« L’ASEC ne finira pas de nous surprendre »

De par son intelligence, sa ténacité et sa grande rigueur défensive, l’ex défenseur central international de l’ASEC Mimosas (de 1997 à 2000), vainqueur de  la Ligue des champions, en 1998, KOUASSI Koffi Blaise aura marqué de son empreinte le football ivoirien avant de mener une carrière professionnelle qui l’a conduit en France et aux Emirats Arabes Unis. Le joueur a été reçu par Clément DIAKITE, dans « Le Salon des Actionnaires » de RJN, le samedi 7 mars  dernier. Morceaux choisis.

Comment a débuté votre carrière de footballeur ?

J’ai commencé à l’Abidjan Université Club (AUC) par le biais d’un grand-frère de quartier du nom d’ABBOH Appolinaire. Nous jouions ensemble, au maracana, au complexe sportif d’Adjamé. Ce dernier était un ancien de l’équipe de l’AUC. Il m’a proposé de rejoindre l’équipe universitaire vu mon talent. C’est ainsi qu’avec les encouragements et l’aide d’un ami de quartier qui se prénomme Alain et qui m’a prêté une paire de basket,  je suis allé passer le test au Stade de l’Université de Cocody, auprès des entraîneurs KONE Lacina (Pereira) et KONE Yaya Toutou. Le premier test a été concluant et un rendez-vous m’a été donné pour un deuxième test. Mais, cette fois, mes encadreurs m’ont exigé une paire de magre. Cela devenait compliqué parce que je n’avais pas assez de moyen pour m’en procurer. Par la grâce de Dieu et quelques jours avant le rendez-vous du deuxième test, lors d’une promenade, j’ai ramassé la somme de 3500f CFA. Avec ce montant, j’ai pu contacter un autre grand frère, Amidou, qui a accepté de me céder sa paire de magre que lui avait offert son frère ainé. Je me suis donc rendu au deuxième test qui s’est avéré concluant. Et j’ai donc intégré l’équipe junior de l’AUC. Le bail a duré une saison.

Quel a été votre parcours avant d’atterrir à l’ASEC Mimosas ?

Après l’AUC, j’ai été recruté par le coach BAMOGO Boukaré (actuellement en fonction à l’Académie MimoSifcom). Il venait de prendre en main les rênes techniques de l’équipe burkinabé du Rail Club de Kadiogo (RCK) où j’ai également passé une saison. Lorsque je suis rentré en Côte d’Ivoire, j’ai effectué un essai à Bouna à la suite duquel, je me suis retrouvé à San Pedro, où je n’ai pu signer une licence. Entre temps, la JCAT (L2) qui me voulait a réussi à m’enrôler par l’intermédiaire d’une tante. De la JCAT, j’ai ensuite atterri à l’AS Divo avec le coach TIMITE Vasouleymane.

Comment de l’AS Divo vous vous êtes retrouvé à l’ASEC Mimosas ?

Lors de mes vacances, en 1997, à Adjamé, j’ai été proposé au coach ZARE Mamadou par un ami qui était l’un de ses frères. ZARE Mamadou m’avait donné rendez-vous à Sol Béni où j’avais pris part à un match amical contre l’équipe espoir. J’ai fait équipe avec les Sam ABOUO, AKASSOU Ghislain, DAO Lacina et autres. J’ai joué une mi-temps, à gauche d’une défense à trois et la seconde mi-temps, j’ai été repositionné au centre de cette défense. Je pense que ma prestation a été appréciée par ZARE Mamadou et Jean-Marc GUILLOU. Quelques jours après, j’ai été reçu par le Président Roger OUEGNIN pour signer un contrat à l’ASEC Mimosas. Voici comment je suis devenu joueur de l’ASEC Mimosas.

Comment avez-vous réussi à vous faire une place dans cette équipe de l’ASEC Mimosas qui regorgeait de grands talents ?

Au départ, c’est vrai que je me posais la même question. Je me rappelle que l’équipe avait effectué un déplacement à Bouaké dans le cadre des 8es de finale de la Coupe de la Fédération, contre l’Africa Sports. Et GBAHOU Jean-Marie a été indisponible au dernier moment. J’ai donc été titularisé, pour mon premier match officiel avec l’ASEC Mimosas, aux côtés d’AKASSOU Ghislain qui m’a beaucoup facilité la tâche. Nous avons malheureusement perdu sur le score de 2 buts à 1. Mais ce jour-là, ma prestation avait été appréciée de tous et cela m’avait valu une place dans l’équipe.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué pendant votre carrière à l’ASEC Mimosas ?

Hormis les succès en championnat et les trophées remportés, j’ai été beaucoup marqué par la joie de vivre à Sol Béni. Il y avait vraiment une très bonne ambiance avec des joueurs comme KALOU Bonaventure, DIOMANDE Ibrahim, BOTY Bi Irié Charles, SYLLA Zakaria et les entraîneurs Oscar FULLONE, ZARE Mamadou et AKA Kouamé. Le club est resté gravé dans mon cœur.

Que retenez-vous de votre victoire en finale de la Ligue des champions en 1998 ?

C’était quelque chose d’énorme. Nous nous sommes retrouvés chez le Président de la République d’alors SEM. Henri KONAN BEDIE et nous avons été décorés. Après cela, nous avons été  reçus par les Actionnaires à Treichville qui nous ont offert de nombreux présents. Je suis vraiment ému en me remémorant ces beaux et grands souvenirs. C’était tout simplement formidable et inoubliable.

Vous souvenez-vous de votre premier match avec les Eléphants de Côte d’Ivoire ?

Oui, c’était en 1998, contre l’équipe d’Angola que nous avons battue (2 – 4). J’ai évolué au poste de latéral gauche. Et c’était une transition entre les anciens, Alain GOUAMENE, DIABY Sékana, TIEHI Joël et autres et nous, les nouveaux. Nous avons beaucoup appris auprès de ces derniers. C’est d’ailleurs ce qui nous a permis de mener une bonne carrière avec la sélection nationale.

Vous étiez de la campagne de la première Coupe du Monde de la Côte d’Ivoire en 2006, en Allemagne. Comment avez-vous vécu cela ?

Je pourrai dire que j’ai participé à une phase finale de Coupe du monde. C’est le couronnement d’une carrière bien remplie. C’est une grande fierté pour moi. Oui, je l’ai fait.

Avant le mondial, vous avez participé  à la CAN 2006, en Egypte, perdue pendant la séance des tirs au but face  aux Pharaons. Quels étaient vos sentiments ?

Nous sommes sortis de cette CAN avec beaucoup d’amertume. TIZIE Jean-Jacques, Cyril DOMORAUD, KALOU Bonaventure et moi-même étions les anciens de l’équipe. Nous avions à cœur de remporter cette compétition pour ensuite prendre notre retraite en beauté. Malheureusement nous n’avons pas eu gain de cause. Aujourd’hui, nos cadets viennent de la remporter et cela est un ouf de soulagement parce qu’il y a longtemps que nous attendions ce moment.

Que vous inspire  Sol Béni aujourd’hui?

A notre époque, Sol Béni n’était pas ce qu’il est aujourd’hui, avec des bureaux, un hôtel et une radio. L’ASEC Mimosas est dans l’évolution du temps et elle ne finira pas de surprendre avec le PCA Me Roger OUEGNIN. Je suis tout heureux d’avoir fait partie de cette famille jaune et noir qui continue de faire la fierté de la Côte d’Ivoire.

Quels sont vos rapports avec le club mimosas et ses  dirigeants?

Je regarde de loin le club. Mais ces derniers temps, je suis un peu fréquent à Sol Béni pour discuter souvent avec le coach Alain GOUAMENE qui est une personne que j’estime beaucoup.

Quels sont vos jugements sur l’équipe actuelle de l’ASEC Mimosas ?

Je trouve dommage que les stades soient vides malgré le spectacle produit par nos jeunes frères. Les joueurs ont un bon niveau. J’ai assisté au dernier derby ASEC-Africa qui, pour moi, a été d’un niveau irréprochable. Les joueurs ont besoin de spectateurs pour faire du spectacle. A l’époque, nous gagnions des matches parce que nous étions galvanisés par notre formidable public qui nous poussait à aller arracher la victoire. Je pense qu’il faut revoir la méthode de remobilisation pour faire revenir les Actionnaires.

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