« Je vis ma passion à l’ASEC Mimosas »

Joueur puis entraîneur et ensuite président de la Section basketball de l'ASEC Mimosas, MAIGA Alou Madou aura servi à tous les niveaux cette section du club Jaune et Noir. Cette emblématique personnage de l'ASEC Mimosas a été le 39e invité de l'émission "Le Salon des Actionnaires" sur RJN (96.6 FM). Il a parlé, entre autres, de son parcours et de sa loyauté au club jaune et noir. Extraits.

 

Quelle est l’actualité de MAIGA Alou Madou ? 

Je suis à la retraite, mais également Conseiller Municipal à Treichville. J’ai récemment apporté mon concours à l’organisation de l’Afrobasket, en Côte d’Ivoire. Je suis toujours dans le basketball, mais je déplore encore le manque criard de moyens financiers pour les jeunes qui sont restés, par amour pour l’ASEC Mimosas. D’aucuns se demandent ce que je fais encore à l’ASEC Mimosas. A ceux-là, je dirai que je vis ma passion. Je fais ce qu’Ali DAHER nous a appris.

 Récemment, FIBA Afrique vous a décerné l’Etoile d’Or destinée aux meilleurs dirigeants africains de basketball. Comment avez-vous accueilli cette distinction ?

Les récompenses ont été décernées pendant le tournoi de l’Afrobasket. Ceux qui n’avaient pas été présents pour des raisons quelconques, ont reçu ce jour-là, la distinction de mains du Président de FIBA Monde. Je n’étais pas le seul parce qu’il y avait également BAH Florent, ELOH Dingui, Abass DIOP etc…A travers nous, c’est l’ASEC Mimosas qui est mise en évidence et en exergue. Je remercie FIBA Afrique et BILE Alphonse qui a fait de FIBA Afrique, une des plus grandes institutions d’Afrique.

 Comment êtes-vous arrivés au Basketball ?

Je suis arrivé au basketball par le plus grand des hasards, en 1971. C’est pourtant le football que je pratiquais auxparavant. Mais, un jour, je suis allé assister à une  séance d’entraînement  de l’équipe de l’EECI, à Marcory. J’ai été invité par l’entraîneur BAH Mohamed  à rejoindre le groupe. J’ai  été encouragé en ce sens par des amis tels que Merlin BARRE et Chantal TERRASSON (Mme Blaise COMPAORE). Au fil du temps, je me suis pleinement retrouvé dans ce magnifique sport jusqu’à ce jour.

 Ainsi vous devenez basketteur plutôt que footballeur. Quelles différences avez-vous fait lors de ce changement?

Déjà, on fait le constat que l’aire de jeu est plus petit. On se retrouve  permanemment en mouvement. La moindre erreur est fatale à l’équipe et les buts sont en hauteur. Le match se joue à cinq contre cinq. Ce n’est pas du tout aisé parce qu’il faut apprendre les différents modèles de défense. Mais, peu à peu, avec la volonté qui nous animait, nous avons réussi à nous intégrer.

Comment avez-vous atterri à l’ASEC Mimosas ?

L’équipe de l’EECI traversait des moments difficiles. Nous nous sommes presque tous retrouvés de  l’AS EECI à l’ASEC Mimosas, grâce à Ali DAHER et à la famille GADEGBEKOU. Nous y avons trouvé des joueurs tels que David, Valentin, TRAORE Parker, Aimé BENSON, ELOH Dingui, KOFFI N’Zué et bien d’autres. Tout de suite, est née une symbiose entre nous et nous avons constitué une grande équipe de l’ASEC Mimosas.

 Vous arrêtez votre carrière de joueur en 1984 et devenez  entraîneur de l’équipe féminine, puis masculine. Et pour la consécration vous devenez plus tard Président de la section basketball de l’ASEC Mimosas. Comment se sont effectuées ces reconversions ? 

Pendant que j’étais encore joueur, je m’occupais de nos cadettes qui devaient prendre notre relève. Et donc peu à peu, j’ai pris goût au métier d’entraîneur sans avoir suivie une formation particulière en la matière. Lorsque j’ai arrêté ma carrière de joueur, j’ai entraîné successivement les équipes féminine et masculine de l’ASEC Mimosas et j’ai été assistant-entraîneur de l’équipe  qui a remporté la Coupe d’Afrique en 1989.

Plus tard, des problèmes se sont présentés au sein de l’équipe et Ali DAHER est allé à la section natation. Le PCA Roger OUEGNIN était un peu fâché et avait décidé de dissoudre la section basketball. Mais il nous a accordé une nouvelle chance et nous a permis de repartir de plus belle. C’est ainsi que j’ai pris la tête de la section basketball.

 Quels sont vos meilleurs souvenirs à l’ASEC Mimosas?

Ce sont les années inoubliables des  deux titres de champions d’Afrique. En 1989, en tant qu’entraîneur et en 2000, en tant que Président. C’était des moments d’immense bonheur.

 Quel est le problème de la section Basketball de l’ASEC Mimosas, aujourd’hui ?

L’absence de moyens financiers est le plus grand problème de l’ASEC Mimosas. Le basketball coûte très cher et les retombés sont très faibles, ici, en Côte D’Ivoire. Je me retrouve tout seul avec cette équipe et je fais ce que je peux. Nous avons fini par donner raison à Me Roger OUEGNIN parce qu’en 2000, comme récompense du titre de champion d’Afrique, nous avons perçu de l’Etat de Côte d’Ivoire, la somme de 1.500.000f CFA en tout. Chaque joueur devrait donc percevoir la somme de 35.000f CFA, après calculs. C’était scandaleux. J’ai eu mal et j’ai même pleuré. C’est à partir de là que j’ai véritablement compris Me Roger OUEGNIN et cela nous a encore plus rapprochés.

Ce que l’on n’a jamais dit au public sportif, c’est qu’au lendemain de la victoire finale, le PCA, au nom du Conseil d’Administration, avait donné 10.000.000f CFA à l’équipe. Et malheureusement, malgré cette aide certains joueurs ont trouvé le moyen de déserter l’équipe et de fuir à l’étranger avec le soutien de certains managers sans que l’ASEC ne perçoive une quelconque somme d’argent.

 Avez-vous des choses à ajouter pour finir ?

Tout simplement pour dire que la porte est ouverte à l’ASEC Mimosas. Si quelqu’un veut réveiller la section basketball de son sommeil, qu’il vienne voir le PCA pour lui présenter les moyens qu’il a. Nous n’attendons que ces propositions. Mais déjà, je tiens à rendre un vibrant hommage à tous ceux qui nous ont aidés jusqu’à ce jour. Je pense à feu Ali DAHER, à AMON Jean-Claude, à Me Roger OUEGNIN, à Me KONE Mamadou, au club des amis, à YAO Aholou et à bien d’autres personnes.

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