« L’ASEC est une famille qu’on ne peut pas oublier »

Né le 9 novembre 1954, à Issia, Pascal GNAZEBO a évolué à l’ASEC Mimosas de 1974 à 1980. Cet Adjudant chef-major de la gendarmerie, à la retraite, était un défenseur polyvalent qui savait mouiller le maillot jaune et noir. C’est à juste titre qu’il était l’invité du 57e numéro  du « Salon des Actionnaires », sur RJN. Morceaux choisis de ses échanges avec Clément DIAKITE, l’animateur de l’émission.

Que devient Pascal GNAZEBO ?

Je suis à la retraite depuis 2009, après 35ans de service à la gendarmerie. Alors que j’étais entraîneur d’Issia Wazi en 2011, j’ai été cloué au lit pendant plus d’un an. Aujourd’hui, par la grâce de Dieu, je vais bien et je fais ce que je peux avec l’aide d’un ami que je ne citerai pas. J’exerce toujours dans le métier d’entraîneur de football, à un certain niveau. J’ai des propositions et des sollicitations à l’étude.

Comment êtes-vous arrivé à l’ASEC Mimosas ?

Je rends tout d’abord hommage au Général TOUVOLY Bi Zogbo qui m’a donné l’amour du football de haut niveau. En 1974, alors que je travaillais à l’UTEXI, j’évoluais également au N’Zi Sport de Dimbokro. Le Général m’a alors donné l’occasion de me rendre à Abidjan et de passer le concours de la Gendarmerie. Etant élève gendarme, je me suis fait remarqué par les instructeurs pendant les activités sportives. J’ai donc été invité par le Colonel KRAIDY, Commandant de l’École de Gendarmerie, à rejoindre l’équipe de l’ASEC Mimosas qui s’entraînait à l’Ecole de la Gendarmerie. ANZIAN Jean-Baptiste qui en était l’entraîneur principal m’a aussitôt fait intégrer l’équipe et m’a confié à SYLLA Mamadou dit Bab (ndrl, l’entraîneur des cadets et juniors).

 Comment se sont déroulés les premiers contacts avec le groupe ?

Avant d’intégrer l’ASEC Mimosas, j’admirais déjà des joueurs comme Jean-Baptiste AKRAN qui étaient des monuments. Me retrouvant en face de ces icônes, j’avais ce sentiment de fierté de me surpasser pour réussir à leurs côtés. Je n’ai donc pas été intimidé et je me donnais à fond pendant les séances d’entraînement. Le week-end qui a suivi, j’ai été convoqué, avec des amis tels que TCHIKA Casimir, SERY Ablé Laurent, IRIE Bi Gohi « Tostao», N’DEDE Fulgence dit «Boanga la Vipère» et autres,  pour un match des réserves au Stade Robert Champroux face à l’Africa Sport. Ça été un début réussi puisque nous l’avons emporté sur le score de 3 buts à 1.

 Avec ces amis cités plus haut, l’ASEC Mimosas regorgeait de beaucoup de gendarmes. Etait-ce, parce que le Ministre de la défense d’alors, M’Bahia Blé Kouadio était également dirigeant de l’ASEC Mimosas ?

Certains feront bien le raccourci. Moi, j’étais gendarme avant d’être joueur de l’ASEC Mimosas. Je n’ai pas de grandes explications à donner mais une chose est sûre, je suis heureux et fier d’appartenir à la famille de l’ASEC Mimosas.

 Que représente l’ASEC Mimosas pour vous ?

L’ASEC Mimosas est une famille qu’on ne doit pas et qu’on ne peut oublier. Pour nous qui aimons l’ASEC Mimosas de tout notre poids, nous savons que nous devons beaucoup à ce club. Au bon vieux temps, il suffisait de jouer deux à quatre matches avec l’ASEC Mimosas, au Stade FHB pour que toutes les portes s’ouvrent à toi. Dès lors, tu n’es plus n’importe qui. Et cela te suit durant toute ta vie.

 Quel a été votre itinéraire après votre départ de l’ASEC Mimosas en 1980 ?

Après l’ASEC Mimosas, j’ai atterri à la SOA où j’ai fait toutes les classes (footballeur, entraîneur adjoint, entraîneur principal, Directeur sportif). Là aussi, j’ai donné ce que je pouvais. En tant qu’entraîneur, je n’ai pas souvent été compris parce que j’avais des principes qui ne plaisaient pas à tous, surtout pas chez des Militaires où la hiérarchie du grade est simplement respectée.

 Quel est le souvenir inoubliable que vous retenez de votre passage à l’ASEC Mimosas ?

Je garderai toujours en mémoire mon premier déplacement avec l’ASEC Mimosas, en 1975, en train, dans les Wagon-lits. Nous sommes allés préparer la saison 1975-1976, au Burkina Faso (Bobodioulasso et Ouagadougou). Le voyage s’est superbement déroulé et nous avons fait une très bonne saison à la suite de cette préparation. Cela m’a vraiment marqué. J’en ai bien d’autres comme le déplacement à Conakry en 1976, pendant lequel nous avons été reçus, avant et après le match, par le chef d’Etat, le Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY.

 Quel est votre pire souvenir ?

Cela m’emmène à expliquer comment et pourquoi j’ai quitté l’ASEC Mimosas. Nous nous entraînions en nocturne à l’Ecole de la Gendarmerie. J’ai pris un coup à la cheville lors d’une séance. Et comme j’avais très mal, j’ai demandé à arrêter l’entraînement. Le lendemain, malgré ma volonté de reprendre, je n’ai pu le faire. J’ai approché un dirigeant dont je préfère taire le nom pour lui expliquer mon forfait. Qu’est-ce que ce dernier ne m’a pas dit ? C’est à partir de là que j’ai mis fin à ma carrière, à l’ASEC Mimosas. C’est vraiment un souvenir très amer.

 Que vous a-t-il dit exactement pour vous mettre dans tous vos états ?

Des paroles du genre : « On vous met à la gendarmerie et vous faites n’importe quoi !». Pour montrer à ce dirigeant que je suis entré à l’Ecole de la Gendarmerie sur mérite et non sur intervention d’un quelconque dirigeant de l’ASEC Mimosas, j’ai décidé de tout arrêter avec le club.

 Quel est votre regard sur le football national actuel ?

Certains diront que le football ivoirien a baissé en niveau. Mais, je pense qu’il y a plutôt eu un nivèlement de niveau de ses acteurs. Peut-être que les tempéraments ne sont pas les mêmes, mais ce football reste égal à lui-même. Quand il est pratiqué dans les conditions qu’il faut, il se met toujours en valeur.

 Comment expliquez-vous la domination du Séwé Sport, ces trois dernières années ?

Il est facile de se hisser au haut niveau. Une fois au sommet, il faut pouvoir ne pas regarder derrière et allé toujours de l’avant. C’est cela le plus difficile. Avec les conditions que nous voyons, nous pensons que l’ASEC Mimosas a les moyens de reprendre sa place de locomotive du football ivoirien.

 

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