« Je reste en attente de confirmations. »

Démarré le lundi 27 avril dernier, le championnat des U20, à deux poules, auquel prend part l’Académie MimoSifcom, était à sa 4e journée, la semaine dernière et l’ASEC Mimosas y était exemptée.
Une occasion pour Julien CHEVALIER (Responsable de la formation à l’Académie MimoSifcom), que nous avons rencontré, de dresser un bilan et de nous entretenir sur les enjeux et l’intérêt de ce championnat.

 Interview

 Quel bilan faites-vous du comportement de vos joueurs en championnat U20 après ces trois premiers matches disputés ?

Je reste très vigilant et en attente de confirmations. Pour le moment, nous avons enchainé les victoires. C’est bien ! Mais, nous n’avons pas eu à forcer notre talent, non plus… Même si nous avons démontré une certaine maitrise collective nous permettant de dominer chacun de nos adversaires, ce fut par séquences, seulement. Je reste sur ma faim concernant la régularité de nos performances sur toute la durée des rencontres. Nous faisons encore, trop souvent preuve de relâchement. Des fautes de concentration et les trop régulières défaillances techniques et mentales qui pourraient être bien plus ennuyeuses à un niveau d’opposition plus élevé.

Trois victoires en trois matches. Peut-on déjà dire que l’ASEC Mimosas n’a pas d’adversaire véritable dans la poule A qu’elle domine déjà ?

Pour le moment, on pourrait être tenté de penser que « oui » ! Mais, quelle fierté peut-on ressentir à se vanter de performances minimales ? Par contre, je connais les jeunes joueurs. Et certains se pensent, en effet, peut-être, déjà très forts… J’ai des images du dernier « vrai défi » que je leur ai proposé. Un match « test », important, perdu la semaine passée. Je peux leur remontrer s’ils ont besoin de redescendre sur terre et qu’on leur rappelle les progrès à faire.

De mon côté, j’attends simplement de voir si nous sommes capables de battre l’ASI, lors de notre prochain match de championnat. J’ai pu déjà observer cette équipe de l’ASI à 2 reprises et cela ne me semble pas impossible de la battre…
Je vous rassure, je ne manque pas d’humilité. Je dis cela, un peu, en espérant qu’ils me lisent pour se motiver. Si cela peut rendre notre match plus intéressant que les précédents, ce sera tant mieux…
Et, puis, j’ai juste dit que c’était possible. Maintenant, la question reste encore de savoir si nous en serons capables, sur le terrain. Je mets mes joueurs au défi de le prouver…

Quels sont les objectifs de l’ASEC Mimosas dans ce championnat ?

Ce championnat ne change rien à notre objectif qui reste intact, même durant les périodes où la Fédération n’organise pas de championnat. Former de jeunes joueurs, qui rêvent de faire de la pratique du football leur futur métier, en essayant de leur inculquer les meilleures bases possible.
On fait en sorte d’offrir à nos jeunes une formation sportive complète et précise, mais aussi un soutien scolaire et social. Tout cela dans des conditions de travail et un confort qui doivent leur permettre de se consacrer à leur progression et leur ambition.

Et, l’exigence de performance, de résultat, de classement, étant des paramètres différenciant le football de haut-niveau et les joueurs professionnels de simples joueurs amateurs ou de loisir, nous avons accepté de participer au championnat, en U20. Nos jeunes auraient pu être frustrés de ne pas pouvoir se confronter aux autres. Et, ça nous change un peu d’aller jouer « à l’extérieur » de Sol Béni (Stade Robert Champroux ou au Parc des Sports). Alors, nous y allions avec l’espoir de préparer nos jeunes à l’exigence de la compétition.

Vous ne participez pourtant pas en catégorie U17…

En effet ! Autant pour nos plus « grands », il me semblait important de ne pas fuir cette compétition. Même si, pour le moment, je dois avouer que je ne perçois pas un intérêt sur le terrain à cela. Les matches amicaux disputés à Sol béni, étaient souvent pas moins relevés. Et, surtout je suis étonné de ne pas vraiment constater une motivation et une implication supérieure des jeunes.
Autant, pour les plus jeunes, les avantages sont bien maigres à participer et j’ai jugé les risques trop élevés. Nous avons donc refusé de prendre part à la compétition en U17. L’expérience de la saison passée avait été décevante. Pas tant par le comportement de nos joueurs… mais, surtout, du fait des influences négatives de cette compétition sur les jeunes joueurs. Ce qui est le cas de nos joueurs, par rapport aux équipes des rencontres que je vais observer chaque week-end. Nous préférons les laisser travailler plus sereinement, et promouvoir les meilleures U16 avec nos U18, s’ils sont prêts et entourés par leurs ainés.

C’est, dommage, mais, les conditions d’organisation mises en place par la fédération et le « flou artistique » entourant ces compétitions les rendent improductives.

Qu’entendez-vous par là ?

C’est un sujet sans fin… tellement, ces compétitions manque de cohérence. C’est bien malheureux qu’une fédération championne d’Afrique ne soit pas capable de mettre en place un meilleur projet que celui-ci !

Je me demande si la réflexion se fonde sur un intérêt sportif, de développement des jeunes ou simplement la volonté de masquer des incompétences et répondre, tardivement et donc inutilement, aux critiques fondées…
Si au moins, ils échangeaient avec les encadreurs concernés, les dirigeants de clubs structurés, on éviterait certaines incohérences.

Un championnat intitulé « U17 » (« Under 17 » = moins de 17 ans), mais dont les règlements autorisent, uniquement les moins de 16 ans, mais joué par des U20 dans la pratique. Et, un championnat « U20 » dans lequel aucun joueur à moins de 20 ans (alors que l’ASEC Mimosas  participe avec ses U18). Comment ces championnats peuvent commencer fin mars, quand la saison officielle commence en Octobre (même si cette année, ce fut en novembre, déjà pour les professionnels) et que les vacances scolaires dans le pays vont bientôt commencer ? Tout cela, après les échéances pour les sélections de jeunes, bien sûr. Ça aurait, peut-être pu aider à de meilleurs performances que celles qu’on a pu suivre s’ils avaient commencé avant. Même si je suis convaincu que ce n’est qu’une mauvaise analyse des difficultés rencontrées. Pour « finir », on va dire, des championnats de jeunes organisés pour des joueurs en âge d’être scolarisés, c’est le cas de nos académiciens et on y tient, qui sont programmés le lundi ou le mardi, et non durant le week-end. 

Si on pouvait m’expliquer la logique de tout ça…

En attendant, on essaye de faire, au mieux, dans ce contexte.

 

Interview réalisée par H.K

 

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