« Remettez-vous en selles !»

Ce samedi matin, après la douloureuse défaite (2-3) d’hier de l’ASEC Mimosas, lors de la 3e journée des matches de poules de la Coupe de la Confédération, face au Coton Sport de Garoua, le PCA du club, Me Roger OUEGNIN, a rencontré les joueurs et encadreurs de l’équipe professionnelle dans leur salle de gymnastique, à Sol Béni, de 8h40 à 8h52. Pendant ces 12 minutes, le Président Roger OUEGNIN, avec un ton marqué par la peine d’une défaite ennuyeuse, leur a fait comprendre la gravité de la situation et leur dit ses encouragements pour la suite. Car, a-t-il dit, « Ce n’est pas fini et l’erreur serait de se dire que tout est perdu et d’abandonner ».  Le PCA avait à ses côtés Francis OUEGNIN, le Président Délégué et Président de la Section football et MESSOU Kouablan, le Coordonnateur du CNACO. Voici le message que le PCA a délivré aux joueurs et encadreurs de l’équipe professionnelle, ce matin :

« Bonjour à tous ! Je ne suis pas le seul à ne pas avoir fermé les yeux, pendant la nuit. Il y a de quoi avoir très mal après la défaite d’hier, contre Coton Sport de Garoua. Je vous l’ai souvent dit, le football est parfois cruel. Ceux qui réussissent dans ce sport sont ceux qui savent prendre leurs responsabilités. Malheureusement, la leçon principale que je retiens de ce match est celle d’un manque de responsabilité de votre part. Tout n’a pas été fait exactement comme il le fallait. Mais, nous n’allons pas nous décourager pour autant et perdre de vue nos objectifs. Nous avons un match important, le mercredi prochain, contre l’Africa Sports. Il faut bien le préparer. Nous verrons ensuite comment les choses se passeront en championnat. Après, nous aurons trois matches de Coupe d’Afrique. Nous en disputerons d’abord deux à l’extérieur et un ici, à Abidjan. J’espère que vous allez les gagner. Vous connaissez maintenant tous nos adversaires de poules. Prions pour que les blessés guérissent rapidement. Je demande au service médical de faire son travail pour les remettre rapidement sur pied. A la fin de la saison, nous tirerons les leçons et la conclusion.

Personne n’est content après notre défaite contre le Coton Sport. Et personne ne peut l’être après une telle défaite. Tout le monde en souffre. Mais vous savez, la victoire comme la défaite sont deux menteuses. Quand nous gagnons, nous pensons que nous sommes les plus forts. Quand nous perdons, nous pensons que nous sommes les plus faibles. Or ni la victoire ni la défaite ne dit la vérité. On peut gagner sans être le plus fort et on peut perdre sans être le plus faible. Et c’est cela la magie du football. Car ce sport peut faire perdre une équipe qui mérite de gagner et faire gagner une équipe qui ne le mérite pas. Les matches de football se jouent sur des détails. Ces détails reposent souvent sur le sens des responsabilités. Et c’est là où nous avons failli hier après-midi.

Il n’y avait pas beaucoup de monde au Stade FHB. Mais cette défaite a fait beaucoup de malheureux dans tout le pays. Et surtout ici à Sol Béni, cela a rendu très malheureux ceux qui travaillent tous les jours pour vous mettre dans les meilleures conditions. Je vous le dis chaque fois que c’est une chaîne. Les dirigeants dirigent. Les joueurs doivent faire ce qu’ils ont à faire. Beaucoup de travailleurs ici à Sol Béni donnent le maximum tous les jours et il y a les supporters qui supportent. Malgré leurs maigres moyens, ces derniers continuent de nous soutenir. Aux entraîneurs, aux membres du service médical et de l’intendance, aux joueurs, je vous demande de vous remettre tout de suite sur pied. Reprenez les entraînements et regardez devant vous.

Je ne vais pas clore cette réunion sans vous donner deux ou trois conseils et plus particulièrement à deux ou trois d’entre vous. DAO Youssouf et DIABATE Inza, je vous demande, à la fin de chaque entraînement, de vous exercer dans les tirs au but avec l’un des gardiens de but. BOUA Koffi, quand tu te remettras de ta blessure, tu devras faire la même chose. Ce que je dis vous concerne tous. Cet exercice sera bénéfique aussi aux joueurs de champ qu’aux gardiens de but. Vous savez, la meilleure façon de s’en sortir est la répétition des gestes et des actions. Nous avons chaque fois des penalties et de bons coups-francs. Mais vous ne savez pas les tirer. Quand c’est comme ça, seule la répétition de ces différents exercices peut vous aider à progresser. C’est ce que font les meilleurs au monde pour arriver au sommet. Ils s’exercent, tous les jours, à répéter inlassablement des gestes techniques dans lesquels ils finissent par exceller et qu’ils exécutent avec sang-froid et facilité. Quand on ne sait pas bien faire une chose, on s’entraîne régulièrement pour s’améliorer dans ce domaine. Mais on ne fuit pas ses responsabilités comme certains d’entre vous l’ont fait hier. Ce que je suis en train de dire vous concerne tous. L’exercice des tirs au but, après chaque entraînement, est une punition pour vous tous. Et je veillerai à ce que cette punition vous soit strictement infligée. Vous allez tous vous exercer après chaque entraînement à tirer les penalties. Parce que les matches se gagnent sur des détails comme les coups-francs et les penalties. Comment pouvez-vous prétendre être de grands joueurs et ne pas savoir faire le geste qu’il faut quand vous arrivez à ce niveau de la Coupe d’Afrique ? Ce n’est pas normal et cela est inacceptable. Le football est cruel. Mais c’est vous qui le rendez plus ou moins cruel. La défaite d’hier est la faute à « pas de chance ». Mais c’est vous qui donnez la possibilité à « pas de chance » de nous avoir.

Remettez-vous en selle tout de suite. Nous avons un match important, le mercredi, contre l’Africa Sports. Ce sera une rencontre de feu. Ensuite, nous disputerons un autre, le dimanche, contre la JCAT et immédiatement après, on jouera le dernier contre l’ASI d’Abengourou. Tout peut se passer durant ces trois dernières rencontres. Le pire, c’est de croire justement que tout est fini et de baisser les bras après la défaite d’hier. Après le championnat, nous aurons le temps de nous préparer pour la suite de la Coupe de Confédération. La dernière fois, pour ceux qui ont joué contre l’équipe du CO Bamako que nous avions battue (2-0), à l’aller, à Bamako, je vous disais ceci :?Faites attention, cette équipe peut nous battre ici, à Abidjan. Rappelez-vous, nous l’avons échappé de justesse”. Savez-vous ce qui fait la force d’un animal blessé ? C’est sa capacité à se battre avec l’énergie du désespoir pour éviter sa mise à mort. Comme un animal, quand un athlète est blessé dans son orgueil, il joue son va-tout. Croyez-vous que nous ne pouvons pas aller gagner à Garoua ? Si c’est le cas, vous vous trompez. Croyez-vous que nous ne pouvons aller faire un bon résultat au Congo ? Vous vous trompez. Mais en attendant, finissons bien le championnat. Je compte sur ceux d’entre vous qui partiront pour Garoua, au Cameroun, puis pour le Congo. Je compte également sur ceux qui recevront les Maliens de l’AS Real, ici, à Abidjan, pour prouver que nous sommes une grande équipe. Les incertitudes du football font qu’on n’est jamais vainqueur d’avance et qu’on n’est jamais vaincu d’avance. Tout se passe sur le terrain, tout se passe dans les cœurs et tout s’arrache avec les tripes. Rien ne se construit sans sueur et sans douleur. Aujourd’hui, c’est la douleur qui nous anime tous. Mais il faut se donner les moyens de guérir cette douleur et de repartir de plus belle. C’est ce qui donnera la chance à certains d’entre vous de jouer demain au sommet. Si vous n’apprenez pas à surmonter ce genre de défaite et la douleur qu’elle engendre, ce sera difficile pour vous. Beaucoup de choses peuvent se dire autour de vous. Mais mobilisez vos énergies, concentrez-vous sur nos prochains matches. Prouvez aux Actionnaires que vous savez réagir. Et la seule façon de le prouver, c’est de faire de très bons matches le mercredi, puis le dimanche prochains et de terminer en force le championnat. Je ne sais pas si nous serons champions de Côte d’Ivoire, mais je vous demande de terminer en force le championnat. Ensuite nous préparerons nos derniers matches de poule de la Coupe d’Afrique. Je ne vous saluerai pas pour vous dire au revoir parce que je n’en ai pas l’envie ».

12 minutes et 21 secondes, c’est le temps qu’a duré exactement l’intervention du Président Roger OUEGNIN que les joueurs et encadreurs ont écouté religieusement. C’est ensuite avec un air grave qu’il a quitté la salle sans un regard vers les joueurs. Il a été immédiatement suivi par les Présidents Francis OUEGNIN et MESSOU Kouablan, puis par les joueurs. Après la réunion, ces derniers se sont rendus directement sur le terrain pour l’entraînement de ce samedi matin consacré à la récupération pour ceux qui ont joué hier contre Coton Sport et à des exerces spécifiques pour ceux qui n'ont pas joué.

K. Ismaël

 

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