L’ASEC Mimosas m’a permis d’acquérir une maison »

Intelligent et solide dans le jeu, DOUMBIA Moussa, l’ex-défenseur central mimosas passé par le club rival, est l’un des rares joueurs à avoir bénéficié de la confiance des dirigeants mimosas pour renforcer le groupe de la première promotion de l’Académie MimoSifcom et former une belle équipe de l’ASEC Mimosas de 2002 à 2004. Ce joueur se dit redevable à l’ASEC Mimosas. Reçu dans « Le Salon des Actionnaires », sur RJN, le samedi 21 mars dernier, DOUMBIA Moussa en donne les raisons et évoquer ses bons moments passés dans le club. Extraits de ses échanges avec DIAKITE Clément, le présentateur.

Que devient DOUMTO, comme vous surnommaient les Académiciens ?

Je me débrouille et je ne me plains pas trop de la vie. Je n’ai pas complètement abandonné le football parce que, les week-ends, je joue au Maracana, dans mon quartier.

 

Etes-vous surpris de l’évolution du club après votre visite du site de Sol Béni ?

Oui, je suis agréablement surpris. L’ASEC Mimosas a sorti le grand jeu en bâtissant un grand club. Seulement, j’ai du mal à constater que les résultats sportifs ne suivent pas cette évolution.  Je pense qu’il faut regrouper toutes les forces vives de l’ASEC Mimosas pour aider l’équipe à reprendre le devant de la scène. Nous le devons à l’ASEC Mimosas. Personnellement, ce club m’a permis d’acquérir une maison. C’est pourquoi, je ne cesserai pas de dire merci à Me Roger OUEGNIN.

 Quel a été votre parcours  avant d’arriver à l’ASEC Mimosas ?

J’ai débuté ma carrière, en 1992, avec l’équipe minime du Stella Club d’Adjamé. En 1993, je me suis engagé pour quelques mois avec l’équipe cadette de l’ASEC Mimosas avant de rebrousser chemin au Stella Club où j’ai gravi les différentes étapes pour atteindre l’équipe senior en 1995. J’ai ensuite  passé trois saisons dans cette équipe avant de signer à l’Africa Sports, en 1999. Le bail avec l’Africa Sports a également duré trois saisons. Et j’ai été contacté par l’ASEC Mimosas.

 Comment ce contact a-t-il été établi?

Ce transfert avait fait couler beaucoup d’encre tout simplement parce que, le PCA de l’ASEC Mimosas, Me Roger OUEGNIN, avait lancé le défi, en déclarant qu’il recruterait deux joueurs dans les rangs de l’Africa Sports, l’équipe rivale. J’étais loin d’imaginer que j’étais dans son viseur. Ça n’a pas été facile pour moi de quitter l’Africa Sports parce que ma compagne, une «Amazone », n’était pas consentante. Mais, les propositions alléchantes  de l’ASEC Mimosas ont prévalu sur le renouvellement du contrat que me proposait l’Africa Sports. C’est ainsi que j’ai signé à l’ASEC Mimosas en 2002, sous la direction technique de TRAORE Idrissa dit Saboteur.

Vous êtes apparu comme un homme de défi à l’ASEC Mimosas…

Je suis vraiment quelqu’un qui aime relever les défis. Je pense que la vie est ainsi faite. Je me rappelle que Miguel GAMONDI, le préparateur physique de l’ASEC Mimosas en 2003, m’avait lancé un défi lors d’un derby ASEC-Africa. J’étais remplaçant et je lui avais promis de faire un bon match s’il réussissait à m’accorder du temps de jeu. Nous menions au score lorsque, lui et le coach AKA Kouamé ont décidé de me faire entrer en jeu pour renforcer la défense. Ce jour-là, j’ai évolué en milieu récupérateur avec pour consigne de rester devant la défense. Comme j’avais un défi à relever et que je voulais me faire remarquer, j’ai décidé de monter aux avants postes. J’ai réussi à marquer les esprits en inscrivant le second but de l’ASEC Mimosas qui l’a emporté (2-0). Si le score était resté inchangé, je serais passé inaperçu.

 Quel bon souvenir gardez-vous de votre passage à l’ASEC Mimosas ?

Je me rappelle que j’ai été l’un des grands artisans du titre de champion de Côte d’Ivoire en 2003, grâce à mon but égalisateur face au Sabé Sport de Bouna (1-1). Cette égalisation avait permis à l’ASEC Mimosas d’entretenir l’espoir. Et au cours de l’Assemblée Générale du club, le PCA Me Roger OUEGNIN avait déclaré devant les Actionnaires, avoir la ferme conviction que cette égalisation allait permettre à l’ASEC Mimosas de décrocher son 19e titre de champion de Côte d’Ivoire. Ce qui a été le cas, avec une longueur d’avance sur l’Africa Sports. Cela a été une grande fierté pour moi.

 Que peut-on retenir comme mauvais souvenir ?

Parlant de mauvais souvenir, je vais vous relater un incident grave.

Le 2 septembre 2003, lors d’un match décisif de la 4e journée en retard de la Superdivision, nous avons été battus (1-0) par le Stade d’Abidjan. Et à la sortie du terrain, j’ai du foncer, à bord de ma voiture, sur des supporters furieux pour me frayer un chemin. Malheureusement deux supporters ont été blessés. Quelques temps après, de  retour d’un voyage à Yamoussoukro, sur invitation des Actionnaires, j’ai fait une sortie de route et je m’en suis sorti avec deux côtes cassées et l’os du cou fracturé. Evacué à l’hôpital Félix HOUPHOUËT-BOIGNY d’Abobo, imaginez qui sera mon sauveur? L’un des supporters que j’avais percuté à la sortie du Stade FHB. Ce dernier, un médecin, est venu vers moi et m’a dit ceci : «Me reconnaissez-vous ?», «non», j’ai répondu. Et il m’a dit : «Je suis l’une de tes victimes du Stade FHB ». Sans doute pour me taquiner, il a ajouté ceci: « Je vais t’administrer une injection avec de l’eau naturelle». Naturellement, il a accompli son devoir de médecin en tout responsabilité en me sauvant la vie. Cela est une vraie leçon de la vie. Je regrette beaucoup cet épisode de ma vie et je ne cesserai jamais de présenter mes excuses à aux personnes que j’ai pu offenser.

 Quel a été votre parcours après l’ASEC Mimosas ?

J’ai quitté l’ASEC Mimosas en 2004 parce que je ne rentrais pas dans les plans de l’entraîneur Patrick LIEWIG qui avait pris les rênes techniques de l’équipe en 2004. Après cinq mois d’inactivité, j’ai été contacté par le coach ZARE Mamadou pour rejoindre le club d’Issia Wazi. J’ai effectué deux saisons avec les Indomptables avant de rejoindre la Société Omnisport de l’Armée. Là, également, j’ai passé deux saisons avant de me rendre en Arabie Saoudite pour donner une nouvelle orientation à ma carrière. Malheureusement,  je n’ai fait qu’une dizaine de jours là bas parce que, l’encadrement technique avait changé quelques jours seulement après mon arrivée et le nouvel entraîneur avait dans ses bras des joueurs brésiliens qui ont été privilégiés. Je suis donc rentré à Abidjan et j’ai décidé de mettre un terme à ma carrière de footballeur.

 Avez-vous des regrets ?

Oui. Un tout petit peu. Parce que je n’ai pas atteint l’objectif souhaité qui était d’évoluer au plus haut niveau, en Europe. Mais tout est la volonté de Dieu. Il faut l’accepter.

 Quel conseil donneriez-vous à vos cadets, aujourd’hui, pour se construire une bonne carrière ?

Il est vrai qu’après le sport, on doit chercher à se détendre. Cela est possible et peut se faire en évitant les maquis et les bars, parce que l’alcool et le sport ne font pas bon ménage. Pour être un footballeur de haut niveau, il faut également éviter d’avoir plusieurs compagnes.

Croyez-vous aux chances de qualifications de l’ASEC Mimosas pour les 8es de finale de la Coupe de la Confédérations?

Oui. Ce sera très difficile, mais pas impossible. Les joueurs doivent être gonflés à bloc et n’avoir en tête que la qualification. J’adresse mes encouragements à l’équipe et je lui souhaite bonne chance.

 

LAISSER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

12 + quatorze =