« Je fais de la plongée sous-marine »

Porte-flambeau de la Section natation et planche à voile de l’ASEC Mimosas, KORA Ibrahim a remporté plusieurs distinctions individuelles et collectives pour son club. Plusieurs années après qu’il a arrêté la compétition, il revient sur sa carrière et nous raconte sa nouvelle vie.

Que devenez-vous ?

Je suis un agent de la SOTRA depuis 2002. Je fais la plongée sous-marine. Je travaille au service armement chargé de la récupération des épaves et des corps étrangers dans la lagune pour éviter que ces objets endommagent les coques et les hélices des bateaux.

 On peut donc dire que la natation vous sert à quelque chose aujourd’hui ?

C’est vrai, puisque le sauvetage et la plongée sous-marine font partie de la natation. Et c’est ce que je fais en ce moment au service armement de la SOTRA.

Comment êtes-vous venu à la natation ?

C’est depuis l’école primaire que tout est parti. J’étais au CE2, à l’Ecole Régionale de Treichville. Deux fois par semaine, notre instituteur nous emmenait à la Piscine d’Etat de Treichville pour des cours de natation dans le cadre de notre éducation physique et sportive. C’est comme ça que j’ai pris goût à la natation. Je suis arrivé à l’ASEC Mimosas grâce à l’un de nos instituteurs qui s’appelait Papa Fidèl. Il était membre de la Section natation de l’ASEC Mimosas. C’est lui qui m’avait fait intégrer la Section natation et planche à voile du club, en minimes. A l’âge de 13 ans, quand j’étais en 5e, la Section natation de l’ASEC Mimosas nous avait inscrits au Collège Moderne de Bingerville. Nous y suivions un programme de sport et études. Parce qu’à Bingerville, il y avait une piscine pour nos entraînements. J’y suis resté quatre ans.

 La Fédération Ivoirienne de Natation et Sauvetage comptait de grosses écuries comme l’ASEC-SIFCA, l’AS Blohorn, la SAGA-CI et l’AS Sitram. Chaque écurie avait ses nageurs vedettes. Vous étiez le porte-étendard de l’ASEC-SIFCA. Que vous rappellent ces moments-là ?

Cela réveille en moi de grandes émotions. Pendant que je défendais les couleurs de l’ASEC-SIFCA, mon frère KORA Aboubacar défendait celles de la SAGA-CI. SEMBENE Ousmane était le nageur vedette de l’AS Blohorn avant d’être débauché par l’ASEC-SIFCA. A la SITRAM, il y avait TAGRO Guy Charles et TOME Siaka. Il existait une saine rivalité entre nous. Nos encadreurs respectifs nous préparaient bien techniquement, physiquement, mentalement et nous motivaient à relever les défis sportifs tous les week-ends. Nos familles aussi venaient nous soutenir à la Piscine d’Etat de Treichville et cela décuplait notre motivation.

 Quelle était votre spécialité en natation ?

J’excellais dans la brasse, mais je tirais aussi mon épingle du jeu dans les autres exercices

 Quelles sont les distinctions significatives de votre carrière ?

J’ai été meilleur cadet en 1991 et champion de Côte d’Ivoire de la catégorie, la même année. J’ai été meilleur junior l’année suivante. J’ai décroché le titre de champion d’Afrique, en 1992, à Casablanca, au Maroc. Et puis, alors que la SIFCA nous avait fait partir en Stage, en France, j’ai pu participer au championnat national local. Nous avons fait une bonne impression durant cette compétition. Cela avait fait plaisir à Jack BARBIER, le Président de la Section et à Yves LAMBELIN, notre parrain.

 Quels sont vos plus beaux souvenirs sportifs ?

C’est mon titre de champion d’Afrique au Maroc, en 1992. J’étais junior. Mais dans ce championnat qui était celui des seniors, j’avais réussi à décrocher le titre de champion d’Afrique. C’était incroyable et merveilleux. Je représentais la Côte d’Ivoire et j’étais fier d’obtenir l’or pour mon pays. Je garde également un beau souvenir de ma participation au championnat de France.

 Et votre mauvais souvenir ?

C’est quand j’ai arrêté la natation, en 2000, parce que la Section natation et planche à voile de l’ASEC Mimosas n’avait plus les moyens de nous encadrer comme elle l’avait fait jusque-là. Tonton Jack BARBIER venait de se retirer. M. Yves LAMBELIN n’avait plus le temps de s’occuper de l’ASEC-SIFCA. Le président qui avait succédé a Jack BARBIER ne disposait pas de moyens financiers conséquents. Malgré tout nous acceptions les sacrifices par passion pour l’ASEC Mimosas et pour la natation. Mais la Section a fini par cesser ses activités.

Fréquentez-vous toujours le milieu de la natation ?

Non. Les activités de la Fédération Ivoirienne de Natation et Sauvetage (FINS) sont en veilleuse. Il n’y a plus de compétition, plus de club. Il n’y a plus rien à la Piscine d’Etat de Treichville.

Qu’est-ce qui vous avait marqué à l’ASEC-SIFCA ?

C’était l’amour et l’altruisme qui caractérisaient les Présidents Yves LAMBELIN et Jack BARBIER. Yves LAMBELIN nous traitait comme ses propres enfants. C’est lui qui nous avait assurés une bonne éducation. Il s’occupait de nous et de nos études. Je n’oublierai jamais ces deux hommes. La mort de M. Yves LAMBELIN m’a fait très mal. Je l’avais rencontré quelques mois avant sa disparition. Il avait des projets pour moi. Malheureusement, il n’a pas survécu à la terrible crise qui a secoué le pays.

 Votre mot de fin ?

Je remercie ASEC Mimosas Magazine de s’être souvenu de moi et de m’ouvrir ses colonnes après tant d’années. C’est la preuve que ce que nous avons fait pour l’ASEC Mimosas, à notre humble niveau, n’a pas été oublié. Je souhaite que Dieu accorde la santé au PCA, Me Roger OUEGNIN et surtout qu’il lui donne les moyens de relancer les autres sections du club comme celle de la natation. Je souhaite aussi que la FINS relance ses activités pour le bonheur de tous ceux qui aiment la natation. Je profite de l’occasion pour souhaiter une bonne et heureuse année 2015, à tous les Actionnaires et à toute la Côte d’Ivoire.

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