Football ivoirien, le grand recul !

Les Eléphants A sont l’arbre qui cache la forêt. En réalité, le football ivoirien va mal, très mal. Si rien n’est fait pour soutenir des clubs comme l’ASEC Mimosas et l’Africa Sports qui ont naguère tiré ce football vers le haut, ce sera la catastrophe.

Les Eléphants de Côte d’Ivoire sont le chouchou de la FIF. Depuis 2006, les Ivoiriens n’ont d’yeux que pour eux et pour les clubs dans lesquels chacun d’eux évoluent en Europe. Pendant ce temps, le football local et ses clubs, sont devenus orphelins. On ne s’intéresse plus à l’ASEC Mimosas, à l’Africa Sports, au Stella Club et au Stade d’Abidjan qui ont pourtant tous fait la gloire du football national en remportant au moins une compétition continentale. Le public déserte les stades, dénonçant le faible niveau des équipes et la qualité moyenne du spectacle. Les clubs, eux, évoquent le manque de moyens pour retenir leurs meilleurs joueurs. Les joueurs qui émergent s’expatrient très vite vers des championnats européens ou asiatiques plus rémunérateurs. Provoquant la paupérisation du football local. Les clubs ivoiriens n’atteignent quasiment plus les phases de poules de la Ligue des champions et de la Coupe de la Confédération.

 

Malgré son apport financier, la FIF doit revoir sa copie

 

La Fédération Ivoirienne de Football (FIF) fait ce qu’elle peut pour verser des subventions aux clubs. Ce que les bénéficiaires apprécient. Mais cela est loin de résoudre leurs problèmes. En dépit de ses efforts financiers, la FIF doit revoir sa copie par rapport à l’organisation et à la promotion des compétitions nationales qu’elle organise. Malheureusement, la FIF fait très peu la promotion de ses compétitions telles que la Ligue 1 et la Coupe nationale. Les grandes campagnes médiatiques qu’elle initie sont faites pour les Eléphants. Les matches de la Ligue 1 et ceux de la Coupe nationale, sont très peu médiatisés et se déroulent presqu’à l’insu du public. Conséquences, le public se désintéresse des compétitions locales et n’a d’yeux que pour les championnats européens mieux relayés par les chaînes étrangères très présentes en Côte d’Ivoire grâce au bouquet Canal-Horizons. En 2012 et en 2013, les matches de la Ligue 1 étaient gratuits. Mais cela n’a pas attiré le public dans les stades à cause d’un déficit de publicité.

 

ASEC : La locomotive sabordée

 

L’ASEC Mimosas est le club modèle grâce à son organisation et à ses infrastructures. Avec ces atouts et les moyens financiers qu’il avait pu réunir, le club était demeuré, durant la période allant de 1990 à 2010, la locomotive du football ivoirien avec 17 titres de champion de Côte d’Ivoire, 9 Coupes nationales, 11 Coupes FHB et 1 Coupe de la FIF. Au niveau continental, l’ASEC Mimosas était aussi l’un des meilleurs clubs pour avoir disputé 2 demi-finales  de Coupe d’Afrique des clubs champions (1992 et 1993), puis 2 demi-finales de la même compétition sous la nouvelle appellation de Ligue des champions (2002 et 2006). Il a également atteint la finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1995. Avant de la remporter sous sa nouvelle formule de Ligue des champions, en 1998. L’année suivante, il a gagné la Super Coupe d’Afrique des clubs. De 1998 à 2008, l’ASEC Mimosas a disputé à 10 reprises la phase de poules de la Ligue des champions. Ce qui avait permis à la FIF de marquer des points pour pouvoir présenter quatre équipes, chaque année, aux compétitions interclubs de la CAF (2 en Ligue des champions et 2 en Coupe de la Confédération).  Aujourd’hui, sans soutien financier pour s’offrir les meilleurs joueurs du pays et de la région et combattu de toutes parts, l’ASEC Mimosas n’a plus remporté la Ligue 1 depuis 3 saisons et ne parvient pas à enregistrer de bons résultats en Coupe de la Confédération. Les autres clubs ivoiriens ne font pas mieux dans les compétitions africaines. Hormis cette année où le Séwé a pu accéder, pour la première fois, aux phases de poules de la Ligue des champions et terminé 3e sur 4 dans son groupe. C’est un recul, pour le football ivoirien.

 

Faut-il rétablir l’ordre ancien ?

 

Toute la question est là. Faut-il rétablir l’ordre ancien avec le bi pôle ASEC-Africa ? Ces deux clubs phares, à travers une grande rivalité, avaient su tirer le football ivoirien vers les sommets africains à partir des années 1980 et permis à la Côte d’Ivoire de remporter 2 Coupes d’Afrique des vainqueurs de Coupe (1992 et 1999), 1 Ligue des champions (1998), 2 Super Coupes d’Afrique des clubs (1993 et 1999). Une politique étatique et fédérale orientées vers cet ordre ancien reposant sur un bi pôle, comme on le voit dans tous les grands championnats du monde, pourraient recréer de forts sentiments clubistes, susciter l’intérêt du public pour le football national, entraîner des recettes guichets conséquentes, favoriser le retour des sponsors et doter les clubs de moyens substantiels pour retenir leur meilleurs joueurs, mais aussi pour poursuivre leur développement. Et peut-être qu’à partir de là, la FIF pourra revenir dans le club des 12 et présenter quatre équipes dans les compétitions interclubs de la CAF au lieu de 2 comme ce sera le cas à partir de cette année.

 

K.I

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