« Que chacun fasse sa part »

MESSOU Kouablan, 3e Vice-président du Conseil d’administration, a été nommé Coordonnateur du CNACO par le Président Roger OUEGNIN. Il est décidé à relever ce nouveau défi qui consiste à mobiliser les Actionnaires et à générer des ressources financières pour aider le club à aller de l’avant. MESSOU Kouablan ne manque pas d’idées pour répondre aux attentes du club. Interview !

 

– M. MESSOU Kouablan, vous êtes le 3e Vice-président du Conseil d’Administration de l’ASEC Mimosas et le Coordonnateur du CNACO. Mais votre discrétion fait que la jeune génération d’Actionnaires vous connaît peu. Pouvez-vous vous présenter à elle ?

– Je suis MESSOU Kouablan, membre du Conseil d’Administration de l’ASEC Mimosas depuis 1992. Professionnellement, j’ai fait ma carrière chez Eveready, puis chez Cosmivoire qui a été rachetée par la suite par le Groupe SIFCA. Chez Eveready, j’avais commencé  comme Chef de ventes, puis je suis devenu Directeur Commercial et Marketing. Chez Cosmivoire, je suis entré comme Directeur Commercial et Marketing, puis je me suis occupé de l’exportation et j’ai terminé Directeur Général Adjoint. J’ai enseigné aussi le Marketing à la faculté des Sciences économiques, de 1985 à 1990, à l’Université FHB de Cocody. A l’ASEC Mimosas, lorsque le Président Roger OUEGNIN a confié la gestion du CNACO à Me KONE Mamadou, celui-ci m’a fait l’amitié de m’appeler pour l’aider dans sa tâche en qualité de Trésorier Général de cette structure et surtout comme la personne ressource devant développer la vente des gadgets.

 

En début d’année,  le PCA, Me Roger OUEGNIN, vous a nommé, Coordonnateur du CNACO. En quoi consiste cette nouvelle responsabilité que vous assumez ?

– En fait, en début d’année, Me Roger OUEGNIN m’a appelé pour me dire que Me KONE Mamadou étant redevenu Bâtonnier, à sa demande, deux Vice-présidents, DJIRA Youba et TRAORE Samba, ont été nommés pour l’aider dans sa tâche. DJIRA Youba s’occupe des Actionnaires de la partie nord du pays et TRAORE Samba de ceux de la partie sud. Mais le Président Roger OUEGNIN a estimé qu’un Vice-président du Conseil d’Administration du club devait coordonner leurs activités. Il m’a donc demandé, en tant que 3e Vice-président, de le faire. J’ai accepté la proposition du PCA et j’essaie de travailler en parfaite symbiose avec DJIRA Youba et TRAORE Samba pour faire évoluer les choses.

 

Lors d’une première réunion avec les Actionnaires, à Sol Béni, le dimanche 9 février dernier, vous avez annoncé quelques projets que vous entendez réaliser. Pouvez-vous nous en parler ?

– Le message principal de cette réunion était la mobilisation des Actionnaires pour donner à l’ASEC Mimosas les moyens financiers dont il a besoin pour son développement. Lorsque le PCA me confiait mes nouvelles responsabilités, il m’a dit que le club connaît des difficultés financières, qu’il a besoin de quelqu’un qui s’y connaît dans le domaine commercial pour faire évoluer les choses. Je lui ai dit que j’avais effectivement des idées pour aider l’ASEC Mimosas dans ce domaine. Lorsque j’ai rencontré les Actionnaires, je leur ai dit qu’il fallait absolument que nous repartions de zéro en recréant de nouveaux comités de supporters et en acquérant de nouvelles cartes d’adhésion. Parce que nos différents comités créés dans les années 1990 n’existent plus que de nom. Ma proposition a été acceptée.

 

– Comment expliquez-vous le fait que les Actionnaires ne participent plus à la vie de l’ASEC Mimosas comme dans les années 1980 et 1990 ?

– Effectivement, les Actionnaires se plaignent du jeu et des résultats de leur équipe qu’ils trouvent moyens. Ils ne se rendent plus au stade. Une analyse des faits permet de bien comprendre les raisons d’un tel comportement. Quand le Président Roger OUEGNIN arrivait le 19 novembre 1989, notre club connaissait une dizaine d’années de disette. L’Africa Sports, le club rival, régnait en maître absolu sur le football national et son président en était le grand manitou. A l’ASEC Mimosas, il n’y avait que des coups d’Etat à répétitions. Le club n’avait aucun patrimoine. Tous ses supporters et sympathisants se sentaient frustrés. Le discours, les idées et les méthodes de Me Roger OUEGNIN étaient nouveaux et convaincants. Tout le monde s’est dit qu’il fallait le soutenir pour pouvoir rivaliser avec l’Africa Sports. Les choses se sont très bien passées après que Me Roger OUEGNIN a recruté un entraîneur hautement qualifié en la personne de Philippe TROUSSIER et qu’il a fait revenir d’Europe Abdoulaye TRAORE dit Ben Badi et GADJI Céli Saint Joseph. Il avait recruté aussi d’autres bons joueurs sur place et dans la région ouest-africaine. Notre club a aligné les victoires. La mayonnaise a pris jusqu’en 1999. L’ASEC Mimosas, qui n’avait jamais rien gagné hors du pays, a remporté une Coupe UFOA, en 1990, gagné 17 fois le championnat, battu le record mondial d’invincibilité en championnat, gagné 9 Coupes nationales, 11 Coupes FHB et enfin la Ligue des champions tant espérée, en 1998. Puis la cerise sur le gâteau, la Super Coupe d’Afrique des clubs, le 7 février 1999. Les Actionnaires ont eu en 10 ans tout ce dont ils avaient toujours rêvé : de l’émotion, du spectacle, du plaisir et surtout des titres dont certains nous semblaient inaccessibles. A partir de ce moment, ils ont commencé à baisser les bras. La crise est venue ensuite aggraver la situation. En fait, à un moment donné, nous les Actionnaires avions faim et soif. Me Roger OUEGNIN est venu construire le club et nous gaver de titres. Quand nous avons été rassasiés, nous avons pensé à nous reposer et à nous endormir. C’est ce qui se fait généralement. Mais en sport, cela ne pardonne pas. Ces dernières années, les résultats ne sont plus à la hauteur des attentes. Les Actionnaires commencent à se retrouver en situation de manque. Je pense que c’est l’occasion de relancer la machine.

 

Les Actionnaires reprochent au club l’absence de stars, la qualité moyenne du jeu de l’équipe première et les résultats sportifs de celle-ci qu’ils trouvent moyens. Que pensez-vous de cette réaction ?

– Les supporters ont raison. Des amis me disent ceci : « Lorsque je rencontre un joueur de l’ASEC Mimosas dans la rue, je ne le reconnais pas ». Qui pouvait rencontrer N’DIAYE Aboubacar, Youssouf FOFANA, ZARE Mamadou, Lucien KASSY Kouadio, GADJI Céli, Abdoulaye TRAORE, BASSOLE Michel, FALLET Vilasco, GUEL Tchiressoua, SIBY Badra Aliou, Sékou BAMBA, ZONGO Mamadou « Bebeto », Kalou Bonaventure et autres dans la rue sans les reconnaître ? Il y a du vrai dans ce que les Actionnaires disent. Mais en même temps, leur réaction me fait sourire. Avec la gestion de Me Roger OUEGNIN, on a tous vu ce qu’on a gagné. L’ASEC Mimosas s’est construit et s’est beaucoup développé. Les charges sont devenues plus grandes. Mais, ces dernières années, les entrées d’argent ne suivent pas. Et aujourd’hui, nous les Actionnaires, ne faisons plus rien pour notre club. Avec quels moyens voulons-nous que ce club recrute un bon entraîneur et de grands joueurs comme dans les années 1990 ? Il faut de l’argent pour bâtir une grande équipe. Mais aujourd’hui, l’argent  manque à l’ASEC Mimosas pour faire cela. Les Actionnaires ont le droit de dire ce qu’ils pensent. Mais il est bon aussi qu’ils fassent leur autocritique. Ont-ils joué leur partition, ces dernières années ? Vont-ils au stade pour soutenir leur équipe et donner de l’argent à l’ASEC Mimosas grâce aux recettes de matches ? Achètent-ils leur journal pour donner les moyens aux dirigeants de bâtir une grande équipe ? Ils ne font rien de tout cela. Je leur demande donc amicalement de jouer leur rôle et tout ira pour le mieux.

 

Malgré la publication du compte d’exploitation du club chaque année, certains Actionnaires reprochent aux dirigeants une opacité dans la gestion de l’argent des sponsors et de celui des transferts de joueurs, Que répondez-vous à ceux-là ?

– Ce sont des propos que nous entendons depuis plusieurs années. Ceux qui les tiennent ignorent comment fonctionne notre club parce qu’ils ne cherchent pas à le savoir. Ils parlent de l’argent des transferts. Mais nous n’avons pas fait de transfert, ces dernières années. Nous n’avons donc pas gagné d’argent dans ce domaine. L’argent des sponsors et celui des transferts de joueurs que le club a pu faire se trouvent dans l’Hôtel de Sol Béni, dans la Maison de la Communication qui comprend le journal, la radio, le Site internet et dans la gestion quotidienne du club. Me Roger OUEGNIN a toujours dit qu’il fallait construire le club d’abord pour lui permettre d’être fort, éternel pour pouvoir gagner des trophées. C’est ce qu’il fait. Il construit le club qui gagne des trophées. Il en a fait aussi l’un des mieux organisés du continent alors que dans certains clubs locaux qui veulent rivaliser avec nous, c’est la pagaille la plus totale. Nous sommes l’un des rares clubs en Afrique à posséder un patrimoine dans lequel nous investissons l’argent des sponsors et des transferts de joueurs. Ceux qui en doutent peuvent se rendre à Sol Béni pour s’en convaincre.

 

Quel est, selon vous, le moyen pour les Actionnaires d’aider rapidement leur club à rebâtir une grande équipe ?

– C’est par l’achat du journal du club. Et cela peut rapporter rapidement beaucoup d’argent à l’ASEC Mimosas. Mais personne n’y pense. Tout le monde se dit qu’il faut trouver un mécène qui va donner 250 millions de francs CFA. Mais nous, les Actionnaires pouvons mobiliser facilement et rapidement cette somme. Faisons un calcul tout simple. Le journal de l’ASEC Mimosas coûte 300f CFA. Si nous divisons 300f CFA par 7, cela fait moins de 50f CFA par jour qu’il faut mettre de côté pour acheter son journal chaque semaine. Si nous sommes 100 000 Actionnaires à acheter notre journal par semaine dans le but d’aider notre club, cela fera 30 millions de francs CFA. Multipliez cette somme par 4, cela donne 120 millions par mois. Même si nous déduisons les frais d’impression, le pourcentage d’Edipresse, les salaires, il restera suffisamment d’argent pour recruter de grands joueurs et pour les retenir dans le club en leur payant de bons salaires. Mais il faut que les Actionnaires prennent conscience de leur force pour donner les moyens à l’ASEC Mimosas de bâtir une grande équipe. Notre club ne fait plus rêver les Actionnaires parce qu’il n’a plus d’argent pour le faire. Et qui doit lui apporter cet argent ? Ce sont les Actionnaires. Nous sommes une association. Et ce sont nous, les membres de cette association, qui devons lui donner les moyens pour bien fonctionner. Pour cela, Chaque Actionnaires doit commencer par acheter son journal toutes les semaines. Les Actionnaires doivent comprendre cela. Tout est une question de volonté. Quant au contenu du journal, les suggestions des uns et des autres pourront l’enrichir et le rendre plus attrayant.

 

– Que pouvez-vous nous dire sur les prochaines cartes d’adhésion au club ?

– Certains Actionnaires nous demandent de faire confectionner des cartes d’adhésion de 1000f CFA. Cela est impossible. Le coût de fabrication d’une carte infalsifiable est supérieur à ce montant. D’autres nous demandent d’acheter les outils pour la confection desdites cartes. Cela est également impossible aujourd’hui. Nous n’en avons pas les moyens. Mais nous y pensons. Une carte d’adhésion coûtera au minimum 5000f CFA. Nous aurons plusieurs catégories de cartes. La première est celle des membres actifs individuels qui coûtera 250 000f CFA. Elle donnera une voix et permettra de voter lors de l’élection du Président du Conseil d’Administration de notre club. Chaque membre du Conseil d’Administration devra prendre cette carte. La deuxième catégorie est celle des membres bienfaiteurs. Elle coûtera 500 000f CFA. Elle est destinée à tous ceux qui portent l’ASEC Mimosas dans leur cœur et qui veulent l’aider à briller. Je demande à tous nos joueurs formés à l’Académie MimoSifcom qui sont aujourd’hui de grandes stars évoluant dans les meilleurs clubs d’Europe et d’Asie de prendre une carte de membre bienfaiteur. Ce sera une manière pour eux de dire merci à leur club formateur et de l’aider à donner la chance à d’autres jeunes. La troisième carte est celle des membres collectifs d’un comité de supporters. Elle coûtera au minimum 5000f CFA. Chaque comité de supporters comprendra 50 membres. Si vous multipliez 5000f CFA par 50, cela donne 250 000f CFA. Chaque membre aura sa carte individuelle. Mais la carte de 250 000f CFA qui permettra de voter lors des Assemblées Générales Electives de notre club reviendra au président de comité où à une personne que le comité choisira pour voter en son nom. La quatrième carte est celle des sympathisants. Son prix variera entre 5000f CFA et 1 millions de francs CFA voire plus, selon les moyens de chacun. Enfin, la dernière carte est celle qu’on appelle Fitini club ASEC Mimosas. Elle est réservée aux enfants de 3 à 15 ans. Elle servira à intéresser les jeunes. Nous allons passer dans les écoles, dans les centres de formation pour les écouler. Nous commencerons à Sol Béni où des enfants viennent prendre des cours de football, de basketball, de tennis, etc. Je vais voir avec le Directeur Général, YOU Benoît, les avantages que nous pourrons accorder à ces enfants s’ils prennent des cartes Fitini Club ASEC Mimosas.

 

– Vous parlez aussi de partenariat gagnant-gagnant avec les Actionnaires qui détiendront des cartes d’adhésion. De quoi s’agit-il ?

– Je suis en train d’y réfléchir avec le Directeur Général de l’ASEC Mimosas. pour voir ce que les différentes cartes pourront apporter comme avantage à leur détenteur. Si nous sommes 500 000, 1 millions ou 5 millions de personnes à prendre chacun une carte de supporter, cela constituera une grande force. Nous pourrons rencontrer l’ordre des pharmaciens, l’ordre des médecins, les assureurs pour leur dire : « nous sommes Actionnaires, nous sommes 500 000, 1 millions ou 5 millions, voilà ce que nous vous proposons ». Ils vont nous écouter. Mais si nous leur disons que nous sommes 50 et 80 supporters, ils nous diront qu’ils ne sont pas intéressés. Je le répète, si nous sommes bien organisés et si nous sommes très nombreux à adhérer à notre association, nous pourrons mettre facilement en place un partenariat gagnant-gagnant avec les Actionnaires.

 

Vous avez dit tantôt qu’on ne connaît pas le nombre d’Actionnaires. L’Opération cartes d’adhésion servira-t-elle aussi à recenser les supporters ?

– Effectivement, aujourd’hui, nous ne savons pas combien d’Actionnaires nous sommes. Chaque supporter qui prendra une carte d’adhésion, sera automatiquement recensé comme membre de notre association. Et à la fin, nous connaîtrons le nombre de supporters et de sympathisants de notre club. Les cartes seront numérotées par catégorie, par comité et par commune. Quand nous entrerons dans notre base de données des membres actifs individuels, si le dernier chiffre est 1000, cela voudra dire que nous sommes 1000  membres actifs individuels. Les cartes des membres collectifs seront numérotées dans chaque commune. S’il y a 60 comités à Treichville, les numéros se suivront selon l’ordre d’adhésion des comités. Et si le dernier chiffre de Treichville est 1000, cela voudra dire qu’il y a 1000 Actionnaires à Treichville.

 

– L’un de vos grands projets est aussi la réfection du siège du CNACO. Que prévoyez-vous pour cela et comment fonctionnera ce nouveau siège des supporters du club ?

– Aujourd’hui, le siège du CNACO est complètement désuet. J’en ai parlé avec YOU Benoît. La première chose que nous faisons actuellement, c’est la conception d’un nouveau plan. YOU Benoît a une idée de la personne qui s’occupera de la conception du plan et de la réfection de notre siège. Nous recherchons ensuite le financement des travaux.

 

– Qu’attendez-vous présentement  des Actionnaires et sympathisants de l’ASEC Mimosas ?

– J’attends que les uns et les autres mouillent le maillot. J’attends que les uns et les autres se disent que l’ASEC Mimosas est notre affaire. Ce n’est pas seulement l’affaire du Conseil d’Administration du club. Nous n’avons pas le droit de baisser les bras. Que chacun rentre en lui-même et se dise : « je parle, mais qu’est-ce que je fais pour faire avancer les choses ?» La prise de conscience doit être individuelle avant d’être collective. Si je me dis que je dois me rendre au stade pour soutenir mon équipe et que Pierre, Paul, Ali, Koffi, Séry, se disent la même chose, nous nous retrouverons à 10, 15, 20 000 Actionnaires au stade. Nos supporters se retrouveront dans tout ce que je suis en train de dire. Contrairement à ce que certain d’entre eux croient, l’ASEC Mimosas a beaucoup grandi. Si nous, Actionnaires, donnons les moyens à nos dirigeants, notre club grandira encore et les résultats sportifs suivront.

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