« L’ASEC Mimosas ne mourra jamais »

Adulé par les supporters, Théo DOSSOU ou « Petit Théo », l’emblématique gardien de but volant de l’ASEC Mimosas et des Eléphants a passé une longue et riche carrière qui lui a permis de côtoyer trois générations de joueurs à l’ASEC Mimosas. Comme illustre serviteur de ce club, il a été le 32e invité de l’émission « Le Salon des Actionnaires » de RJN. Nous vous proposons quelques extraits des échanges avec l’animateur Clément DIAKITE.

Que devient Théo DOSSOU ?

J’ai actuellement 75 ans et je mène une vie paisible de retraité auprès de  mes enfants, mes petits enfants et arrière-petits-enfants. Je suis beaucoup les informations à travers les médias que sont la télévision, la radio et les Magazines.

 Comment êtes-vous arrivé à l’ASEC Mimosas ?

KOFFI Raglan, un dirigeant de l’ASEC Mimosas, habitait la même rue que mes parents, à Treichville. J’avais pour habitude de jouer avec des anciennes balles de tennis. Je les lançais contre le mur pour m’exercer dans les parades. C’est ainsi que le dirigeant de l’ASEC Mimosas m’a remarqué et m’a demandé de rejoindre son équipe. J’ai donc intégré l’équipe junior de l’ASEC Mimosas  dans laquelle figuraient déjà des amis de quartier. L’équipe sénior de l’ASEC Mimosas était réputée, mais manquait de gardiens de but à sa dimension. J’ai donc été promu, plus tard, en équipe première par l’entraîneur Guy FABRE, en 1955, alors que je n’avais que 16 ans et j’étais en équipe réserve.

 Pourquoi vous appelait-on « Petit Théo, le gardien volant » ?

J’ai trouvé à l’ASEC Mimosas le gardien de but titulaire qui était Théo Lawson BOWEVI qu’on a surnommé « Gros Théo ». Automatiquement, je me suis fait appeler «Petit Théo ». J’ai fini par lui ravir la place de titulaire et obtenir la sympathie de l’entraîneur et des supporters grâce à ma jeunesse et mon sens de l’anticipation sur les actions de jeu. J’aimais bien aller chercher les balles en l’air raison pour laquelle on m’appelait également le gardien volant.

 Vous avez passé 19 ans dans les buts de l’ASEC Mimosas. Comment expliquez-vous cette extraordinaire longévité ?

L’ASEC me plaisait déjà, depuis que j’étais tout petit. Nous nous cachions pour aller voir ses matches au Parc des Sports. Je vouais un véritable amour à ce club. En plus, j’ai  mené une vie de sportif, sans tabac ni alcool et je suivais à la lettre les consignes de l’entraîneur. A cette époque, on ne songeait pas trop à une carrière professionnelle. Nous n’étions guidés que par la passion du jeu. C’est peut-être ce qui nous a permis de faire de longues carrières.

 Vous rappelez-vous de votre premier match en équipe sénior ?

Absolument. C’était en 1955, l’entraîneur Guy FABRE m’a titularisé lors d’un match des éliminatoires du tournoi de l’AOF (Afrique Occidentale Française), au Stade GEO André (actuel Stade Félix HOUPHOUET-BOIGNY). Ce jour-là, nous avons battu la Jeunesse Club d’Abidjan sur le score de 7 buts à 1. J’ai fait un match formidable et je n’ai encaissé qu’un seul but. Je me souviens que j’avais été porté triomphalement, après le match du Stade à mon domicile à Treichville.

 En 1959, vous vous rendez en France pour une nouvelle aventure. Comment s’est-elle déroulée ?

Lorsque je quittais Abidjan pour la France, sur une invitation de  l’équipe de division d’honneur, Chalon- sur -Saône où évoluaient déjà des ex-Mimos, tels que ZOKOUA Gaston, AKOUATE Benjamin, Ignace WOGNIN, YAPI Ernest et autres, cela coïncidait avec une tournée du Racing Club de Paris en Côte d’Ivoire. Les dirigeants ont donc remis mes coordonnés à Jean TOKPA un ivoirien qui évoluait au Racing Club de Paris. Ce dernier est venu me chercher à Bordeaux pour aller me présenter à ses dirigeants. Malgré des essais concluants, j’ai décidé de retourner à Chalon-sur-Saône. Après 5 années passées là-bas, j’ai décidé de rentrer au pays.

 Vous retournez à l’ASEC Mimosas où vous entamez une nouvelle carrière. Vous arrêtez en 1972, alors que vous n’aviez que 33 ans. Pourquoi aviez-vous pris cette décision ?

C’est à la suite d’un match ASEC Mimosas-Asante Kotoko, au Stade GEO André que j’ai pris la résolution d’arrêter. L’Asante Kotoko nous avait battus et j’avais fait un mauvais match. Après ce match, j’ai été traité de tous les noms par des supporters et même par certains dirigeants de mon club. Ma petite amie, devenue, plus tard, ma femme n’a également pas été épargnée par les médisances. J’en ai beaucoup souffert et j’ai donc décidé de mettre fin à ma carrière.

 Après le football, vous embrassez le taekwondo. Là encore, vous excellez en obtenant la ceinture noire 5e dan. En plus, vous êtes médaillé d’argent à Chicago et médaillé de bronze en Corée du Sud. Comment avez-vous réussi ces prouesses ?

Lorsque j’ai abandonné le football, j’ai eu la chance d’être engagé par une entreprise de la place, grâce aux relations de Me François OUEGNIN (Le père de Me Roger OUEGNIN, ndlr). La-bas, j’ai fait la connaissance de Maître KIM à qui j’ai demandé d’intégrer son « dojo ». C’est à partir de là que j’ai embrassé le taekwondo. Lorsque je m’engage  dans une affaire, je m’investi totalement parce que j’aime la chose et je n’aime pas sortir perdant.

 Quelles sont les qualités requises, selon vous, pour être un bon gardien de but ?

Pour être un bon gardien de but, je conseille aux jeunes de s’éloigner de l’alcool et du tabac. Il faut être surtout régulier aux entraînements. En ce qui me concerne, je travaillais beaucoup individuellement. Je me réveillais parfois à 5h00 du matin et aidé de deux attaquants, j’allais m’exercer pendant près d’une heure. Dieu merci, j’ai été épargné par les graves blessures.

Comment trouvez-vous Sol Béni ?

Sol Béni est un endroit formidable. Grâce à cet édifice, l’ASEC Mimosas ne mourra jamais. Je tire mon chapeau à Me Roger OUEGNIN et à son Conseil d’Administration.

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