« L’ASEC Mimosas est ma famille et ma maison »

Sa timidité hors du terrain contrastait  avec sa vivacité et sa rapidité sur les stades. Un pied gauche magique, Youssouf Falikou FOFANA, ‘‘l’enfant de Mankono’’ ou encore ‘‘le Diamant noir’’, car c’est bien de lui qu’il s’agit, a créé beaucoup de misères aux défenses adverses dans sa carrière qui l’a conduit de l’ASEC Mimosas en Arabie Saoudite en passant pas la France et la Turquie. Ce phénomène des stades a été le 64e invité de l’émission « Le Salon des Actionnaires », sur  RJN. Nous vous proposons des extraits de ces échanges avec le présentateur Clément DIAKITE.

Que devient Youssouf FOFANA ?

Après les événements que nous avons connus ici, en Côte d’Ivoire, j’ai rejoint ma famille en France.  Je me porte bien et je continue à faire mes petites affaires.

Après votre carrière de footballeur professionnel en 1997, vous avez fait un retour à l’ASEC Mimosas. A quoi répondait ce come-back ?

L’ASEC Mimosas est ma famille et ma maison. Il était important pour moi de venir partager mon expérience avec mon club formateur qui est à la base de ce que je suis devenu aujourd’hui. Après ma carrière de joueur, j’ai donc exercé aux côtés de Jean-Marc GUILLOU, à l’Académie MimoSifcom avant d’être nommé, sur proposition du PCA Me Roger OUEGNIN, au Conseil d’Administration de l’ASEC Mimosas en qualité de Directeur Sportif. Les choses se sont évidemment bien déroulées.

 

Très jeune, vous avez intégré les rangs de l’ASEC Mimosas…

Exactement ! Tout a commencé dans les années 1970, au quartier Ebrié d’Adjamé. Comme tous les enfants de cette époque, nous aimions jouer au Maracaña, dans la rue. J’avais à peine 8 ans et je jouais en défense. On me surnommait d’ailleurs «Général AKRAN », allusion faite à mon jeu similaire à celui d’AKRAN Jean-Baptiste, le défenseur central de l’ASEC Mimosas. Parmi mes camarades de quartier, il y avait deux frères de GUEHASSA Paul, l’ancien défenseur central mimosas qui étaient pensionnaires de l’école de football de l’ASEC Mimosas. Ces derniers m’ont invité à une séance d’entraînement. J’ai répondu en prenant part à l’une de leur séance et l’encadrement technique dirigé par le Français DELORME m’a trouvé des qualités. C’est de là que tout est parti. J’y suis resté et j’évoluais au poste de défenseur.

 

Comment êtes-vous devenu ailier gauche alors?

La transformation a été opérée au cours d’un match amical. Ce jour-là, il y avait un déficit de joueurs en milieu de terrain. On m’a donc demandé de monter d’un cran. Et ainsi de suite, comme cela se passait de mieux en mieux, je me suis retrouvé à gauche de l’attaque où je me suis enraciné.

 

A l’âge de 14 ans déjà, vous avez été surclassé et vous étiez parmi les joueurs convoqués pour un match contre le Canon de Yaoundé, au Stade FHB. Racontez nous un peu cette aventure. 

C’était un moment mémorable pour moi. Déjà, à cet âge, je participais à ma première sélection avec l’équipe senior, devant un public bondé du Stade FHB. Je n’ai malheureusement pas été aligné, bien que faisant partie du groupe. Ce sont plutôt N’DIAYE Aboubacar et KASSY Kouadio Lucien qui avaient pris part au match. Mais c’était une réelle satisfaction et un véritable honneur pour moi d’être aux côtés de mes aînés et devanciers.

 

Youssouf FOFANA est devenu par la suite un phénomène au point d’être convoité par des clubs européens. Comment s’est déroulé votre transfert à l’AS Cannes qui avait fait couler beaucoup d’encre et de salive ?

A cette époque et contrairement à ce qui se voit aujourd’hui, le professionnalisme n’était pas un objectif pour nous. Nous prenions plaisir à jouer et continuions de suivre nos études. Les transactions se faisaient entre les clubs, à notre insu. La mienne a suscité des remous entre Jean-Marc GUILLOU (le représentant du club cannais) et les dirigeants de l’ASEC Mimosas, notamment le président Francis OUEGNIN alors Président de la Section football. J’ai néanmoins été transféré à l’AS Cannes, alors que je n’étais pas vraiment préparer à ça. Vu les problèmes liés à mon transfert, j’ai été accompagné en France par Me Roger OUEGNIN qui venait d’être nommé Conseiller juridique de l’ASEC Mimosas. C’est après le départ de ce dernier que j’ai vraiment réalisé que je changeais de monde et que je commençais une nouvelle vie. Les débuts ont été très difficiles. J’ai même voulu abdiquer et rentrer sur Abidjan au bout d’une semaine.

Quelles étaient les difficultés rencontrées ?

Il y avait entre autres, en plus du grand froid, l’enchaînement des séances entraînements. A Abidjan, nous nous entraînions trois fois dans la semaine et disputions les matches les dimanches. Alors que là- bas, je devais m’entraîner deux fois par jour, jusqu’à la veille des matches. Mais avec le soutien des uns et des autres et surtout de Lamine N’DIAYE (ex-entraîneur du TP Mazembé), un Sénégalais qui m’a accueilli chez lui, j’ai pris confiance et réussi à m’en sortir. J’ai participé à mon premier match  AS Cannes-Louhans-Cuiseaux, le 13 octobre 1984. J’ai inscrit de la tête, mon premier but. Le bail avec l’AS Cannes n’a duré que six mois parce que j’étais très sollicité.

De l’AS Cannes, vous avez signé à l’AS Monaco où votre carrière a pris une autre dimension. Comment avez-vous rejoint ce club ?

Seulement après une semaine de vacances à Abidjan, j’ai été rappelé pour rentrer en urgence à Cannes parce que je devais signer un contrat en faveur de l’AS Monaco. Après la signature de ce nouveau contrat, je suis revenu sur Cannes où j’ai entamé la préparation de la nouvelle saison avec l’AS Cannes parce que l’AS Monaco n’avait pas encore débuté sa préparation. J’ai donc rejoint le club monégasque quelques semaines plus tard dans une excellente forme. J’y suis resté pendant plus de huit ans. Dans la Principauté, j’ai connu un franc succès.

Quel a été votre plus grand souvenir dans le club monégasque ?

J’ai vécu de très grands moments avec l’AS Monaco malgré les blessures musculaires à répétition. Le match contre le FC Bruges a beaucoup marqué l’opinion sportive parce que l’AS Monaco n’avait jamais dépassé les 8es de finale d’une compétition européenne. Nous l’avions réussi avec la manière. Nous avions battu le FC Bruges sur le score de 6 buts à 1 et j’avais été l’homme du match avec à la clé trois buts inscrits.

Après Monaco, vous conviendrez que votre parcours n’a plus été reluisant…

Lorsque j’ai quitté l’AS Monaco en 1993 pour rejoindre les Girondins de Bordeaux, j’étais blessé. La première saison a été difficile. Mais la seconde a été acceptable et au terme de laquelle, j’ai quitté la France pour la Turquie, au club Karsiyaka, pour un contrat de six mois. J’ai enfin terminé ma carrière de footballeur en Arabie Saoudite, avec le club Al Nassr Riyadh, en 1997.

Beaucoup de joueurs de votre génération se sont reconvertis au métier d’entraîneur. Qu’en est-il, vous concernant ?

Etre entraîneur ! Pourquoi pas. Mais je suis plutôt tenté par l’encadrement des jeunes joueurs. Si je dois exercer dans ce métier, ce sera sûrement comme formateur à l’Académie MimoSifcom.

 

Retranscription: H.KONE

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