« J’excellais dans le un contre un »

Irié Bi GOHI  Foua Marc dit GOHI Marc, l’ex- gardien de but de l’ASEC Mimosas des années 1970,  était le 42e invité de l’émission « Le Salon des Actionnaires » de RJN. Il s’est retrouvé dans les Studios Président TOURE Mamadou où il est revenu sur sa longue carrière de footballeur à l’ASEC Mimosas. Nous vous proposons quelques extraits de l’entretien avec Clément DIAKITE, l’animateur.

Quelle est l’actualité de GOHI Marc ?

Je suis professeur d’éducation sportive à la retraite. De temps en temps, je reçois les propositions de certains clubs pour la prise en charge technique de leur équipe de football. Je viens de terminer le championnat de la troisième division avec l’Edus d’Aboisso qui voudrait que je continue avec elle, la saison prochaine. Mais nous sommes encore en discussion pour la conclusion.

 Comment êtes vous devenu gardien de but de football ?

J’ai commencé  très tôt à m’intéresser au football, comme tous les  jeunes de mon quartier, à Adjamé 220 logements. Il y avait deux aires de jeu dans le quartier. Nous jouions plus sur le petit terrain qui était recouvert de gazon. Pierre Emile GNOLEBA avait mis en place une équipe des aînés du  quartier, le Sporting Club des 220 Lgts qui s’entraînait sur le grand terrain. De notre côté, nous avions créé notre équipe et l’avions nommée Monaco parce que nous  portions les mêmes maillots que l’AS Monaco, en France. C’est ainsi que nous avons commencé à disputer les championnats des jeunes des 220 logements et je me suis spécialisé au poste de gardien de but.

 Comment êtes-vous arrivé à l’ASEC Mimosas ?

J’ai  aperçu  un jour, DJEDJE Benjamin, un ami de quartier qui regardait une photo de l’équipe junior de l’ASEC Mimosas dans laquelle il y figurait. C’est à partir de cet instant que j’ai décidé d’aller m’y essayer. Pour le test, je me suis positionné dans une équipe qui était archi dominée. C’était une bonne occasion pour me mettre en exergue. Et ce jour là, j’étais dans une forme éblouissante et j’enraillais toutes les occasions de but de l’équipe adverse. Seulement, après 20 minutes, j’ai été retiré du jeu par l’entraîneur SYLLA Mamadou (Bab) qui m’a dit que je pouvais revenir dans un mois parce que j’étais retenu. Un mois après, lorsque je suis revenu, on m’a donné une paire de magre «Copa» alors que les autres se débrouillaient pour avoir des chaussures d’entraînement. Malgré cette attention du staff technique, je ne venais pas aux entraînements parce que, je me croyais déjà meilleur. L’entraîneur ne m’alignait donc pas pendant les matches. J’étais tout le temps remplaçant. Mais, un jour, lors d’un match de levée de rideau, au Stade FHB, face au Stella Club, il a décidé de me mettre dans les buts. J’ai fait un grand match et après, j’ai recommencé à avoir encore la grosse tête. Une deuxième fois, lors d’un match de championnat junior, au Stade Robert Champroux, toujours face au Stella Club, l’entraîneur m’a encore titularisé. Ce jour-là,  l’équipe fanion était au vert en vue d’un match de la Coupe d’Afrique des clubs champions. Elle a donc profité pour suivre ce match. A la mi-temps, l’entraîneur GABO Gérard de l’équipe fanion est descendu dans les vestiaires pour me demander de rejoindre l’équipe senior après notre match. Mais j’ai joué à « cache –cache » pour éviter  d’aller en équipe fanion. C’est ma rencontre avec AMISSA Komenan Jacques, le Secrétaire Général d’alors, qui m’a vraiment décidé à rejoindre le groupe senior quelques mois plus tard.

 Comment s’est déroulée votre intégration ?

J’ai un peu souffert parce que des joueurs comme MANGLE Eustache, Pokou Laurent GUIDY Edouard et autres avaient de lourdes frappes. Et donc, j’avais le plus souvent les doigts enflés après les entraînements. En plus, j’avais rejoint une équipe qui comptait déjà  six gardiens de buts en plus du titulaire Jean KEITA qui reste pour moi, le meilleur gardien de but de l’ASEC Mimosas de tous les temps. Il était mon idole.

 Vous souvenez-vous de votre premier match officiel avec l’équipe fanion ?

C’était lors d’un match de championnat face à l’AS Divo que nous avons battue sur le score de 5 buts à 1. J’ai été titularisé par l’entraîneur GABO Gérard et ce jour là, j’ai fait un très grand match et confirmé le soupçon de talent qu’encadreurs et dirigeants avaient décelé en moi.

 Vous êtes devenu, par la suite, le titulaire de l’équipe sans discontinuer de 1971 à 1979 ? Quel était votre secret ? 

J’ai reçu la bénédiction de Jean KEITA, à la suite du match retour de la Coupe d’Afrique contre le Stade Malien, au Stade FHB. Dans les vestiaires, il a mis la main sur ma tête et m’a dit : « Petit ! Je te laisse la place ». Il est effectivement parti et n’a plus jamais remis les pieds sur un terrain. Cela a été une pression énorme pour moi. Je devais prendre la succession du grand Jean KEITA. Il fallait être à la hauteur. Tous les matches étaient donc des défis pour moi.

 Quel était la qualité principale de GOHI Marc ?

C’était le un contre un. J’avais une stratégie pour piéger l’adversaire et l’obliger à mettre le ballon où je le voulais. Ce qui fait que j’étais également bon lors des penalties. Par contre, j’éprouvais de sérieux problèmes sur les tirs à distance.

 Votre dernier match avec l’ASEC Mimosas s’est déroulé sur une bonne note puisque vous avez battu le Club Omnisport de Bouaflé sur le score de 2 buts à 1. Pourquoi avez-vous décidé d’arrêter à ce moment alors que vous n’aviez que 29 ans ?

Il fallait prendre cette décision parce que je ressentais une fatigue physique. En plus de cela, je suivais  une formation d’encadreur sportif à l’INJS.

 Lequel des entraîneurs de l’ASEC Mimosas vous a le plus marqué ?     

J’ai beaucoup apprécié feu ANZIAN Jean-Baptiste. Je discutais beaucoup avec lui et je lui faisais des propositions qu’il prenait en compte.

 Que vous inspire l’état actuel de l’ASEC Mimosas qui s’est doté d’une radio en plus d’un site internet, un magazine et  un hôtel ?

Je suis très fier de voir tout cet ensemble d’édifices à Sol Béni. Cela avait commencé lorsque j’étais l’entraîneur de gardiens de but aux côtés de l’entraîneur Philippe TROUSSIER. Bravo déjà à Me Roger OUEGNIN tout en sachant qu’il n’a pas encore fini. C’est vraiment un honneur pour tous ceux qui ont une fibre ASEC Mimosas.

 

Retranscription : H. K

 

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