« Apporter des résultats au CNACO»

Homme des grands défis, Messou KOUABLAN, le 3e Vice-président de l’ASEC Mimosas, s’est vu confié, récemment, la lourde tâche de Coordonnateur du CNACO. Il a été reçu, le samedi 1er février dernier, à l’émission « Le Salon des Actionnaires » de RJN, dans laquelle  il s’est étalé sur sa nouvelle responsabilité et son amour pour le club Jaune et Noir. Nous avons extrait des propos de ses échanges avec Clément DIAKITE, l’animateur.

Vous êtes le 3e Vice-président du Conseil d’Administration de l’ASEC Mimosas. Mais, récemment, une nouvelle responsabilité vous a été confiée, celle de Coordonnateur du CNACO. Comment réagissez-vous à cette nomination ?

Le PCA, Me Roger OUEGNIN, m’a appelé pour me dire que, sur proposition du Président KONE Mamadou, le CNACO avait maintenant deux Vice-présidents. Et comme j’avais longtemps travaillé aux côtés de Me KONE Mamadou, au CNACO, il a estimé que j’étais la personne la mieux indiquée pour faire ce travail de coordination du CNACO. J’ai accepté ce qu’il m’a proposé parce que je pense que j’ai des possibilités d’apporter des résultats. Je ne suis pas seul dans cette mission. Je travaille avec les deux Vice-présidents DJIRA Youba et TRAORE Samba, mais pratiquement avec tous les Actionnaires pour faire avancer les choses.

 Justement, dans le cadre de ces nouvelles orientations et des directives du PCA, vous avez invité les responsables de comités à une grande rencontre, le Dimanche 9 février prochain, à Sol Béni. De quoi sera-t-il question ?

Avant la réunion, je m’entretiendrai ave le PCA, Me Roger OUEGNIN pour accorder nos violons. Après quoi, nous  rencontrerons les Responsables de Comités, à Sol Béni pour juste parler du’’ CNACO nouveau’’. La structure est en place depuis une vingtaine d’année et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Est-ce que les Comités sont encore dynamiques ? Existent-ils ? Voici certaines questions que nous mettrons sur la table pour voir ce qu’il y a lieu de faire à présent.  J’invite les Actionnaires à la réunion du 9 février à venir s’imprégner des réalités du CNACO. Nous  solliciterons les idées de tous et nous essayerons de voir exactement comment la mayonnaise peut prendre. Je reste confiant parce qu’il y a encore de belles choses à faire.

 Comment est né votre amour pour l’ASEC Mimosas ?

Si mes souvenirs sont exacts, j’ai pris le virus de l’ASEC Mimosas dans les années 1965-1966. J’étais gamin et chaque fois que l’ASEC Mimosas gagnait un match, nous entendions partout des cris de joie ‘‘Mimos, Mimos, Mimos…’’ Tout le monde sortait, aux sons des klaxons des voitures pour jubiler. Ma passion pour l’ASEC Mimosas s’est renforcée en 1967, à la suite de la finale de la Coupe nationale, à Daloa, entre l’ASEC Mimosas et le Stella Club. J’étais au village, à Gouméré et nous avions suivi la retransmission du match à la radio.  L’ASEC Mimosas l’a emporté sur le score de 2 buts à 1. Le village a fait la fête parce qu’il ne comptait quasiment que des supporters de l’ASEC Mimosas. Nous avons bien bu et mangé. Cela m’a vraiment marqué.

 Quand et comment avez-vous vécu votre première présence à un match de l’ASEC Mimosas ?

J’ai assisté à un match de l’ASEC Mimosas, pour la première fois, en 1972, au Stade Imam Ali TIMITE de Bondoukou. J’étais jeune collégien. J’étais surtout allé voir Laurent POKOU, mais c’est AHOULOU Blaise, un transfuge du Stella Club qui m’avait impressionné. Malheureusement, il n’a pas fait une longue carrière de footballeur.

 Quels ont été vos sentiments en voyant pour la première fois vos idoles qu’étaient les Laurent POKOU, MANGLE Eustache, YORO Alphonse, AKRAN Jean-Baptiste, BAZO Christophe et autres ?

J’ai eu pratiquement le sentiment de rêver. J’avais toujours entendu parler d’eux à travers les médias. Et les voir, en face de moi, a constitué des sentiments indescriptibles qui m’ont marqué à jamais. Pour moi, ces joueurs étaient des dieux vivants. Lorsque je suis arrivé à Abidjan, pour des cours de vacances, je ne ratais aucune séance d’entraînement de l’ASEC Mimosas au Stade Robert Champroux. Et là, j’ai commencé à côtoyer les joueurs, surtout, le gardien de but SALIM Eugène qui était l’ami d’un de mes amis.

 Comment le simple supporter que vous étiez est-il devenu un dirigeant ?

Quand je me suis rendu compte effectivement que je ne pouvais pas jouer à l’ASEC Mimosas parce que j’avais choisi de me donner à fond à mes études, ce qui était d’ailleurs le souhait de mon père, je me suis dit, à défaut de jouer à l’ASEC Mimosas, je serai un jour dirigeant de ce club. J’ai donc fini mes études et je côtoyais l’ASEC Mimosas en tant que supporter. Et puis, le hasard faisant, et par l’intermédiaire de mon ami OUATTARA Sanga, le Secrétaire Général d’alors du Sabé Sport, l’actuel maire de Bouna, j’ai rencontré le Président Karim DIABAGATE qui sollicitait un sponsoring de mon entreprise. Malheureusement, cela n’a pas été possible parce que le Sabé n’était pas un club populaire. Mais étant un fils de la région, je faisais, de temps en temps, des dons au Sabé Sport. Lorsque le Président Karim DIABAGATE a su que j’étais un supporter de l’ASEC Mimosas, il a parlé de moi au PCA, Me Roger OUEGNIN. Deux jours après, j’ai reçu Mme Florence BEKE qui est venue me voir pour que notre structure sponsorise l’ASEC Mimosas.  C’est de là que tout est parti. J’ai réussi à convaincre mon patron en lui démontrant que l’ASEC Mimosas était un club phare qui pourrait servir de vitrine pour nos produits. Il m’a donné carte blanche, en tant que Directeur Commercial et Marketing. Nous avons donc signé un contrat de sponsoring avec la Section basket-ball de l’ASEC Mimosas. Pendant 3 ans donc, nous avons sponsorisé l’ASEC Mimosas dans une collaboration gagnant-gagnant.

 Quel est votre plus grand souvenir à l’ASEC Mimosas ?

C’est incontestablement l’expédition heureuse du match retour des quarts de finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions, en 1992, au Stadium de Kumasi, au Ghana. J’étais dans le feu de l’action. C’était extraordinaire.

Avant le match, le CNACO avait mobilisé des milliers de supporters. Nous nous sommes déplacés avec de nombreux cars et les Ghanéens n’en croyaient pas leurs yeux et se demandaient : « Comment des gens qui ont été battus chez eux pouvaient-ils encore espérer quelque chose à l’étranger ?»

Battue sur le score de 2 buts à 1 à Abidjan, au match aller, Philippe TROUSSIER et ses joueurs ont réalisé un grand exploit, en battant puis en éliminant l’Asante Kotoko, à Kumasi, sur le score de 3 buts à 2, avec un but de Ishaya JATAU et un doublé de TRAORE Abdoulaye (Ben Badi).

 Qui est le plus grand joueur de l’ASEC Mimosas de tous les temps ?

Je n’ai pas connu la génération des AKOUATE Benjamin, Ignace WOGNIN et autres. Mais, pour moi, c’est incontestablement Laurent POKOU parce que c’était un Monsieur qui était déterminant. C’est quelqu’un qui était capable, à lui seul, de gagner un match, tellement il avait la hargne et était décisif. J’en veux pour exemple le match retour de la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1973, contre le Hafia FC de Guinée qui avait remporté le match aller, sur le score de 2 buts à 1. Mais au match retour, en moins de 15minutes, Laurent POKOU avait marqué 3 buts et permis à l’ASEC Mimosas de mener 3-0 dès le quart d’heure de jeu. Malheureusement, nous avons été éliminés aux tirs au but car le Hafia était revenu au score  (4-3) dans le temps reglémentaire.

 Que faut-il faire pour ramener les supporters dans les stades ?

Il n’y a pas de solution miracle. Si on avait la possibilité de faire revenir nos nombreux  joueurs qui sont en Europe et qui ne jouent presque pas, pour animer, un peu notre championnat, ce serait une bonne chose. Parce que, les supporters recherchent du spectacle. Il faut reconnaitre que nos joueurs, aujourd’hui, sont complètement anonymes. Les gens préfèrent rester devant leur poste téléviseur pour suivre les matches des championnats européens.

 Que pensez-vous de la mi-saison de l’ASEC Mimosas ?

L’équipe a fait une mi-saison très encourageante en se hissant en deuxième position, à deux points derrière le Séwé Sport, le leader. Je pense que Gigi et ses collaborateurs mettront les bouchées doubles pour que nous puissions remonter notre retard et finir champion de Côte d’Ivoire. Quand on n’est pas champion, le manque à gagner est très important.

 L’ASEC Mimosas a-t-elle réellement des chances de détrôner le Séwé Sport, cette saison ?

Au cours de la 2e phase de cette Ligue 1, le rythme du Séwé Sport va encore baisser. Je crois humblement que l’ASEC Mimosas a toutes les chances de rafler la mise au Séwé Sport.

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