération qui portaient le maillot d’un club par amour. Lui a tellement aimé l’ASEC Mimosas qu’il n’a porté que le maillot de ce club aux couleurs jaune et noir. Ce défenseur qui a fait plusieurs come-back, en rechaussant les crampons après avoir pensé, à certains moments, à laisser la place aux jeunes, a expliqué, un jour, pourquoi il était souvent revenu sur ses décisions : «Je n’ai joué qu’à l’ASEC Mimosas, parce que j’aime ce club passionnément. Par moments, il m’était arrivé de penser à arrêter. Mais quand je voyais les jeunes jouer sans engagement, cela me faisait mal au cœur et je reprenais souvent la compétition jusqu’à ce que j’arrête définitivement, en 1988 », confiait-il en privé. ADJOUKOUA Gaston dit Kamikaze était un défenseur combatif, teigneux, offensif qui savait intimider ses adversaires par un jeu rugueux. « Les joueurs camerounais avaient peur de moi. Roger MILLA m’avait dit un jour que je ne jouais pas comme un Ivoirien, mais comme un Camerounais parce que mon jeu était très physique», avait-il confié récemment, lors d’un de ses derniers passages à Sol Béni. 

Kamikaze, un surnom qui lui collait à la peau

 Arrivé à l’ASEC Mimosas à l’âge de 16 ans, ADJOUKOUA Gaston a gravi rapidement les échelons sous l’entraîneur Jean-Baptiste ANZIAN  et aux côtés des aînés comme BAZO Christophe, YORO Alphonse, N’KO Lazare et AKASSOU Akran Jean-Baptiste« A leurs côtés, j’ai beaucoup appris et l’entraîneur de l’équipe première d’alors, ANZIAN Jean-Baptiste est celui qui m’avait marqué le plus parce qu’il était très rigoureux et ne plaisantait pas quand il fallait travailler ».

ADJOUKOUA Gaston s’est vu attribuer le surnom ‘‘Kamikaze’’ qui lui collait à la peau. « C’est moi qui lui ai donné ce surnom. Un jour, lors d’un entraînement à Ono pour la préparation d’un match de Coupe d’Afrique des clubs champions, ADJOUKOUA avait eu un contact très rude avec un coéquipier. Alors que tout le monde le croyait blessé, je suis allé vers lui pour l’aider à se relever. Il s’est relevé sans problème et j’ai dit ceci : ‘‘ça, c’est un vrai Kamikaze”. Le surnom lui est resté», explique YORO Alphonse.

 Le but mystérieux contre l’Asante Kotoko de Kumasi

 Du défenseur combatif, agressif et infranchissable qu’il a été, on retiendra surtout, sa prestation lors d’un match retour de Coupe d’Afrique des clubs champions, en 1976, à Bouaké, contre l’Asante Kotoko de Kumasi des redoutable, Malick JABIR, YAW Sam, Abdul Razak TANKO et autres. Battus 2-1, à l’aller, à Kumasi (Ghana), les Mimosas étaient venus se qualifier (1-0), au retour, à Bouaké. Et c’est ADJOUKOUA Gaston qui avait marqué l’unique but de la partie sur un coup-franc exécuté depuis le côté gauche de son équipe et avant la ligne médiane. « Je me suis toujours demandé comment j’ai pu marquer ce but qui demeure un mystère, mais qui nous avait qualifiés pour le tour suivant». Ce jour-là, si toute l’équipe de l’ASEC Mimosas avait été admirable de courage et de combativité, ADJOUKOUA Gaston l’avait été plus que tous sur le terrain, au point qu’Eugène KACOU, l’un des grands chroniqueurs sportifs de l’époque, avait surnommé le latéral gauche mimosas : « ADJOUKOUA, cœur de lion ».

 Un membre actif de l’AAFAAM

Après sa carrière, ADJOUKOUA Gaston n’a pas rompu les liens avec l’ASEC Mimosas. Il est resté un membre actif de l’Amicale des Anciens Footballeurs et autres Athlètes de l’ASEC Mimosas (AAFAAM) dont il participait aux activités. Kamikaze, devenu un notable de son village Abidjan-Adjamé depuis quelques années, est décédé, dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août dernier, dans ledit village qui l’avait vu naître, il y a 60 ans. Adieu, ADJOUKOUA Gaston! Adieu, Kamikaze! Adieu, Cœur de Lion!

 

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