« J’aime la formation des jeunes footballeurs»

Arrivé à Abidjan, le vendredi 19 juin dernier, pour participer à la troisième édition de la Nuit du Football Africain, Youssouf FOFANA a prolongé son séjour pour assister aux obsèques de son père. Suivez cette interview dans laquelle il a bien voulu nous parler de la 3e NFA, de sa vie actuelle, de ses relations avec le Français Lilian THURAM, mais aussi de l’ASEC Mimosas. 

 Vous êtes à Abidjan depuis bientôt trois semaines. Comment se passe votre séjour au bord de la Lagune Ebrié ?

Tout se passe bien. Je suis arrivé à Abidjan, le vendredi 19 juin dernier, pour participer à la soirée gala de la Nuit du Football Africain initiée par Yves SAWADOGO. J’ai prolongé mon séjour pour assister aux cérémonies du 40e jour du décès de mon père, Falikou FOFANA. Lesdites cérémonies ont lieu, ce jeudi même, dans la cour familiale, à Yopougon Port-Bouët 2.

 Comment avez-vous trouvé la troisième édition de la Nuit du Football Africain qui a encore réuni plusieurs gloires et ex-gloires du football africain telles que vous-mêmes, Alain GOUAMENE, Cyril DOMORAUD, Salif KEITA dit Domingo, Raymond KALLA, Kalusha BWALYA, Jérémie N’Jitap, Noureddine NAYBET, Samuel ETO’O, André AYEW, mais aussi des ex-gloires du football européen comme Claude MAKELELE et Lilian THURAM ?

Je voudrais, tout d’abord, remercier et féliciter le jeune frère Yves SAWADOGO pour avoir eu l’idée d’organiser une telle cérémonie. Outre le fait que la Nuit du Football Africain permet de reconnaître l’apport des anciens footballeurs que nous sommes à l’évolution de ce sport sur le continent, elle nous permet également de nous retrouver pour échanger et fraterniser. Lorsque nous jouions à l’époque, nous défendions tous crânement les couleurs de nos pays respectifs. Mais une fois les matches terminés, nous redevenions des amis et même des frères. Nous nous appelions très souvent et nous gardons encore de très bons rapports. Kalusha BWALYA, Raymond KALLA, Rabah MADJER et moi étions contents de nous retrouver. Ce fut une belle cérémonie. Je souhaite que cette initiative se perpétue et obtienne le soutien dont elle a besoin pour devenir une grande institution.

 Alain GOUAMENE, l’actuel entraîneur de l’ASEC Mimosas et vous-même qui avez tous les deux porté les couleurs de l’ASEC Mimosas et des Eléphants de Côte d’Ivoire, avez reçu chacun un trophée de l’Excellence en reconnaissance de ce que vous avez apporté au football continental et international, puisqu’après, vous avez évolué dans des clubs européens. Qu’est-ce qu’un tel trophée représente pour vous ?

J’ai été très ému en recevant ce trophée. J’étais fier que l’on se souvienne des anciens footballeurs que nous sommes, que l’on se souvienne des joies que nous avons procurées à nos supporters et à nos peuples à travers les victoires que nous avions obtenues. Ces trophées de l’excellence que nous avons reçus Alain GOUAMENE et moi, prouvent bien qu’on ne nous a pas oubliés et cela fait forcément plaisir. Nous sommes heureux également que ces honneurs rejaillissent sur l’ASEC Mimosas puisqu’Alain GOUAMENE et moi-même sommes des enfants de ce club. C’est la preuve que l’ASEC Mimosas est un club de référence qui a formé et qui a compté en son sein des joueurs de référence.

 Vous étiez venu à cette troisième édition de la Nuit du Football Africain avec Lilian THURAM qui a exprimé, à chaque adresse à la presse, toute sa reconnaissance, son admiration et son respect pour votre personne ? Comment tout cela est-il arrivé ?

Les bonnes relations que j’ai avec Lilian THURAM sont nées quand j’évoluais à l’AS Monaco. J’évoluais en équipe professionnelle quand il était au centre de formation. Lorsqu’il avait été promu en équipe professionnelle, il s’était lié à moi. Il me considérait comme son grand frère. Je lui donnais des conseils. Ils étaient plusieurs jeunes du club à qui je donnais des conseils, mais avec THURAM, c’était différent. Lui était beaucoup plus attaché à moi. Il était tout le temps à la maison où il était comme chez lui. Et depuis, nous avons gardé de très bons rapports.

Il dit qu’il mangeait et dormait parfois chez toi ?

C’est vrai. Je vous ai dit que nous étions très proches et qu’il me considérait comme son grand-frère. Plus tard, quand il est devenu le grand joueur qu’on a connu à l’AS Monaco, à Parme, à la Juventus Turin et au Barça, Lilian THURAM n’a jamais rompu les liens avec moi. Il m’appelait régulièrement et il invitait chaque fois ma femme et mes enfants chez lui partout où il avait évolué en Italie, puis en Espagne.

Que fais-tu actuellement en France ?

Je suis en train de passer mes diplômes d’entraîneur de jeunes footballeurs. J’aime la formation et l’encadrement des enfants, j’aime leur apprendre les techniques du métier et les voir progresser. C’est un travail formidable. Mais en attendant, je travaille à mon propre compte. J’encadre de jeunes footballeurs et je les aide, grâce à mon carnet d’adresses, à trouver des clubs.

 Le métier d’entraîneur des équipes professionnelles ne vous intéresse-t-il pas ?

Pas pour le moment. Il ne faut pas sauter les étapes.

 Que pensez-vous du fait que le Président Roger OUEGNIN confie, de plus en plus, l’encadrement technique de l’équipe professionnelle de l’ASEC Mimosas aux anciens joueurs du club ?

Je pense que c’est la meilleure politique que le Président Roger OUEGNIN mène. Parce que les anciens joueurs connaissent bien l’esprit de l’ASEC Mimosas et sa philosophie de jeu. Cela est très important dans la préservation de l’identité sportive d’un club de football. Cette politique lui a toujours donné raison puisque hormis KONAN Yoboué, en 1996 et TRAORE Siaka dit Gigi, en 2013 et en 2014, Eustache MANGLE, ZARE Mamadou, AKA Kouamé et Maxime GOUAMENE ont tous, en tant qu’entraîneurs, conduit l’ASEC Mimosas au titre de champions de Côte d’Ivoire. Je souhaite de tout mon cœur qu’Alain GOUAMENE et ses collaborateurs Lucien KASSY Kouadio et Bakary KONE relèvent ce défi à leur tour et donnent encore raison à Me Roger OUEGNIN. Ce sera, une fois de plus, la preuve que les anciens joueurs du club qui se reconvertissent au métier d’entraîneur de football ont de grandes compétences dans ce domaine.

 Vous avez assisté, au match ASEC Mimosas-JCAT comptant pour les 8es de finale de la Coupe nationale qui a vu la qualification de l’ASEC Mimosas pour les quarts de finale. Quelles impressions le groupe d’Alain GOUAMENE vous a-t-il fait ?

Je ne peux pas juger cette équipe de l’ASEC Mimosas sur un seul match. Elle disputait une rencontre de Coupe nationale qu’il fallait gagner. La manière importait peu. Elle a assuré sa qualification pour les quarts de finale. C’est ce que je retiens en plus du fait qu’elle joue bien et développe de belles actions de jeu.

 Croyez-vous aux chances de l’ASEC Mimosas de remporter la Ligue 1, cette saison ?

Il reste trois matches à jouer pour boucler la Ligue 1. L’ASEC Mimosas est deuxième au classement à trois points derrière l’AS Tanda et avec deux points d’avance sur le SC Gagnoa qui est troisième. Personne ne peut prédire l’issue de ce championnat. Ce que l’ASEC Mimosas doit faire, c’est de gagner tous ses trois derniers matches pour tenter de distancer son poursuivant immédiat qu’est le SC Gagnoa et espérer profiter des faux pas de l’AS Tanda si celle-ci en commet. Si notre équipe réussit cela, elle pourrait terminer deuxième du championnat dans le pire des cas.

 Quel est votre mot de la fin ?

Je souhaite qu’Alain GOUAMENE, Lucien KASSY Kouadio et Bakary KONE remportent surtout la Ligue 1, mais aussi la Coupe nationale, avec l’ASEC Mimosas, cette saison.

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