« C’est mon père qui m’avait demandé d’arrêter avec l’ASEC Mimosas»

Issu de l’équipe minime du Stella Club, OUATTARA Alassane a poursuivi sa formation à l’ASEC Mimosas où il a gravi tous les échelons avant d’arborer  le maillot des Eléphants de Côte d’Ivoire et du rival, l’Africa Sports. Défenseur teigneux avec un excellent jeu de tête, il a formé une belle paire axiale avec Fallet VILASCO. « Le Salon des Actionnaires» l’a invité dans son 68e numéro. Pendant près d’une heure, l’ex-footballeur a parlé entre autres de son actualité, de son itinéraire et de ses souvenirs, sur RJN, la 1ère radio sportive de Côte d’Ivoire. Nous vous proposons les temps fort de l’émission.

Que devient OUATTARA Alassane ?

Je suis titulaire d’une licence B d’entraîneur de football et j’ai participé à un stage fédéral des entraîneurs destiné aux anciens Eléphants de Sénégal 92. Je suis aujourd’hui entraîneur dans le centre de formation baptisé «Balmerais de Soutra», à Adjamé, camp Gallieni. Le promoteur AHMED Mahamadou est un passionné de football. Il me permet de gérer deux groupes de jeunes, les U15 et les U17. Pour le moment je me débrouille bien et j’aspire à devenir entraîneur d’un club de Ligue 1, comme le sont déjà certains anciens joueurs de ma promotion.

Comment êtes-vous devenu joueur de l’ASEC Mimosas ?

J’ai fait mes débuts dans le football avec l’équipe minime du Stella Club d’Adjamé dans le championnat de la catégorie, à Adjamé (Badjame). C’est là bas que j’ai été repéré par BAMOGO Boukaré, l’un des entraîneurs adjoints actuels de l’Académie MimoSifcom, alors entraîneur des minimes de l’ASEC Mimosas. Ce dernier avait entamé des négociations avec les responsables du Stella Club qui, pour toutes conditions de ma libération, avaient exigé la prise en charge de ma scolarité. Assurance leur avait été donnée par le coach BAMOGO Boukaré et les dirigeants de l’ASEC Mimosas n’y avaient trouvé aucun problème. Avec l’ASEC Mimosas, j’ai gravi les échelons de l’équipe minime jusqu’à atteindre l’équipe senior, en fin d’année 1985. Entre temps, avec FALLET Vilasco, nous formions déjà une paire défensive remarquable depuis l’équipe cadette.

Parlant de FALLET Vilasco, votre duo défensif a beaucoup marqué le public sportif, surtout en arrivant à neutraliser le colosse attaquant nigérian de l’Africa Sports, Rashidi YEKINI (meilleur buteur de Côte d’Ivoire à plusieurs reprises), lors des derbies ASEC –Africa. Révélez-nous votre grand secret pour arrêter le géant Nigérian ? 

Le football se pratique avant tout avec beaucoup d’intelligence. FALLET et moi formions une paire défensive très complémentaire. FALLET était doté d’une grande intelligence de jeu et moi, c’était la pugnacité, la grinta et l’anticipation avec un bon jeu de tête. J’excellais également dans le marquage individuel. Rashidi YEKINI était très solide, costaud et usait de sa force physique en plus d’un bon coup de pied. Nous l’avions bien étudié et mis une stratégie en place qui marchait parfaitement à chaque fois que nous affrontions l’Africa Sports. YEKINI n’a donc jamais pu marquer un but contre l’ASEC Mimosas.

Quel grand souvenir gardez-vous de votre passage à l’ASEC Mimosas?

C’est avec l’ASEC Mimosas que tout a véritablement commencé pour moi. Avec cette équipe, j’ai réussi à me faire remarquer et j’ai été sélectionné en équipe nationale. Je garde de très beaux souvenirs de mon passage à l’ASEC Mimosas. Je continue de revivre ces beaux moments parce que l’ASEC Mimosas reste pour moi une famille.

Pourquoi avez-vous donc quitté l’ASEC Mimosas au milieu des années 1990 pour le club rival, l’Africa Sports ?

J’étais très jeune et je ne prenais pas les décisions, tout seul. Mon père avait une grande emprise sur moi. Un soir, en rentrant des entraînements, j’ai surpris des dirigeants de l’Africa Sports dont DORE Lacina (Président de la section football) et Kaba KONE (Secrétaire Général) chez mon père. Ils y étaient pour lui demander de me convaincre de rejoindre leur équipe. Le lendemain, mon père m’a rencontré et demandé d’arrêter avec l’ASEC Mimosas. A partir de cet instant, j’ai été l’objet, en permanence, de tous les soupçons de la part des dirigeants et encadreurs de l’ASEC Mimosas. Je me rappelle déjà que, durant la saison sportive 1986-1987, avant un match ASEC-Africa, l‘entraîneur Drissa TRAORE (Saboteur) avait décidé de ne pas me retenir pour la mise au vert  à fortiori m’aligner parce que beaucoup n’avait plus confiance en moi. Heureusement, Monsieur Idriss DIALLO qui me faisait entièrement confiance avait réussi à convaincre l’entraîneur et j’avais pu jouer le match. Dieu merci, le match a tourné en notre faveur grâce à mon unique but. Ce jour-là, j’ai été félicité par tous, même par le Président Simplice ZINSOU qui était déjà convaincu de m’avoir recruté. Je suis parti de l’ASEC Mimosas, en 1990, à la suite d’une grave méprise, un fâcheux malentendu avec le Docteur  SANGARET Malick, le médecin du club, à l’époque. Mais, je crois surtout que mon père et les dirigeants de l’Africa Sports avaient passé un accord et je subissais trop de pressions de leur part. J’ai donc  finalement signé à l’Africa Sports.

Avez-vous des regrets d’avoir faire ce choix qui semble-t-il vous a desservi ?

Beaucoup de regrets. Parce que Me Roger OUEGNIN était comme un père pour moi. Il m’appelait souvent à son bureau pour que nous échangions. Je me souviens qu’il me comparait à Basile BOLI. Il me donnait beaucoup de conseils et m’aidait financièrement. Lorsque j’ai signé à l’Africa Sports, j’ai dit beaucoup de choses qu’il n’a certainement jamais digérées. Je vais donc profiter de l’antenne de RJN et du « Salon des Actionnaires » pour présenter toutes mes excuses à lui et aux Actionnaires.

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