« Je suis journaliste commentateur de la NBA sur Canal Plus»

DAHO Malick, l’ancien basketteur international, puis entraîneur de la Section basketball de l’ASEC Mimosas, a fini par réaliser son ambition de devenir journaliste. Il est aujourd’hui commentateur de la NBA sur la chaîne cryptée Canal Plus, à Paris. De passage à Abidjan, dans le cadre de la Nuit du Football Africain, il a bien voulu nous livrer ses souvenirs et nous parler de sa vie actuelle. Voici ce qu’il nous a confié.

 Que devenez-vous DAHO Malick ?

Je suis journaliste commentateur de la NBA sur Canal Plus et je travaille en freelance pour divers médias, en France. Il faut dire que j’ai eu la possibilité de reprendre mes études en France et je n’ai pas hésité. Je suis donc diplômé (Master2) de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris-Tolbiac. J’ai toujours aimé ce métier que j’exerçais un peu en Côte d’Ivoire grâce « au printemps de la presse ivoirienne » dans les années 1990. Alors, dès que j’ai eu l’opportunité de me former, je n’ai pas hésité. J’ai aussi mon Brevet d’Etat français d’entraineur de basketball et je travaille sur des conférences pour défendre la cause noire, car la mauvaise lecture de la malédiction de Cham nous a fait beaucoup de mal en tant que Noirs.

Donc, je suis toujours aussi entraineur de basket, responsable technique dans deux clubs de la région parisienne. Je m’occupe des plus jeunes parce que je reste un formateur dans l’âme. J’ai entrainé jusqu’en Nationale 2, mais à un moment donné, j’ai privilégié la famille parce que les longs déplacements tous les weekends, ce n’est pas évident.

En dehors de tout cela, j’ai créé une association humanitaire dont l’objectif est d’aider le basket ivoirien. Bientôt, vous en entendrez parler.

 Vous étiez récemment à Abidjan dans le cadre de la Nuit du Football Africain. Comment avez-vous vécu ce bref séjour dans votre pays, la Côte d’Ivoire que vous avez quitté au début des années 2000 pour la France où vous vivez actuellement ?

Ce fut un séjour frustrant de passer en coup de vent à Abidjan, certes pour le travail, mais sans pouvoir rendre visite aux proches et aux amis. Cela a été difficile pour moi. Mais d’Abidjan, je devais encore partir pour la Namibie pour couvrir une autre cérémonie. Je n’avais pas le choix. Mais je reviendrai sous peu, à mon propre compte, et je pourrai rester plus longtemps. Sinon, j’ai quand même apprécié le séjour et vu ce qui se passe dans cette merveilleuse ville d’Abidjan. J’ai revu avec nostalgie mon fief de Treichville et cela m’a fait plaisir. D’ailleurs, je suis très heureux que l’actuel Ministre des Sports soit un enfant de Treichville !

 Comment avez-vous trouvé cette troisième édition de la Nuit du Football Africain ?

Moi, je suis quelqu’un d’extrêmement positif. Il y a eu des ratés à certains niveaux, et avec mon jeune frère Yves SAWADOGO, l’organisateur  de l’événement, on en a parlé. On aura aussi un débriefing, à Paris, dès qu’il pourra se libérer. Je veux retenir une chose, c’est que cette Nuit du Football Africain, rien que par le fait qu’elle existe, est un symbole fort. C’est un événement qui n’existait pas auparavant. Yves a eu le mérite de le créer.Je crois que nous devons tous l’aider à le pérenniser et à le développer plutôt que de le jalouser et de le combattre. Personnellement, j’ai apprécié ce qui s’est passé et je dis bravo aux organisateurs !

 Qu’est-ce qui avait motivé votre exil en France ?

Je remplacerai le mot «exil» par « départ ». Personne ne m’a obligé à aller en France. Il y a des raisons spirituelles à cela, et puis il y a aussi le fait que j’avais besoin de voir autre chose en termes de méthodes d’entraînement et de management d’une équipe de basket. En Côte d’Ivoire, non seulement j’avais fait le tour de la question, mais j’en avais marre d’être pris pour un rebelle du basket alors que je refusais simplement de transiger sur le fait que des personnes voulaient s’immiscer dans mon domaine de compétence. Pour éviter les histoires inutiles, j’ai préféré partir et je ne le regrette pas.

 Vous avez été l’un des grands basketteurs ivoiriens qui a porté haut les couleurs de l’ASEC Mimosas et des Eléphants de Côte d’Ivoire. Puis vous êtes devenu un entraîneur qui a écrit de belles pages pour l’ASEC Mimosas, vers la fin des années 1990 et au début des années 2000. Que retenez-vous de ces moments-là ?

-Je retiens ce premier titre africain des clubs champions, en 1989. Je retiens le discours de l’Ambassadeur Georges OUEGNIN dans le vestiaire, avant notre match décisif contre le Primeiro de Agosto d’Angola. Je retiens aussi, comme j’aimais le dire à mes amis footballeurs, que je suis le premier capitaine de l’ASEC Mimosas, toutes disciplines confondues, à avoir brandi une Coupe d’Afrique des clubs champions.

En tant que coach, je retiendrai ce premier titre que nous avons remporté en 1996-97, et qui mettait fin à une disette de 7 ans sans titre. On avait réussi le doublé avec une génération de gamins que j’avais pris dès les juniors, comme KOUAME Amem Maurice, Blaise AMALANBIAN, BALLO Mamadou, KEITA Abraham et autres, bien encadrés par Abou BAKAYOKO, et BROU Blaise. Je garde d’excellents souvenirs de l’ASEC Mimosas et on n’aura pas assez de place pour que je les énumère. Grâce à ce club, j’ai connu du beau monde, des relations qui m’ont aidé dans la vie, d’autres qui continuent de me soutenir. L’ASEC Mimosas, pour moi, n’est pas un club, mais une famille ! Je me souviens de cette dame, dans un maquis, en 2000, qui voulait absolument m’offrir un Fanta alors qu’elle n’avait plus rien. Elle a dû emprunter 100f à une amie pour ça, et je ne devais pas refuser sinon elle se serait vexée. C’est ça, l’ASEC Mimosas !

 Et vos mauvais souvenirs ?

Pour les mauvais souvenirs, j’en retiens deux : ma blessure au genou qui a un peu précipité la fin de ma carrière, puis mon limogeage de mon poste d’entraineur pour une histoire à laquelle j’étais totalement étranger. Je veux parler du départ de KEITA Abraham et de DJAHUE Rodrigue aux USA. Les acteurs de ce dossier sont encore en vie. J’espère qu’ils auront le courage de dire à Me Roger OUEGNIN qu’ils lui ont menti sur mon compte. Pour ma part, je leur ai pardonné depuis longtemps.

J’avais une relation très particulière avec Me Roger OUEGNIN, parce que c’est lui seul, alors qu’en 1984 il n’était pas encore Président, qui m’avait offert une somme d’argent lors de ma première sélection en équipe nationale. C’était du temps du Président TOURE Mamadou. Cette relation dérangeait un certain nombre de personnes, alors elles m’ont fait passer à ses yeux pour celui que je ne suis pas afin de détruire les choses. Mais bon, c’est aussi cela la vie.

 Suivez-vous l’actualité sportive de l’ASEC Mimosas.

Grâce à Internet, je m’informe un peu, au quotidien, de ce qui se passe dans la famille. Comme disait feu le Président AHOUA Kanga, on ne devient pas Mimos, on naît Mimos. Je suis très heureux, en tant qu’homme de média, de voir que le club s’est doté d’une radio. C’est vraiment une excellente chose ! J’espère un jour, pouvoir apporter mon aide aux supports médiatiques de l’ASEC Mimosas parce que, sans communication efficace, on ne peut pas se développer. Mes encouragements à tous ceux qui travaillent pour le rayonnement de l’ASEC Mimosas dans les médias.

Quels sont aujourd’hui vos rapports avec l’ASEC Mimosas et le basketball ivoirien ?

 Je n’ai pas de rapports avec la Section basketball de l’ASEC Mimosas parce qu’on m’a dit que ladite section n’existe plus. C’est vraiment dur si cette information est vraie. Maintenant, avec l’association humanitaire que j’ai fondée, je veux aider l’ensemble du basketball ivoirien, à commencer par les ligues de l’intérieur qui souffrent. Donner un coup de main spécifique à la Section basketball de l’ASEC Mimosas, pourquoi pas ! Mais encore une fois, il faut qu’on sache, où on va et comment on y va.

 Quel est votre mot de fin ?

Pour mon mot de fin, je commencerai par adresser mes condoléances aux familles de THIAM Belafonte que j’appelais ‘‘mon papa’’, de GNAHOUA Kpin, de Brahima OUEDRAOGO, de Lamine DJIBO, de YAO Aholou de la Section basketball, de Gérard QUAYRET, de Me KONE Mamadou, de DIENG Ousseynou, en somme aux familles de toutes ces personnes qui ont donné de leur temps, de leur argent, de leur amour à ce club et qui nous ont quittés. Je dis ensuite bravo à Me Roger OUEGNIN et à son Conseil d’Administration pour le travail qu’ils ont abattu jusqu’ici. Mon mot de fin, c’est aussi apporter tout mon soutien à Alain GOUAMENE et à son staff pour permettre à la Section football de l’ASEC Mimosas de faire revivre la belle légende « des enfants s’amusent ». Bravo à toi KONE Ismael, à Clément DIAKITE, à KONE Oumar et à tous vos collaborateurs que je ne connais pas, sans oublier Malolo, même s’il est à la retraite. Mimos un jour, Mimos toujours !

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