« Elaborer un plan de développement du basketball pour l’ASEC Mimosas»

Basketteur international puis entraîneur de l’ASEC Mimosas, Abass DIOP a participé à l’écriture des plus belles pages du basketball de l’ASEC Mimosas et de la Côte d’Ivoire. Ce spécialiste des trois points au palmarès élogieux et Officier dans l’ordre du mérite sportif est venu retracer sa belle carrière de joueur puis d’entraîneur dans le « Salon des Actionnaires », sur RJN, le samedi 18 avril dernier. Nous vous proposons quelques séquences de ce qu’il a confié à Clément DIAKITE et aux auditeurs de RJN.

Que devient Abbas DIOP ?

J’ai eu la chance de concilier les  études et le sport. Ce qui m’a permis d’être aujourd’hui Assistant d’enseignement supérieur, d’Attaché de recherche et Sous-directeur de la formation des cadres de haut niveau à l’INJS. Je suis également Expert FIBA et Vice-président du Conseil des Entraîneurs de FIBA-Afrique. Je me suis marié en janvier dernier et l’élue de mon cœur se prénomme Yolande.

Comment êtes-vous venu  au Basketball ?

J’ai d’abord été footballeur parce que j’habitais non loin du Stade Robert CHAMPROUX et, avec les amis de quartier, nous avions l’habitude d’y aller jouer. J’ai été joueur à la SOA jusqu’en deuxième division. J’évoluais tantôt en milieu de terrain, tantôt comme défenseur central. Je suis entré au Basketball en 1972 grâce à Alioune FAYE qui m’a présenté à N’GORAN Ignace qui m’a fait la proposition de le suivre au basketball, au Mini-Basket de l’INJS, puis à l’école TSF de Marcory. J’ai ensuite rejoint le milieu fédéral avec l’équipe du Stella Club où j’ai évolué en cadet et j’ai ensuite été propulsé en équipe senior.

Pourquoi avez-vous opté pour l’ASEC Mimosas en 1976 ?

Mes performances au Stella club avaient attiré le regard des meilleurs clubs dont l’ASEC Mimosas et l’Africa Sports. J’ai opté pour l’ASEC Mimosas en 1976, parce que, non seulement toute ma famille était Mimos, mais aussi parce que j’avais une grande sympathie pour le club. J’ai aussi pensé qu’en optant pour l’ASEC Mimosas, je me donnais une plus grande chance d’avoir une brillante carrière.

Comment s’est déroulée votre intégration dans cette équipe ?

J’ai trouvé sur  place de grosses stars telles que DJADJI Clément, SERY Paul dit «Pablo», ELLOH Dingui, MAIGA Alou, BAH Florent et autres. En tant qu’ailier, je m’étais caractérisé par une grande vitesse et une belle technique individuelle  doublée d’un sens élevé de la contre-attaque et d’une grande adresse. Tout cela a grandement joué en ma faveur pour me faire une place dans cette grande équipe de l’ASEC Mimosas. 

 

Grâce à votre talent vous avez signé un long bail de 7 ans avec la sélection nationale avec à la clé, le sacre de 1981, à Mogadiscio. Quels commentaires faites-vous de cette carrière internationale ?

La sélection nationale avait été mise en place depuis 1976. Le sacre de 1981, à Mogadiscio est une suite logique du travail accompli avec le brassage des anciens (BILE Alphonse, ANDOH Jacques et autres) et de la jeune génération que nous étions. Nous avons participé à plusieurs compétitions continentales. Nous avons perdu de justesse plusieurs finales, face notamment au Sénégal. Et nous avons été récompensés de nos efforts à Mogadiscio, en 1981, après une très belle prestation face aux Egyptiens.

Vous  avez écourté votre carrière de joueurs pour des raisons d’études et vous êtes revenu des années plus tard, en tant qu’entraîneur…

Etant un professionnel de sport de métier et  après avoir bénéficié d’une formation d’éducateur sportif, j’ai eu la chance d’aller en France pour faire un DESS de troisième cycle, spécialité basketball. Cela m’a permis, au retour, d’être parmi les cadres ivoiriens du basketball. Et comme les plus anciens étaient déjà allés à la retraite. La relève devait donc être assurée. J’ai donc essayé de prendre ma place en devenant entraîneur de l’ASEC Mimosas.

Quels grands souvenirs gardez-vous de votre carrière de basketteur ?

Je retiens surtout les titres gagnés de hautes luttes, le plus souvent face à l’Africa Sports. Je me souviens qu’une fois, nous étions menés de 15 points d’écart, à 5 minutes du terme d’un match contre l’Africa Sports, en présence des présidents Roger OUEGNIN et Simplice ZINSOU. Le président ZINSOU s’était retiré un moment pour aller chercher son champagne pour faire la fête. Mais à son retour dans les gradins le score avait changé et l’ASEC Mimosas avait pris les devants pour l’emporter.

J’aimerais également à travers ces souvenirs rendre un grand hommage au Président Ali DAHER qui était un dirigeant exceptionnel. C’est lui qui a assuré ma scolarité depuis la classe de 4e jusqu’à l’INJS, parce que mon père était à la retraite. Avec lui, nous ne manquions de rien surtout pas d’équipements sportifs parce qu’il avait un magasin de Sport. Ce genre de mécène ne court plus les rues.

Comment vivez-vous la situation actuelle du basketball à l’ASEC Mimosas ?

Il n’est pas intéressant de voir une équipe qui a remporté deux fois la Coupe d’Afrique des clubs champions dans cette situation. Je proposerais que tous les anciens du club se retrouvent pour parler des problèmes du basketball en général à l’ASEC Mimosas pour voir ce que chacun, à son niveau, peut apporter pour redorer le blason de l’équipe. Aujourd’hui, le sport de haut niveau à des exigences et le bénévolat et l’amateurisme  n’ont  plus leurs places. Il faut pouvoir créer un environnement ou un cadre qui puisse permettre d’attirer des partenaires. Personne n’est sans ignorer que le sport a un coût. Il ne faut donc pas se leurrer. Les résultats du haut niveau sont liés à des engagements et  investissements énormes. Il faut donc repartir avec une bonne base et travailler dans le temps pour mettre sur orbite une bonne équipe. Personnellement,  je compte élaborer un plan de développement comme je le fais souvent au niveau de la  FIBA-Afrique pour remettre la section basketball de l’ASEC Mimosas sur les rails afin qu’elle retrouve ses lettres de noblesse, si vous voulez, son lustre d’antan.

Comment jugez-vous les chances des Eléphants basketteurs logés dans la poule D, à l’Afro-basketball 2015 ?

Lorsqu’on arrive à ce stade de la compétition, toutes les équipes ont des  chances de remporter le tournoi. Mais la Côte d’Ivoire reste un grand pays de basketball. Il appartient aux responsables de la fédération de tirer les leçons de l’édition de 2013 pour mieux gérer celles qui arrivent. Parce qu’au fur et à mesure que nous avançons les défis à relever sont plus nombreux. Il faudrait donc que la Côte d’Ivoire se prépare dans les meilleures conditions pour pouvoir reprendre sa place.

Que pensez- vous de l’équipe de football de l’ASEC Mimosas ?

Je constate que la mobilisation autour de l’équipe a baissé. La force de l’ASEC Mimosas, à l’époque était basée sur cette mobilisation des supporters. Alain GOUAMENE est à sa première année avec l’équipe de football et fait son petit bonhomme de chemin. Il faut lui laisser le temps de faire un bon travail.

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