«L’ASEC Mimosas est un grand club à jamais»


Pascal THEAULT, l’ancien Directeur de la formation à l’Académie MimoSifcom, est aujourd’hui l’entraîneur de l’Académie Royale Mohamed VI du Maroc. Actuellement à Abidjan dans le cadre du TIDA 2013, il a accepté de nous parler de ce tournoi, de son passage à l’ASEC Mimosas et de l’Académie Royale Mohamed VI. Lisez tout simplement.

 

 Pascal THEAULT, la délégation de l’Académie Royale Mohamed VI du Maroc était attendue à Abidjan, le samedi 30 novembre dernier. Pourquoi est-elle finalement arrivée un jour plus tôt ?

Nous avons préféré venir à Abidjan, un jour plus tôt, tout simplement parce qu’il n’y avait plus de billet pour les vols de samedi en direction de la Côte d’Ivoire.

 

Votre délégation comprend combien de membres ?

Notre délégation comprend 5 encadreurs et 20 joueurs plus 1 joueur blessé.

 

Quels sentiments vous animent en retrouvant Abidjan et Sol Béni un an après votre dernier séjour en Côte d’Ivoire dans le cadre du TIDA 2012 ?

C’est un extrême bonheur pour moi de revoir le Président Roger OUEGNIN, ses collaborateurs et toutes les personnes qui travaillent ici à Sol Béni. L’ASEC Mimosas est une grande et belle famille. C’est aussi un très grand club à jamais quels que soient les hauts et les bas. D’ailleurs les hauts et les bas font partie de la vie sportive. Pour moi, c’est un bonheur complet une grande fierté d’avoir appartenu à cette famille. Je vous l’ai dit l’année dernière, les plus belles années de ma vie sportive ont été les 6 années que j’ai passées à l’ASEC Mimosas. Comme tous ceux qui m’ont précédé dans ce club, j’ai essayé de donner le maximum à l’ASEC Mimosas. C’est ce qui compte finalement pour que l’ASEC Mimosas soit un club éternel. Les hommes viennent, servent et passent. Le club demeure. J’ai revu avec beaucoup d’émotion les témoignages et les images de grands serviteurs de l’ASEC Mimosas dont beaucoup sont décédés. Mais l’ASEC Mimosas a su garder le souvenir de toutes ces personnes comme une mémoire pour les générations futures.

 

Que représente pour vous le Tournoi International du District d’Abidjan (TIDA) auquel vous participez pour la deuxième fois ?

Nous savions depuis l’année dernière que cette compétition est nécessaire pour aider nos joueurs à mieux se former et à mieux se juger. Elle nous permet également en tant que formateurs à mieux juger nos joueurs par rapport au niveau international. L’an passé, nous avons fait un match nul et trois défaites par un but d’écart. Ce qui était tout à fait honorable. Lorsque nous sommes rentrés chez nous, nous avons beaucoup travaillé les manques que le TIDA nous a permis de déceler. Cela a été extrêmement bénéfique dans la mesure où nous avons été invaincus et premiers de notre championnat.

 

Quels étaient les manques de votre équipe que la première édition du TIDA vous avait permis de découvrir ?

Nos manques se trouvaient au niveau athlétique et mental. Le Maghrébin possède une habileté technique. Mais par rapport à l’engagement physique, au contact et au courage, les joueurs de l’Afrique subsaharienne sont nettement supérieurs. Nous avons bien retenu les leçons du TIDA de l’an passé et cela nous a permis d’obtenir des résultats très honorables au Maroc.

 

Comment avez trouvé le niveau de la première édition ?

Je l’ai trouvé très bon. Nous avons des différences au niveau de la maturité, au niveau de l’âge. Mais cela fait partie des difficultés du tournoi. Il faut pouvoir les surmonter et gagner nos matches. Si nous y parvenons, tant mieux. Ce sera un exploit. Si nous perdons nos matches, ce ne sera pas catastrophique. Nous sommes dans la formation du joueur avant tout. Ce tournoi, encore une fois, permet de nous juger, de jauger nos capacités. Et surtout de repartir chez nous avec des convictions, avec des choses à faire, à compenser et à compléter pour former le mieux possible de futurs joueurs professionnels. Le TIDA est vraiment un état des lieux que nous faisons ici. C’est un décapant. J’aime bien ce mot. Parce que nous sommes mis à nu.

 

Que diriez-vous du niveau d’ensemble de la compétition au plan technique, tactique et physique ?

J’ai trouvé la première édition d’un très bon niveau, à tous points de vue. Ça joue mature, ça joue adulte, ça joue rapide. Nous avons pu voir d’excellents matches et de très bons joueurs lors de la première édition. Le TIDA est vraiment un tournoi d’un excellent niveau.

 

Vous attendez-vous à vivre un tournoi d’un niveau plus relevé que celui de l’an passé dans la mesure où ce sont les mêmes équipes, à l’exception de Team 360 FC du Bénin qui découvre la compétition ?

Je souhaite que le niveau soit aussi bon sinon meilleur que celui de la dernière édition. Mais comme vous pouvez le constater, le niveau des équipes s’équilibre parce que les formations sont partout les mêmes. Et c’est très bien comme ça.

 

Quelles sont les ambitions de l’Académie Royale Mohamed VI dans le TIDA 2013 ?

C’est de faire mieux que l’an passé où nous avons fait 1 match nul et 3 défaites. Nous avons une équipe plus jeune que celle de 2012. Nous avons 9 ou 10 cadets de 2e année (ils ne sont pas encore juniors) sur 20 joueurs. Ce sera extrêmement difficile pour nous. Notre classement ne dépendra pas seulement de nous, mais aussi de la valeur des équipes adverses. Si nous sommes battus par plus forts que nous, cela restera le football et le sport. Nous sommes dans la formation. Nous jouerons le mieux possible, nous chercherons le meilleur résultat possible quand nous serons sur le terrain, mais ce ne sera pas à n’importe quel prix.

 

Des joueurs de l’Académie Royale Mohamed VI évoluent-ils déjà dans l’élite du football marocain ?

Nous avons formé 3 joueurs qui évoluent depuis 2 ans en Europe, précisément en France, en Ligue 1 et en Ligue 2. Nous avons également 8 à 10 garçons qui jouent dans les meilleurs clubs marocains comme le FUS Rabat, la WAC Casablanca, Tanger, etc. Ce ne sont pas encore des joueurs arrivés à maturité. Ils ont entre 18 et 20 ans. Raison pour laquelle ils reviennent souvent dans leur club d’origine. Il faut de la patience et du travail avec ces jeunes.

 

Votre académie fait-elle du social comme celle de l’ASEC Mimosas que vous avez dirigée pendant 6 ans?

Bien sûr. Nous recrutons les jeunes dans toutes les régions du Maroc. Nous sommes ouverts à tout le monde. Nous avons donc des jeunes issus de toutes les couches sociales. Notre rôle est de former au métier de footballeur, mais aussi d’éduquer, de permettre aux jeunes d’acquérir des diplômes scolaires, notamment le baccalauréat. Notre Académie sert à former des hommes avant tout. Si nous formons des hommes, nous gagnerons facilement les matches.

 

Quel est votre dernier mot ?

Je suis très heureux de revenir à Abidjan et de retrouver toutes les personnes avec lesquelles j’ai passé de grands moments lors de mon premier séjour en Côte d’Ivoire. Je suis surtout content de revoir le Président Roger OUEGNIN. Le football est toute ma vie et c’est un réel plaisir de voir toujours le ballon rouler sur la pelouse comme depuis ce matin à Sol Béni (NDLR. Le vendredi 29 novembre 2013).

 

 

LAISSER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

treize + un =