« L’ASEC doit s’imposer à tous »

Le seul gardien de but ivoirien à avoir disputé deux finales de Ligue africaine des champions (1995 et 1998), DIARRA Seydou dit «Zenga », était à Sol Béni, le samedi dernier, dans le cadre de l’émission « Le Salon des Actionnaires » de RJN. L’ancien gardien de but de l’ASEC Mimosas et des Eléphants de Côte d’Ivoire y a résumé sa carrière de footballeur. Voici des extraits de ce qu’il a confié.
 

Que devient DIARRA Seydou ?

J’ai une formation d’informaticien et maintenant je fais de petites affaires qui me permettent de mener une vie normale. Les samedis et les dimanches, je dispute des parties de maracana avec des amis de quartier, à Yopougon.

 Pourquoi vous appelait-on «Zenga» du nom de l’ex- gardien de but international italien Walter Zenga ?

Walter ZENGA était mon modèle. C’était un Monsieur qui, une fois dans les buts ne plaisantait plus. J’ai eu à le pratiquer en Italie et il m’a dit une phrase que j’ai retenue : « Un gardien de but, c’est 25% technique et 75% mental ». Il a, en quelque sorte, renforcé mes convictions de demeurer dans les buts.

 Comment se sont déroulés vos débuts ?

J’ai fait mes débuts au Stade d’Abidjan où j’ai intégré l’équipe cadette, en 1982, par l’intermédiaire d’un ami qui y jouait déjà et qui m’avait présenté aux entraîneurs de ce club. Je n’avais que 14 ans. Le Stade d’Abidjan  était, en ce temps-là, l’une des meilleures équipes de la place. Il n’était donc pas aisé d’intégrer cette équipe. Elle a été pour moi, une école de la vie parce que j’y ai beaucoup appris. J’ai donc suivi un bon apprentissage pour me retrouver en équipe première un peu plus tard. Malheureusement, je n’ai rien remporté avec cette équipe.

 Au Stade d’Abidjan, on avait l’impression que vous faisiez vos meilleurs matches face à l’ASEC Mimos ? Comment expliquez cela?

Tous les matches que je jouais étaient des défis pour moi. J’améliorais mes performances à chaque rencontre. La différence se situait dans le fait que les oppositions ASEC Mimosas-Stade d’Abidjan étaient très médiatisées avec beaucoup de monde dans les tribunes. Et lorsqu’une équipe jouait contre l’ASEC Mimosas, son gardien de but était beaucoup plus sollicité. Il fallait donc rester concentré en permanence. Je faisais de bons matches et cela m’a valu la sollicitation du club jaune et noir, en 1993.

 Comment êtes-vous arrivés à l’ASEC Mimosas ?

J’ai quitté le Stade d’Abidjan parce qu’on me traitait de joueur corrompu. Par vengeance donc,  j’ai signé à l’ASEC Mimosas, un club qui connaissait bien ma valeur. Je n’ai pas hésité à le faire parce que j’avais déjà de la sympathie pour ce club.

 Vous avez signé à l’ASEC Mimosas où se trouvaient déjà Losséni KONATE et Alain GOUAMENE, deux gardiens de but internationaux. N’aviez-vous pas eu peur de la concurrence ?

Quand on a du talent à revendre, on doit pouvoir attendre son heure, tout en continuant le travail. Je n’ai jamais eu peur de la concurrence. C’est un peu cela ma force. Lorsque j’ai décidé de rejoindre l’ASEC Mimosas, de nombreuses personnes ont traité ce choix d’insensé, parce que j’étais un élément essentiel de l’équipe du Stade d’Abidjan et j’allais occuper la place de troisième gardien de but à l’ASEC Mimosas. J’ai donné tort à ces personnes parce que j’ai, plus tard, eu ma place dans l’équipe et j’ai gagné des trophées, surtout la Ligues des champions, en 1998, avec l’ASEC Mimosas.

 En 2002, vous quittez l’ASEC Mimosas pour la JCAT, mais cette nouvelle aventure tourne court parce que vous contractez une longue  maladie qui vous empêche de poursuivre votre carrière. Comment avez-vous vécu cette période?

Grâce à Dieu, je me porte beaucoup mieux actuellement. J’avais été victime d’un AVC (Accident Vasculaire Cérébral) qui m’avait paralysé et je n’arrivais même pas à parler. Ça été un moment très difficile.

 Vous avez une finale de Coupe d’Afrique des clubs Champions à votre actif, en 1995 et la Ligue des champions, en 1998. Que retenez-vous de ces finales?

Ce sont des moments inoubliables. La finale de 1995 a été une cruelle désillusion et donc un mauvais souvenir pour nous. Nous avions à cœur de la remporter parce que c’était la première finale de Coupe d’Afriqe des clubs champions de l’ASEC Mimosas. Malheureusement, nous nous sommes enflammés et cela a profité au Sud-africain d’Orlando Pirates  qui ont remporté le trophée. Nous en avons tous été écœurés.

En 1998, c’était la consécration avec l’entraîneur Argentin Luis Oscar FULONNE. Nous n’avons pas raté cette deuxième occasion. Nous avons battu l’équipe zimbabwéenne du Dynamos FC de Harare en finale, à Abidjan sur le score de 4 buts à 2, après avoir obtenu un match nul (0-0), à Harare. C’est un palmarès exceptionnel pour moi.

 Qu’est-ce qui a fait votre force en ce temps-là ?

Nous étions une famille dans laquelle la solidarité et la fraternité étaient nos devises. J’en veux pour preuve qu’après un match, le samedi soir, nous nous retrouvions entre joueurs chez l’un de nous pour partager un repas, et nous y restions tard, dans la nuit,  lorsque le lendemain matin il n’y avait pas d’entraînement programmé. Pendant ces repas, nous échangions constamment sur le comportement de chacun lors du match. Cela consolidait réellement les liens de fraternité entre nous.  Les Dirigeants mettaient également les grands moyens à notre disposition parce que l’ASEC Mimosas avait un statut à préserver.

 De tous les entraîneurs que vous avez connus à l’ASEC Mimosas, lequel vous a le plus impressionné?

Je choisis l’entraîneur Oscar FULONNE parce qu’il était très paternaliste et savait mettre le joueur en confiance pour obtenir le maximum de lui.

 Vous avez connu la première génération de l’Académie MimoSifcom et vous avez refusé d’être le remplaçant de Copa BARRY lors de la finale de la Super Coupe d’Afrique contre l’Esperance Sportive de Tunis. Pourquoi aviez-vous pris cette décision?

Jean-Marc GUILLOU, en ce temps-là, avait compris ma décision. Je ne voulais pas être le remplaçant de Copa BARRY que je considérais comme mon élève. Nous nous sommes bien compris et tout s’était bien passé.

 Que pensez-vous de l’équipe actuelle de l’ASEC Mimosas ?

Je ne sais pas si le PCA, Me Roger OUEGNIN, lui met la pression comme à notre temps. Je pense qu’il y a un laisser-aller vu les résultats de ces dernières années. Cette équipe ne doit pas se laisser devancer par une quelconque équipe ici, en Côte d’Ivoire. Nos joueurs doivent se battre pour reprendre la place qui est la leur. L’ASEC Mimosas a les meilleures installations sportives de la sous-région. C’est donc tout logiquement qu’elle doit s’imposer à tous.

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