« Nous avons des objectifs exigeants»

De retour des vacances de fin d’année, Julien CHEVALIER et son équipe de l’Académie se sont aussitôt mis au travail depuis le lundi 6 janvier dernier. Une continuité dans le travail avec une planification bien structurée sur laquelle, le Responsable de la formation nous en dit plus. Interview

 L’Académie MimoSifcom a repris ses activités le lundi 6 janvier dernier. Après le TIDA et les fêtes de fin d’année, comment ont été les retrouvailles entre formateurs, pensionnaires  et enseignants ?

C’est toujours le même plaisir de se retrouver qui domine. Notre mission est importante et demande tellement d’investissement et d’énergie que l’on apprécie tous l’arrivée des vacances pour pouvoir récupérer un peu. Mais après quelques jours de repos, Sol Béni et le terrain commencent à manquer…

 Quelle est votre programme d’activités  pour la nouvelle année  2014 ?

La pause a été courte et la reprise s’oriente dans la continuité de l’action entamée, au mois d’Août. L’arrivée de Steve VILMIAIRE à mes côtés nous a permis d’améliorer encore l’encadrement des jeunes et l’efficacité de notre action. Si les tournois de fin d’année nous ont rassurés sur l’orientation et la qualité de travail des premiers mois (finalistes du TIDA pour les U18 et vainqueur du Tournoi de l’Académie pour les U16), il nous reste beaucoup de travail à effectuer pour atteindre nos objectifs.

 Qu’envisagez-vous de faire devant la demande sans cesse grandissante des jeunes ivoiriens à intégrer l’Académie MimoSifcom ?

Depuis que j’ai repris la responsabilité de la cellule de recrutement, il y’a tout juste un an.  Mes collaborateurs et moi parcourons les quartiers et les terrains d’Abidjan, comme jamais, afin de nous donner les moyens de découvrir de futurs talents en allant à leur rencontre. Nous sommes passés de 600 joueurs par an à plus de 4000 joueurs observés. Nous sommes encore plus présents depuis l’arrivée de Steve qui se rend aux compétitions de jeunes tous les samedis et/ou dimanche.

Maintenant, nous ne pouvons pas répondre, seuls, à l’espoir de tous les jeunes ivoiriens. Il faut d’abord que les jeunes s’inscrivent dans des centres de quartier avec lesquels nous collaborons lors de nos détections, pour jouer au football régulièrement et, naturellement, progresser avant d’espérer devenir un jour professionnel.

Il faut être très honnête. Si certains croient que c’est facile de devenir un joueur de haut-niveau, ce n’est pas vrai. Il ne suffit pas de « se lever » et de dire qu’on a du talent.  Il faut le prouver, lors des tests par exemple.  Et, hélas, tout le monde n’a pas le talent suffisant. Il faut, ensuite, travailler dur, développer son intelligence de jeu et  être capable de fournir d’énormes efforts, pour espérer devenir un jour un footballeur de très haut-niveau.

 Si vous devez organiser de nouveaux tests de recrutement, quelles seraient les tranches d’âges concernées et comment se dérouleront ces séances ?

Tout est déjà planifié. Nous étions à Abobo ce samedi, invités pour les finales des compétitions organisées par l’UEFA ( Union des Ecoles de Football d’Abobo) et nous allons continuer de sillonner les quartiers d’Abidjan, 3 mercredi par mois avant de regrouper tous les mois, à Sol Béni, une sélection des meilleurs joueurs aperçus durant cette tournée. Nous voyons à chaque sortie plus de 200 enfants que chaque coach observe, dans des jeux réduits, 2 à 3 fois durant l’après-midi.

Nous recherchons des joueurs de 13 à 18 ans. Mais, là aussi, le contrôle est difficile. Certains espèrent encore intégrer notre centre de formation, à plus de 20 ans, et sont prêt à tricher pour cela. Mais, nous n’avons pas la capacité, ni la vocation de répondre à leurs attentes. Nous devons travailler sur du plus  « long terme » avec des joueurs qui peuvent encore progresser afin de former de meilleurs joueurs et pouvoir leur apporter une culture de jeu suffisante pour aider l’ASEC à retrouver plus de cohésion dans son jeu et redevenir performante.

 Quel est votre jugement sur la collaboration avec Steve VILMAIRE, votre adjoint qui est aux affaires depuis deux mois ?

Je suis très heureux de l’avoir vu venir compléter mon équipe (avec KLE Weuli Mathias et BAMOGO Boukare).

Son arrivée nous a permis de revenir à un fonctionnement plus efficace au quotidien. Nous avons pu former les deux groupes de formation prévus et ainsi porter une attention plus précise aux besoins des joueurs. Les objectifs et les échéances ne sont, logiquement, pas les mêmes pour les deux catégories. Il est donc plus efficace d’avoir une personne derrière la mise en application de chacune des étapes de notre projet de formation même si la vision du travail est commune et concertée.

Steve a pris la responsabilité du groupe des U16 depuis son arrivée et l’apport de ses compétences à l’Académie est très appréciable (formation et recrutement). Son adaptation technique a été très rapide. Et, il commence, maintenant, à bien maîtriser son nouvel environnement.

 A considérer que la FIF relance  les championnats des jeunes cette saison, dans quelles catégories compétira l’Académie MimoSifcom et pourquoi ?

Les championnats «Réserves» pour les U18 et «Elite-jeunes» à partir du 25 janvier pour les U16,  vont commencer. Et, pour la première fois, nous allons participer à cette compétition de jeunes, malgré les limites d’organisation de ces compétitions (cohérence des calendriers et de l’organisation, du contrôle de la compétition, …) et les utiliser comme un moyen d’évaluer nos progrès tout au long des mois à venir.

Malgré tout, on a l’impression que la fédération essaie de pallier le manque de compétition évoqué. Mais son action reste trop superficielle. Organiser une  seule compétition de jeunes, dans le but de faire une détection et de former la sélection des cadets, reste insuffisant.

En se rendant dans les quartiers chaque semaine,  on se rend bien compte du retard de développement du football à la base et du manque de travail en profondeur. Et même si je suis impressionné par la capacité des centres et de leurs encadreurs à s’organiser pour compenser ces manques, cela peut expliquer bien des difficultés concernant le football local, en général.

 En début d’année, vous avez pratiquement renouvelé l’effectif de l’Académie MimoSifcom, à quoi répondait cette purge ?

Après 2 ans de travail depuis mon arrivée à la responsabilité de l’Académie,  on peut considérer cette dernière intersaison comme la fin d’une première étape qui consistait à réamorcer l’approvisionnement du groupe professionnel par son centre de formation. Après 2 intersaisons où peu de joueurs pouvaient prétendre intégrer l’effectif, un grand nombre de joueurs arrivait en Juillet en âge de postuler pour une promotion.

5 joueurs ont été retenus dans l’effectif professionnel et 6 autres ont été prêtés afin de s’aguerrir en essayant de trouver suffisamment de temps de jeu et pouvoir montrer leurs qualités. 4 joueurs ont été libérés.

Ces nombreux mouvements dans l’effectif nous imposaient de compléter celui-ci. Un important travail de détection, avait été lancé pour anticiper ce besoin depuis le début de l’année 2013 et a permis d’observer plus de 2500 jeunes dans les différents quartiers d’Abidjan.

A l’issue de ces détections, 26 nouveaux joueurs ont été retenus et sont entrés à l’académie à la reprise en Août 2013.

Le profil général de l’effectif a été rajeuni. Mais nous avons intégrés tout de même quelques joueurs plus matures avec pour objectif de pouvoir proposer à court terme (chaque intersaison) des joueurs ayant un profil répondant aux besoins de l’effectif professionnel tout en intégrant de plus jeunes joueurs avec lesquels nous avons plus de temps pour travailler,  leur inculquer les fondamentaux et une culture de jeu commune.

 Les nouveaux pensionnaires vous donnent-ils satisfaction ?

Les résultats obtenus en fin d’année, lors du tournoi TIDA avec un effectif largement renouvelé, mais aussi celui de l’Académie où nous avions invités certains des meilleurs centres de quartiers d’Abidjan, nous ont rassuré sur le choix des joueurs et le travail effectué ces derniers temps. Maintenant, avec de jeunes joueurs, les prévisions doivent rester mesurées.

Ici, encore plus qu’ailleurs, le potentiel de développement d’un joueur reste très difficile à prévoir avec certitude. Sinon, ce serait très simple de former « les joueurs de demain ».

Il nous reste beaucoup de travail à accomplir et nous savons que l’effectif va évoluer durant les 4 années de formation (pour les plus jeunes). L’ossature actuelle nous satisfait mais les mois à venir nous donnerons de nouvelles informations et nous peaufinerons l’effectif en fonction de l’évolution de chacun des joueurs.

Nous avons des objectifs exigeants et nous devons savoir prendre les décisions qui nous permettront de les atteindre au mieux.

 Un mot pour conclure?

Si nous pouvons être satisfaits du travail fourni depuis plusieurs mois et des premiers résultats obtenus (TIDA 2012 et 2013, Championnat des réserves,  Jeunes qui recommencent à intégrer le groupe professionnel), je reste persuadé que nous pouvons arriver à faire encore mieux dans les mois et les années à venir.

Nous devons (encadrement, joueurs) rester concentrés et ne pas nous relâcher. Nous cherchons, chaque jour, les moyens d’améliorer notre action dans le but de répondre à l’attente de tous et aider l’ASEC à revenir au premier plan.

 

Interview réalisée par H.K

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