« Je suis l’un des artisans de la réorganisation de la section »

Ancien meneur et shooteur de l’équipe de basketball  de l’ASEC Mimosas, BAZIE Bill s’est ensuite expatrié en Europe pour les études. 37 ans après, il est revenu en Côte d’Ivoire. Clément DIAKITE a profité de cette présence à Abidjan pour l’inviter à Sol Béni, dans les studios Président TOURE Mamadou de RJN, à l’émission « Le Salon des Actionnaires ». L’invité est revenu sur sa longue carrière sportive et notamment sa grande aventure à l’ASEC Mimosas. Voici des morceaux choisis.

 
Qui est BAZIE Bill ?

Je suis né en 1952 à Koudougou (Burkina Faso) et je suis arrivé en Côte d’Ivoire à l’âge de 5 ans. J’ai fais une carrière à l’ASEC Mimosas basketball de 1968 à 1975, avant de me rendre en France, pour poursuivre mes études de droit, à l’Université de Bordeaux. Je n’ai, pour autant, pas laissé tomber le basketball. A peine deux jours après mon arrivée à Bordeaux, j’ai été contacté par une équipe de la nationale 3 avec laquelle je me suis engagé. J’ai donc mené une carrière semi-professionnelle où j’ai côtoyé des célébrités du basketball africain, tels que Mathieu BISSENI, BIALLEY et APOLLO FAYE. J’ai tout arrêté en  1998.Mais avant, j’avais obtenu un BEES (Brevet d’Etat d’Educateur Sportif) et entraîné des équipes de basketball, en France.

Comment êtes-vous venu au basketball ?

Tout a commencé en 1962, au collège Saint-Jean Bosco où j’ai remporté mon premier trophée avec mon équipe. Je suis ensuite entré au Grand Séminaire de Bingerville. Et là-bas, j’ai fait le choix du basketball parmi les différentes épreuves sportives proposées parce que, c’est là, que j’excellais le plus.  Et à chaque fois que je rentrais à la maison, j’allais m’entrainer au Parc des Sports de Treichville.

Comment êtes-vous arrivé dans l’équipe de l’ASEC Mimosas ?

J’ai rencontré, un jour, Aimé KACOU, un joueur de l’ASEC Mimosas qui m’avait observé à plusieurs reprises au Parc des Sports. C’est lui qui m’a convaincu de rejoindre l’équipe de basketball de l’ASEC Mimosas. Toute ma famille était déjà ASEC et donc je n’ai eu aucun problème à  m’engager avec ce club.

Malgré votre belle taille, vous étiez le shooteur au lieu d’être l’un des pivots. Pourquoi ce choix ?

Nous avions dans notre équipe, à cette époque, un joueur comme DIGBEU qui était encore plus grand que moi et donc qui occupait ce poste de pivot. J’étais ailier gauche shooteur et on m’appelait « deux bidés» parce que je portais le numéro 11.

Comment se sont déroulés vos débuts avec l’équipe de l’ASEC Mimosas ?

Les débuts ont été très compliqués parce que le club n’était pas structuré et les joueurs étaient obligés d’acheter leurs propres chaussures pour les entraînements et les matches. J’ai donc contacté le dirigeant DAHER Ali qu’on appelait DAHER Sport et qui s’occupait de la section natation. Ensemble, nous sommes allés voir Me Emile DERVAIN qui était le Trésorier du club. A son tour, Me DERVAIN nous a envoyé vers le Président du Comité Central, Lanzéni COULIBALY a qui, nous avons expliqué le projet de restructuration de l’équipe de basketball. Il a dit qu’il nous soutenait et c’est de là qu’est partie la vraie restructuration de l’ASEC Mimosas Basketball. A travers DAHER Ali qui a eu confiance en moi et au projet, les choses ont commencé à bouger, à partir de 1970. Nous n’avions plus de problème d’équipements sportifs et les joueurs percevaient des primes. Je suis  l’un des grands artisans de la réorganisation de l’ASEC basketball. Nous avons donc commencé à recruter des jeunes. C’est ainsi qu’Aimé KACOU m’a conseillé d’aller voir un jeune homme, avec une belle taille, qui jouait au football, au Parc des Sports. C’était ELLOH Dingui que j’ai approché pour lui dire qu’il gaspillait sa taille à jouer au football et qu’il devait nous rejoindre au basketball.

Vous êtes aussi le principal acteur de la mise en place de l’équipe féminine de l’ASEC. Comment êtes-vous parvenu à cela ?

Tous les autres clubs avaient leur équipe féminine et l’ASEC n’en avait pas. J’ai donc décidé de me rendre au Parc des Sports pour recruter des filles et constituer une équipe. J’ai ensuite demandé aux dirigeants d’accepter que le car de ramassage de l’ASEC Mimosas accompagne les filles aux entraînements et aux matches. Cela m’a été accordé et l’ASEC Mimosas a créé son équipe féminine de basketball.

On retrouvait au basket la rivalité ASEC-Africa, avec un duel dans le duel entre BAZIE Bill et BILE Alphonse. Expliquez-nous un peu ces matches ?

BILE était l’un des meilleurs meneurs de jeu africains. Mais quand tu étudies bien son jeu, tu parviens à le contrer. Contre l’Africa Sports, le danger venait toujours de lui. J’étais chargé de défendre sur lui et quand c’était le cas, il ne parvenait plus à inscrire les 20 points qu’il avait l’habitude de marquer.

Avez-vous des regrets sur cette carrière sportive que vous avez menée sans aucune  grande reconnaissance ?

Non, pas du tout. Je n’ai jamais regretté ce que j’ai fait au basketball. Je fais partie des Africains qui ont lancé le basketball spectaculaire en France, avec le « Begin show» et cela,  avant la venue des Américains. C’est cela qui a d’ailleurs fait la renommée des basketteurs africains, en Europe.

Que pensez-vous de l’ASEC Mimosas, après toutes ces années ?

Lorsque je suis rentré en Côte d’Ivoire, j’ai remarqué une très grande évolution du club. Sol Béni m’a vraiment marqué. J’en ai été  stupéfait et très heureux que ce soit une propriété de l’ASEC Mimosas. Il faut continuer sur cette lancée.

 

Retranscription: H.KONE

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