« Sol Béni donne une belle image de l’Afrique»

 Ex-entraîneur successivement de l’Africa Sports, de la SOA, des équipes nationales cadette, junior, senior des Eléphants de Côte d’Ivoire, puis Directeur Technique National, vous êtes aujourd’hui le Development officer (Responsable de Développement) de la FIFA pour l’Afrique de l’Ouest. En quoi consiste votre fonction?

 J’ai en charge 17 pays de l’Afrique de l’Ouest. Nous sommes 4 Responsables de développement pour tout le continent africain. Il y en a un en Afrique du Nord, en Egypte, un en Afrique du centre, au Cameroun, un en Afrique Australe, au Bostswana et moi en Afrique de l’Ouest, en Côte d’Ivoire. Nous sommes les yeux et les oreilles de la FIFA et la courroie de transmission entre la FIFA et les associations sportives de football des différents pays. Notre mission est de faciliter l’implantation des projets de la FIFA dans nos zones, de recenser les problèmes des associations (fédérations) pour les transmettre à la FIFA et permettre l’organisation des stages.

 Habituellement, vous organisez les stages de formation technique de la FIFA au Centre Technique National de Bingerville. Pourquoi avez-vous opté, cette fois-ci, pour le site de Sol Béni?

Il faut d’abord dire que ce séminaire est différent des précédents. Celui-ci est spécial parce qu’il est régional et même continental. Parce qu’il est destiné aux  entraîneurs ou aux sélectionneurs des équipes de football des pays francophones d’Afrique. Ce stage de très haut niveau est dispensé par 8  experts de la FIFA. Avant sa tenue, j’ai visité les installations de Sol Béni et j’ai pu constater le sérieux et le professionnalisme dans ce lieu. J’ai donc pris attache avec les responsables de l’ASEC Mimosas pour pouvoir organiser cet événement à Sol Béni qui donne une très belle image de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique et qu’il faut présenter, pour montrer le travail accompli par Me Roger OUEGNIN et son équipe. L’emplacement  est idéal et les conditions y sont réunies  pour ce séminaire avec un hôtel de luxe et des infrastructures sportives de grande qualité.

 Quelles ont été les conditions de sélection des participants à ce stage ?

Ce stage était destiné aux préparateurs physiques des associations (fédérations). Les différentes associations devaient proposer deux candidats avec leur CV (Curriculum Vitae)  en appui. Après étude des documents, nous avons choisi les plus aptes à suivre la formation. Pour ce genre de cours, il faut avoir un minimum de notions scientifiques sur la physiologie et l’anatomie. Des associations ont réussi à obtenir deux places alors que d’autres n’ont avoir  qu’une  seule place.

 Qu’est-ce qui explique donc la présence de 4 participants pour la Côte d’Ivoire ?  

Le pays hôte a le privilège de disposer de plus de 2 places. C’est la raison pour laquelle la Côte d’Ivoire s’est retrouvée avec 4 stagiaires qui remplissent toutes les conditions requises pour ce stage.

 Les jeunes de l’Académie MimoSifcom ont été sollicités pendant la phase pratique de ce stage. La présence de l’Académie a-t-elle aussi contribué au choix de Sol Béni ?

Absolument. Au lieu de se battre pour aller chercher des équipes ça et là, Sol Béni et l’Académie MimoSifcom nous offraient des jeunes bien disciplinés et bien formés sur les plans tactique et technique. Cela a rendu le travail agréable et un peu plus facile. C’est l’une des raisons qui ont guidé notre choix sur ce site de Sol Béni.

 Comment avez-vous trouvé les conditions d’accueil à Sol Béni ?

Très satisfaisantes, sinon nous ne serions pas venus là pour ce stage. Je disais tantôt que toutes les conditions pour travailler sereinement et pleinement  sont réunies à Sol Béni. Certes, le monde n’est pas parfait, mais vous ne pouvez pas trouver, dans la région, un endroit aussi adéquat, tranquille, magnifique et reposant que  Sol Béni. C’est d’ailleurs ce que la FIFA souhaitait pour les différents pays en initiant « les projets goal» pour la construction des infrastructures sportives.

 Sol Béni pourrait-il donc vous accueillir pour de prochains stages ou séminaires de formation de la FIFA?

En tout cas, si les conditions sont vraiment  réunies,  Sol Béni est un lieu adéquat pour les stages régionaux ou continentaux. Et pour cela, vous pourrez nous revoir à Sol Béni.

 On vous sent fier, en tant qu’Ivoirien, de la réussite de ce séminaire.

Ce séminaire a été confié à la Côte d’Ivoire en reconnaissance de tout le bon travail qui est fait dans ce pays. A travers ce stage, l’image de la Côte d’Ivoire a été rehaussée. En tant qu’Ivoirien, nous sommes fiers et heureux que la FIFA ait choisi la Côte d’Ivoire pour ce stage qui s’est déroulé dans de parfaites conditions et une bonne ambiance. Nous sommes vraiment fiers du travail effectué à Sol Béni en présence du Directeur Technique de la FIFA, Jean-Marie CONZ.

 Vu que  les climats sont différents dans le monde, y a- t –il une préparation physique adaptée à chaque région et à son climat ?

Les instructeurs sont venus de différents horizons. Ils ont été choisis en tenant compte des différents aspects climatiques. Le ballon est rond pour tout le monde. Il y a donc un tronc commun qui requiert un minimum de préparation physique pour pouvoir user de sa technique sous tous les climats. Il faut avoir une base physique qui permettra de s’adapter à toutes les situations de jeu partout dans le monde.

 Peut-on parler de révolution du football à travers ce stage de formation des préparateurs physiques ?

Je ne parlerai pas de révolution, mais d’évolution. Le monde évolue et le football lui emboîte le pas. Après analyse, on constate, cette évolution sur les terrains de jeu, surtout au niveau du professionnalisme. Et cela se reflète à tous les niveaux, avec les joueurs, les entraîneurs, les préparateurs physiques etc…

 Quels sont les éléments recherchés à travers cette formation ?

Ce stage met un point d’honneur sur la qualité de la préparation physique de l’athlète, pour permettre à ce dernier d’être plus à l’aise sur le terrain et avoir de meilleures performances. Il fait prendre conscience aux entraîneurs et aux préparateurs physiques que la préparation  physique intégré dans le jeu est très motivante pour les joueurs. Elle leur fait faire beaucoup d’effort sans qu’ils s’en lassent. Le jeu ne doit pas être séparé de la condition physique. C’est d’ailleurs cela, la force des joueurs brésiliens qui sont, en contact permanent avec le ballon. Ce qui bonifie leur technique et renforce leur endurance.

 Cette nouvelle vision du football ne risque-t-elle pas de créer un conflit d’autorité entre le préparateur physique et l’entraîneur ?

Pas du tout ! Au contraire, il permet au préparateur physique d’être plus efficace et à l’entraîneur de voir plus loin que le bout de son nez. L’entraîneur de football, aujourd’hui, est un manager. C’est lui qui fait travailler les entraîneurs qui sont sous sa coupe. C’est pourquoi, on parle, aujourd’hui, de staff technique dirigé par un entraîneur qui a une bonne notion de  tout : la préparation physique, la technique, la tactique, la psychologie.

 Avez-vous une idée de ce que pensent les formateurs et les stagiaires, sur le lieu de stage ?

Ceux-ci représentent ma matière première. Si j’ose affirmer ma satisfaction, c’est parce qu’elle vient d’eux. Ce sont eux-mêmes qui ont évoqués les termes de ‘’ cadre agréable’’ et de ‘’ conditions idéales pour travailler’’.

 Que pouvez-vous dire pour clore cet entretien ?

Le Stage s’est déroulé parfaitement. Nous ne regrettons pas d’avoir choisi Sol Béni pour l’exécution de ce projet pilote. La FIFA n’a aucun regret d’avoir choisi la Côte d’Ivoire non plus. L’image de la Côte d’Ivoire est une fois encore rehaussée. A l’époque, lorsque Me Roger OUEGNIN entamait cette construction, certaines personnes le prenaient pour un fou. Certains dirigeants avaient des moyens plus grands, mais ils n’ont pas pensé à bâtir leur club comme Me Roger OUEGNIN. Aujourd’hui, tout le monde vient admirer le travail fait à Sol Béni. C’est tout simplement du grand professionnalisme. J’exhorte les autres clubs à faire autant. Je suis vraiment satisfait de ce qui se passe au complexe sportif de l’ASEC Mimosas.

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