L’ASEC a des difficultés de trésorerie.

Le Coordonnateur du CNACO, MESSOU Kouablan, a tenu sa troisième réunion avec les Actionnaires, à Sol Béni, le dimanche 29 juin  dernier, dans la matinée, malgré la forte pluie qui s’était abattue sur la ville d’Abidjan. A cette occasion, MESSOU Kouablan avait invité le PCA de l’ASEC Mimosas, Me Roger OUEGNIN, à parler de la situation actuelle du club aux Actionnaires. Ce que le Président Roger OUEGNIN a fait, sans faux-fuyant, à la grande joie des Actionnaires présents.

 INTERVENTION DU PRESIDENT MESSOU KOUABLAN

Un système d’abonnement pour le magazine Mimosas

 « C’est la 3e fois que je vous invite ici pour parler de l’ASEC Mimosas depuis que je dirige la Coordination du CNACO. La première fois, je vous ai donné la parole pour me dire ce que vous pensiez de la situation actuelle du club. La deuxième fois, je vous ai présenté les projets du CNACO et un plan de travail pour les réaliser. Aujourd’hui, je vous présenterai les premiers résultats de notre travail en attendant que le PCA de l’ASEC Mimosas, Me Roger OUEGNIN, nous entretienne sur la situation financière du club», a indiqué d’entrée, MESSOU Kouablan, le Coordonnateur du CNACO. Il a expliqué que lors de la première réunion, il avait informé les Actionnaires que l’ASEC Mimosas a des difficultés de trésorerie pour fonctionner. Pour ce faire, il avait présenté un projet pour renflouer les caisses du club. Ce projet est basé sur l’achat du magazine Mimosas et sur le renouvellement des comités de supporters à partir de la vente des cartes de membres. Le Coordonnateur MESSOU Kouablan a fait le constat amer en ce qui concerne l’achat du magazine par les Actionnaires. « Les ventes de notre magazine ne décollent toujours pas. Pis, elles ont encore baissé. Peut-être que le problème se situe au niveau de la distribution. Mais, je ne le crois pas. Nous avons pensé à mettre en place un système d’abonnement ». Après ce constat amer, MESSOU Kouablan a présenté des bulletins d’abonnement qu’il a fait distribuer à l’assistance. « Remplissez ces fiches pour un abonnement d’un mois au moins et cela ne coûte que 1200 f CFA par mois. Mais si vous le pouvez, prenez des abonnements de trois ou six mois et nous irons vous remettre votre magazine à l’endroit que vous nous indiquerez. Si vous connaissez des Actionnaires ou des sportifs qui aiment l’ASEC Mimosas dans votre quartier, dans votre entreprise ou dans votre service, faites des copies et donnez-leur ces bulletins pour qu’ils s’abonnent à leur tour », a-t-il recommandé.

 « Nous visons 600 000 Actionnaires pour réunir 1,2 milliard dans trois mois »

 Concernant les cartes d’adhésion au club, le Coordonnateur MESSOU Kouablan a rappelé que cela doit constituer la principale source de revenu de l’ASEC Mimosas. Il a déploré que « A l’ASEC Mimosas, tout le monde se plaint, tout le monde critique, on n’a pas un grand entraîneur, on n’a pas de grands joueurs, l’équipe joue mal. Alors que personne ne fait rien pour que le club recrute de bons joueurs et un grand entraîneur pour monter une grande équipe. Les supporters ne cotisent plus depuis très longtemps d’ailleurs, ils ne vont plus au stade, ils n’achètent plus le magazine du club et l’ASEC Mimosas n’a plus fait de transfert depuis trois ou quatre ans. Alors que l’ASEC Mimosas doit payer ses joueurs, ses entraîneurs, ses administratifs, ses journalistes et ses jardiniers, etc. Où veut-on que l’ASEC Mimosas trouve de l’argent pour faire face à toutes ces charges ?». Puis il a précisé : «Nous avons besoin de 600 000 adhérents à raison de 2000f CFA par Actionnaire pour réunir la somme de 1,2 milliard de francs CFA, dans trois mois. Nous avons besoin de cet argent pour résoudre nos problèmes. Nous devons le faire pour ne plus souffrir comme ces dernières années». MESSOU Kouablan a demandé que chaque Actionnaire soit un commercial pour son club afin de relever ce défi. Il a indiqué en outre que sur le montant recherché, 85% iront dans les caisses de l’ASEC Mimosas et 15% reviendront au CNACO pour ses activités et pour les comités.

 Un partenariat gagnant-gagnant

 « On peut ne pas atteindre le nombre de 600 000 adhérents. Parce que si un Actionnaire prend une carte de 10 000f CFA, il aura payé pour 5 personnes », a fait savoir le Coordonnateur du CNACO. Avant de dire que si le CNACO demande aux Actionnaires d’être des commerciaux de l’ASEC Mimosas, cette action ne sera pas gratuite. Tous ceux qui feront prendre des cartes d’Actionnaires recevront un pourcentage du coût total des cartes qu’ils auront fait prendre.

 INTERVENTION DU PCA, Me ROGER OUEGNIN

Me Roger OUEGNIN aux Actionnaires présents : «Les temps ont changé »

 Lorsqu’il a été invité à prendre la parole pour expliquer les difficultés financières actuelles de l’ASEC Mimosas, le Président Roger OUEGNIN a tout simplement fait remarquer que les temps ont changé. Les choses et les mentalités aussi. « Avant, après les derbies ASEC-Africa, ASEC-Stade, ASEC-Stella, chaque club pouvait percevoir entre 5 et 10 millions de francs CFA de quote part sur les recettes de matches. Les recettes guichets étaient appréciables. La vente de notre magazine nous rapportait 60 millions de francs CFA de bénéfice par an. Les tee-shirts du CNACO se vendaient comme des petits pains. Les autres produits dérivés, la bière ‘‘l’Actionnaire’’ au début des années 1990, constituaient des recettes non négligeables. Mais aujourd’hui, rien n’est plus comme avant. Les années de crises socio-politiques en Côte d’Ivoire ont fait aussi beaucoup de mal à notre association. On peut dépenser entre 1,5 et 3,5 millions de francs CFA pour un match à San Pedro ou à Yamoussoukro, dans les frais de transport, d’hébergement et de restauration, sans compter les primes de match, pour percevoir après la rencontre une recette de quote part de moins de 100 000 f CFA ou de 30 000 f CFA. Entre-temps, la vente de notre magazine a considérablement chuté et les produits dérivés du club ne se vendent plus. Au contraire, notre magazine que nous avons l’obligation de maintenir en vie nous coûte beaucoup d’argent. Le club a continué à vivre parce qu’il avait pu réaliser quelques transferts. Mais aujourd’hui, nous ne transférons plus de joueurs parce que les clubs, en Europe notamment, connaissent aussi une crise financière aigüe; ils veulent les joueurs gratuitement et cherchent surtout ceux qui sont en fin de contrat. Sans compter les interventions des agents de joueurs et des parents des joueurs. La situation est très difficile. Heureusement l’ouverture de Sol Béni au public et les activités de loisirs que nous avons initiées nous permettent d’entretenir notre complexe sportif ».

 « Je serai obligé de vendre une partie de Sol Béni »

 Le Patron de l’ASEC Mimosas a indiqué que le club est à la fois riche et pauvre. «L’ASEC Mimosas est riche grâce à ses actifs immobiliers, mais pauvre parce que nous avons des difficultés de trésorerie. Il faut payer les salaires et primes des joueurs, des encadreurs, des journalistes, du personnel de Sol Béni et du club. Il faut aussi assurer l’entretien et l’amélioration des infrastructures et des équipements. Cela revient excessivement cher. Il faut beaucoup d’argent par mois pour faire fonctionner l’ASEC Mimosas. Où trouver tout cet argent ? Nous avons acheté et développé Sol Béni pour les enfants de l’ASEC Mimosas et pour permettre à notre club d’être fort. Mais si ça ne va plus, je serai obligé de vendre une partie de ce complexe sportif. J’avais voulu le faire depuis, mais MESSOU Kouablan et certains membres du club m’ont dit d’attendre un peu. Mais, si jusqu’à la fin de l’année, je n’ai pas d’argent pour faire face à nos charges et nos engagements, je serai obligé de vendre la partie de Sol béni que nous n’utilisons pas. Evidement, ce sujet important sera abordé, lors de l’AG annuelle du club prévue au mois d’Août. J’ai bien peur que nous ne puissions faire autrement. Cependant, si les Actionnaires veulent nous aider et viennent nous aider, l’ASEC Mimosas retrouvera sa splendeur et son rang en Côte d’Ivoire et sur le continent. Il faut réveiller en chaque supporter et sympathisant, la flamme mimosas ».

 Après son intervention, le Président Roger OUEGNIN s’est prêté aux questions des Actionnaires dont la plupart ont dit qu’ils ignoraient tout des difficultés financières de l’ASEC Mimosas. « Maintenant que nous les connaissons, la famille doit réagir pour sortir notre club de cette situation délicate », ont réagi les Actionnaires présents. La réunion de dimanche dernier a été celle de la vérité pour une grande solidarité au sein de la famille mimosas.

 REACTIONS

Mlle EHUI Andoua Jeanne Chantal (Comité de Marcory)

«  Nous avons entendu des choses que nous ignorions »

 « J’ai été très heureuse de la participation du PCA à cette réunion. J’ai eu l’occasion de lui dire, ce que nous pensons à la base. Il a été sincère et franc quand il a pris la parole. Nous  avons entendu des choses que nous ignorions. J’en ressors très heureuse et fière d’être supportrice de l’ASEC Mimosas. Avec le Coordonnateur MESSOU Kouablan, les choses iront de l’avant. J’ai foi et je sais que l’avenir nous donnera raison. Je retourne à la base pour transmettre le message du PCA et rapporter les recommandations du Coordonnateur ».

 ZEKRA Zadi Rémy (AAFAAM)

« Je pense que tout a été mis au clair »

 « Je suis satisfait de cette réunion qui a vu la participation du PCA, Me Roger OUEGNIN. Je pense que tout a été mis au clair. L’ASEC Mimosas doit rebondir. Mais pour cela, il faut que tous ses enfants se retrouvent  pour résoudre les problèmes. Ne dit-on pas que l’union fait la force ? Si nous réussissons à nous unir, nous reprendrons les choses en mains. Tous mes encouragements au Coordonnateur et à son équipe.  Il faut mettre à l’œuvre les recommandations du Coordonnateur et pour cela, je suis prêt ».

 FOFANA Awa (Comité féminin du plateau)

« La réunion nous a apporté de précieuses informations »

 « Cette réunion est la bienvenue parce qu’elle nous a apporté de précieuses informations pour le bon déroulement de nos activités. Malgré la pluie, nous avons répondu à l’appel du Coordonnateur parce que nous croyons en ses idées. Le but premier est la remobilisation des Actionnaires de sorte que  les choses redeviennent comme par le passé. L’ASEC Mimosas est, quelque part, notre raison d’être. Sans elle, nous nous sentons très mal. Nous serons donc toujours avec elle, même pendant les moments difficiles.  La présence du PCA Me Roger OUEGNIN a été une agréable surprise».

 NOGBOU Miessan Bernard (Président Communal de Treichville)

« Le PCA s’est ouvert à nous »

 « Nous avions besoin de rencontrer le PCA, Me Roger OUEGNIN, pour nous parler de la mission du Coordonnateur MESSOU Kouablan. Comme à son habitude, le Président n’a rien caché. Il s’est ouvert à nous pour nous dire tout ce que nous voulions savoir. Je tiens à le remercier pour sa disponibilité à notre égard. Je suis heureux et très fier d’être supporteur de l’ASEC Mimosas ».

 KOUAKOU Amos (Comité de Dabou)

« La réunion a dissipé nos appréhensions »

 « Cette réunion a été comme un grand soulagement pour nous parce qu’elle a dissipé toutes les appréhensions que nous avions. La présence du PCA, Me Roger OUEGNIN, a été d’un apport incommensurable. Il nous a rassurés sur un certain nombre de choses. Avec la nouvelle orientation du Conseil d’Administration et du Coordonnateur MESSOU Kouablan, je suis certain que la nouvelle saison va s’ouvrir sous de bons auspices pour le rayonnement de l’ASEC Mimosas ».

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