« L’ASEC et le basketball m’ont beaucoup apporté »

Après MAIGA Alou et BAZIE Bill, DJADJI Clément est le troisième ancien basketteur du club à avoir été reçu récemment par Clément DIAKITE, dans son émission « Le Salon des Actionnaires » sur RJN. Cet excellent ailier et tripointeur phénoménal a accepté d’évoquer les grands moments de sa riche carrière de basketteur.

 Quand précisément a débuté votre carrière de basketteur et quel a été votre itinéraire ?

J’ai commencé à jouer au basketball à l’école primaire. J’avais des aptitudes pour le football. Mais j’avais opté pour le basketball parce que j’aime ce sport. Ma carrière de basketteur a débuté, en 1972, à l’AS PTT. L’année suivante, j’ai rejoint les rangs de l’AS EECI où j’ai évolué pendant deux saisons. C’est en 1975 que j’ai posé mes valises à l’ASEC Mimosas grâce à notre président bien aimé, feu Ali DAHER. C’est lui qui m’avait fait venir à l’ASEC Mimosas. J’en profite pour lui rendre un grand hommage à travers les ondes de RJN. Ali DAHER  a beaucoup fait pour les joueurs de l’ASEC Mimosas de notre génération et pour le basketball ivoirien en général. La même année de mon arrivée à l’ASEC Mimosas, j’ai été appelé en équipe nationale. A cette époque, il existait des jeux ivoiro-ghanéens et ivoiro-gabonais. En 1975, nous nous étions rendus au Gabon pour les jeux ivoiro-gabonais d’où nous avons ramené le trophée.

 Vous étiez un basketteur étonnamment adroit dans tirs à trois points. Quel était votre secret ?

Je n’avais pas d’autres secrets que le travail. Je m’exerçais beaucoup dans les tirs à trois points. Il m’arrivait de faire cet exercice jusque tard dans la nuit, parfois même jusqu’à minuit. C’est de cette manière que j’ai pu améliorer mon adresse dans les tirs à mi-distance.

 Quels ont été les meilleurs moments de votre carrière ?

Mon meilleur souvenir reste notre première consécration continentale, en 1981, à Mogadiscio, en Somalie, face au Sénégal qui nous avait toujours barré le chemin du sacre. Nous avions vraiment cherché ce titre pendant cinq-six ans environ. Nous l’avions finalement obtenu et ce fut à la fois un grand soulagement et une grande satisfaction.  Il y a eu aussi un second sacre, à domicile, en 1985. Ce fut un succès aussi beau que le premier. Parce que nous avions prouvé que nous étions une équipe de valeur devant notre public, au Palais des Sports de Treichville.

 Qu’est-ce qui faisait la force des Eléphants de votre époque ?

Nous étions un groupe soudé. Nous avions joué ensemble pendant une décennie environ. En plus, nous avions de grandes individualités comme Alphonse BILE, un véritable patron; Abbas DIOP, un tireur d’élite ; DIE Idrissa, BAH Florent, ELO Dingui qui étaient tous les trois d’excellents pivots ; MAIGA Alou, un ailier fantastique ; KORE Moïse, un joueur au gros caractère et BAH Sidi, qui était un basketteur talentueux.

 Tout n’a pas été rose dans votre carrière sportive. Vous avez connu aussi des bas. Peut-on connaître les grandes déceptions de votre carrière ?

La plus grosse déception de ma carrière est la finale de la CAN que nous avons perdue en Algérie, en 1979, face au Sénégal. Ce fut une défaite inacceptable parce que nous menions très largement au score, à 3 minutes de la fin du match. Mais finalement, nous nous sommes fait rattraper, puis battre sur le fil. Aujourd’hui encore, je n’arrive pas à digérer cette défaite.

 Vous avez remporté aussi deux autres titres continentaux avec l’ASEC Mimosas, en 1989 en tant que joueur, puis en 2000 en tant qu’entraîneur principal…

Tout à fait. En y pensant, je me dis que je suis un sportif vraiment comblé.

 Peut-on dire que le basketball vous a beaucoup donné ?

Oui, je peux le dire. Le basketball et l’ASEC Mimosas m’ont beaucoup donné. Grâce à ce sport, j’ai pu tisser beaucoup de relations. Je suis vraiment fier d’avoir choisi ce sport et de l’avoir pratiqué au plus haut niveau.

 Vous êtes l’homme le plus titré du basketball ivoirien en tant que joueur, puis en tant qu’entraîneur. Qu’est-ce qui vous retient encore dans le milieu ?

Tant que je pourrai marcher, parler, transmettre mon expérience et mes connaissances aux jeunes générations, je resterai toujours dans le milieu du basketball.

 Comment jugez-vous la situation actuelle de la section basketball de l’ASEC Mimosas qui a remporté deux titres de champion d’Afrique des clubs et qui se retrouve aujourd’hui en National 1 ?

C’est vraiment difficile de voir notre section basketball dans cette situation. Mais vous savez, il faut beaucoup d’argent pour gérer une écurie de son envergure. Mon ami et ancien coéquipier, MAIGA Alou, qui dirige cette section du club, fait ce qu’il peut. Mais il a vraiment besoin de soutien financier pour la remettre à flots.

 Comment trouvez-vous l’ASEC Mimosas d’aujourd’hui ?

Tout ce que je vois à Sol Béni est vraiment magnifique. Je pense que l’ASEC Mimosas s’est développé de façon impressionnante et nous en sommes fiers. Je suis content que le club se soit doté d’un site internet et d’une radio en plus de son magazine.

 

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