« Je n’oublierai jamais l’ASEC Mimosas »

MAGUI Serge-Alain, l’ancien milieu de terrain international de l’ASEC Mimosas, de passage à Sol Béni, a accepté de nous parler de son parcours de footballeur, de sa nouvelle vie et de l’actualité du football ivoirien. Interview.

Que devenez-vous ?

Je suis toujours dans le milieu du football. Je suis éducateur de sport à la Mairie de Lille, en France. Je m’occupe aussi des U17 de Lille. Je suis marié et père d’un garçon 13 ans. 

Quel a été votre parcours après votre départ de l’ASEC Mimosas, en 1996 ?

Jai commencé ma carrière de footballeur à l’AS EECI, puis je suis passé au Stella Club avant de signer à l’Africa Sports où j’ai joué 4 ans avant d’embrasser le professionnalisme en Europe. Précisément à l’Atletico Madrid. Comme je ne comprenais rien, je ne voyais rien de concret dans le contrat qu’on m’avait fait signer, j’ai décidé de rentrer à Abidjan pour jouer à l’ASEC Mimosas et relancer ma carrière. Après l’ASEC Mimosas, je suis parti pour la Suisse où j’ai signé au Club Sportif Chênois de Genève. J’ai évolué 8 ans dans ce club. J’ai fini par arrêter parce que je commençais à manquer de fraicheur physique.

Quels sont les grands souvenirs de votre carrière ?

Ce sont incontestablement la CAN 92 que nous avons remportée au Sénégal et la finale perdue de la Coupe d’Afrique des clubs champions, en 1995.

 Les victoires en Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupes, en 1992, puis en Super Coupe d’Afrique des clubs, en 1993, avec l’Africa Sports ne font pas partie de vos meilleurs souvenirs ?

C’est bien qu’on ait remporté ces deux trophées avec l’Africa Sports, mais si on avait remporté la Coupe d’Afrique des clubs champions, en 1995, la joie aurait été plus grande que celle qu’on a connue après nos  victoires en C2 et en Super Coupe d’Afrique des clubs avec l’Africa Sports.

 Qu’est-ce qui avait fait la force des Eléphants de Côte d’Ivoire lors de leur consécration continentale à la CAN 1992 ?

La grande force des Eléphants de 1992 était la solidarité des joueurs. Le groupe avait un bon état d’esprit. Les jeunes écoutaient les anciens. Ceux qui ne jouaient pas soutenaient leurs coéquipiers. On avait un capitaine comme GADJI Céli qui est un meneur d’hommes. C’est tout cela qui nous avait permis de remporter la CAN 92.

 Comment expliquez-vous la défaite de l’ASEC Mimosas lors de la finale retour de la Coupe d’Afrique des clubs champions, en 1995 ?

On a manqué de chance ce samedi 16 décembre 1995. Quand je repense à toutes les occasions qu’on a manquées ce jour-là, je me dis qu’il était écrit qu’on ne devait pas remporter cette Coupe. On  avait la meilleure équipe d’Afrique. Et nous voir jouer au Stade FHB sans marquer, c’était difficile à croire. Cette finale retour perdue est le pire des souvenirs de ma carrière de joueur.

Suivez encore l’actualité du football ivoirien ?

Oui, mais les nouvelles de ce  football qui me parviennent ne sont pas bonnes. Les clubs ivoiriens sont en perte de vitesse. Ils n’arrivent plus à retenir les talents. Dans les années 1990, les salaires minimums étaient de 500 000f CFA à l’ASEC Mimosas et 300 000f CFA à l’Africa Sports. On avait ici tout ce qu’on recherchait : la gloire et l’argent. Ce qui attirait les meilleurs footballeurs de la région. On ne pensait pas à aller jouer en Europe. Mais aujourd’hui, c’est le contraire. Parce que les clubs ivoiriens n’ont plus les moyens de retenir leurs meilleurs joueurs.

 Vous visitez Sol Béni quinze ans après votre départ pour l’Europe. Etes-vous surpris par l’évolution de ce complexe sportif ?

Oui, je suis vraiment surpris et très impressionné par l’évolution de Sol Béni. Tout a changé dans ce complexe sportif. Je félicite Me Roger OUEGNIN et toute l’équipe qui l’a accompagné dans la construction de ce joyau. Sol Béni est aujourd’hui une oeuvre grandiose et une fierté pour la Côte d’Ivoire. Me Roger OUEGNIN a vraiment œuvré pour l’ASEC Mimosas et le football ivoirien.

 Que pensez-vous de la 3e qualification d’affilée de la Côte d’Ivoire à une phase finale de Coupe du monde ?

Je suis content pour les Eléphants et pour la Côte d’Ivoire. Mais je pense qu’il faudra beaucoup de travail pour bien représenter le pays et le continent au prochain mondial au Brésil.

  Quel est votre dernier mot ?

Je remercie Me Roger OUEGNIN et tous les Actionnaires qui m’avaient bien accueillis, en 1995, à mon retour d’Espagne. Je garde de bons souvenirs de mon passage à l’ASEC Mimosas. Je n’oublierai jamais ce club qui m’avait donné l’occasion de relancer ma carrière.

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