« Je suis fier d’être de la génération 1998 »

Champion d’Afrique en 1998 avec l’ASEC Mimosas, joueur de caractère doublé du sens du devoir, Bamba Siaka a mené une carrière exemplaire. Dans cette interview, il nous relate, avec des anecdotes, ce qu’a été  sa vie de footballeur avant de prodiguer des conseils à ses cadets.

Que devient BAMBA Siaka ?

Après la fin de ma carrière de footballeur, je me suis reconverti au métier d’entraîneur de football. J’ai commencé à passer mes diplômes et je suis actuellement titulaire de la Licence C d’entraîneur de football. Je suis également Président-fondateur d’un centre de formation qui porte mon nom. Je suis en collaboration étroite avec l’Académie MimoSifom, raison pour laquelle, je suis très souvent à Sol Béni. Mon ambition aujourd’hui est d’apporter ma  contribution à la promotion de talents ivoiriens pour le football.

Qu’est-ce qui vous caractérisait en tant que joueur?

J’aimais bien les défis et je  travaillais beaucoup pour accroitre mes qualités et réduire mes défauts. A Issia Wazi, nous avions une séance d’entraînement par jour mais moi, j’en faisais deux ou trois.

Quel a été votre parcours avant votre arrivée à l’ASEC Mimosas ?

J’ai débuté à Issia Wazi où j’ai été recruté par l’entraîneur SANGARE Mouhamadou en 1992. Après 4 saisons passées dans cette équipe, j’ai été recruté par l’ASEC Mimosas en 1996.

Comment êtes-vous arrivé à l’ASEC Mimosas ?

Je suis arrivé à l’ASEC Mimosas par l’entremise de ma mère spirituelle, Ginette ROSSE qui était la présidente de l’équipe d’Issia Wazi. Mais avant, j’avais fait une très bonne saison avec Issia Wazi. J’avais été la révélation de la saison 1995. Et puis lors de la 1ère journée de la superdivision de la même saison nous avions battu l’ASEC Mimosas sur le score de 2 buts à 1. J’avais fais sensation et inscrit le but égalisateur pour Issia Wazi avant que mon coéquipier Tchétché DJOUA ne marque le but victorieux. Cela à marqué les esprits des dirigeants Mimos. La saison d’après, mon recrutement a été effectif à l’ASEC Mimosas.

Qu’est-ce qui a fait la force de l’ASEC Mimosas pour remporter la Ligue des Champion d’Afrique en 1998 ?

En début de saison 1998, et lors de notre première réunion de contact, mains sur table, tous les joueurs ont juré de remporter la Ligue des champions. Nous avons réussi à remporter cette compétition, parce que nous avions une équipe très solidaire, et complémentaire avec des joueurs interchangeables. Un vrai bloc-équipe qui n’aimait pas se faire marcher dessus. Les joueurs, eux-mêmes, se lançaient en permanence des défis. Je me rappelle que lors d’un  match de championnat en 1997, au Stade Municipal de Yamoussoukro nous avons infligé une correction au Sporting club de Gagnoa, sur le score de 9 buts à 1. A ce moment, le « challenge craven A » offrait 400 000f cfa à chaque ‘’hat-trick’’. J’étais remplaçant quant KALOU Bonaventure et ZONGO Mamadou réalisaient chacun un triplé dans le match.

Sur le banc, j’ai lancé le défi de réaliser le mien si le coach me faisait entrer. Personne n’y croyait parce que nous étions à la 2e mi-temps. Le coach a décidé de me mettre en jeu à la 66e mn en lieu et place de ZONGO Mamadou. Et coup sur coup j’ai réussi à inscrire mon nom parmi les lauréats de ce prix en inscrivant mon triplé. Tous étaient étonnés et moi j’étais vraiment fier d’avoir réussi à relever ce défi. C’est vous dire que nous étions des joueurs de caractère.

Quel a été votre parcours après l’ASEC Mimosas ?

Après l’ASEC Mimosas je suis parti en Allemagne où j’ai passé 4 saisons de 2000 à 2004 avec l’équipe de Greuther Fuerth. Après cette aventure je suis rentré au pays et j’ai signé avec l’AS Denguélé (2005-2006). J’ai ensuite opté pour Issia Wazi en 2007 avant de raccrocher après la saison 2008.

Quel est votre regard sur l’équipe actuelle de l’ASEC Mimosas ?

Je constate qu’il y a trop de jeunes joueurs inexpérimentés. A notre temps, nous étions expérimentés. Chacun avait déjà fait ses preuves ailleurs avant d’atterrir à l’ASEC Mimosas. Kalou Bonaventure, Badra ALIOU, Guel TCHIERESOUA, John ZAKI, Losseni KONATE, GOUAMENE Maxime et autres avaient une bonne dose d’expérience et savaient ce qu’ils voulaient. Les temps ont changé et l’ASEC Mimosas a maintenant misé sur la formation à l’instar des plus grandes équipes du monde, telles que Bayern de Munich,  Barcelone FC, Arsenal et autres. Soyons patients.

Quels conseils donneriez-vous à vos cadets de l’équipe actuelle ?

L’entraîneur travaille pour mettre les joueurs dans de bonnes conditions mais ce n’est pas lui qui montera sur  le terrain pour mettre le ballon dans les filets. C’est aux joueurs de prendre les choses en main. Ils doivent accepter de sacrifier leur jeunesse pour travailler et venir à bout de leurs objectifs. Le football est un métier où on ne peut pas tricher, même si on a le meilleur manager du monde. Il faut donc travailler, travailler et toujours travailler pour gagner sa place. Sol Béni n’a pas grand-chose à envier aux clubs Européens. Tout y est pour travailler dans de très bonnes conditions. Seul le travail paye. Je vais encore vous conter une anecdote. Nous étions en toute fin de saison de l’année 1998 et le titre se jouait à distance entre l’ASEC Mimosas et l’Africa Sports. Nous devions gagner contre Issia Wazi pour être champions de Côte d’Ivoire. Les matches se jouaient simultanément et l’Africa menait sur le score de 3 buts à 0 alors que nous étions tenus en échec (1-1) par Issia Wazi. A ce moment, l’Africa passait devant l’ASEC Mimosas. J’étais encore remplaçant  à 15 mn de la fin du match. L’ASEC Mimosas avait déjà effectué deux remplacements. Je me suis levé du banc de touche  et je suis allé vers l’entraîneur pour lui signifier mon envie d’être sur le terrain. Sans hésiter il m’a demandé d’aller m’échauffer. J’ai fais deux accélérations et je suis revenu vers lui pour lui dire que j’étais près. Je suis donc entré et je courrais partout derrière le ballon. Pendant le temps additionnel je reçois enfin ce ballon que je convoitais tant, après un cafouillage dans la surface de réparation. Je ne pouvais pas rater l’occasion. J’ai mis une frappe qui a pris à défaut l’immense gardien de but Ali DOUMBIA. Et nous avons finalement gagné sur le score de 2 buts 1.

Croyez-vous aux chances de l’ASEC Mimosas de remporter le championnat, cette saison ?

Rien n’est encore fait. Le football est fait d’incertitudes. On peut mal commencer son championnat et bien le finir. Mais il faut croire en ses possibilités et en ses chances et ne rien lâcher jusqu’à la fin.

 Quel est votre mot de fin ?

Ce sera des mots d’encouragement au PCA Me Roger OUEGNIN et à ses collaborateurs  pour le travail qu’ils abattent au service du football ivoirien.

Aux joueurs, je dirais encore qu’on peut ne pas être le premier choix de l’entraîneur  mais qu’on finit par s’imposer plus tard, parce qu’on a travaillé pour montrer ce dont on est capable.

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