« L’ASEC Mimosas, le rêve réalisé »

FOFANA Abdoulaye est l’une des personnes qui ont le mieux concilié les études et le sport. Major de sa promotion, cet ex-élève du Lycée Classique avait  démontré à l’ASEC Mimosas et en équipe nationale qu’il était un grand attaquant. Aujourd’hui professeur d’anglais, il a participé à l’émission « Le Salon des Actionnaires » sur RJN (Radio Jaune et Noir), l’émission des immortels de l’ASEC Mimosas.

Voici un extrait de ce qu’il a confié aux auditeurs.

 

Comment êtes-vous arrivé à l’ASEC Mimosas ?

Ma venue à l’ASEC Mimosas s’est déroulée comme un conte de fée. Notre domicile familial était contigu à celui de DEMBELE Lassina, l’ancien capitaine de l’ASEC Mimosas. C’est le frère de ce dernier du nom de Karim DEMBELE qui m’a donné l’occasion d’aller me confronter, sur le terrain du Château D’eau d’Adjamé, à des joueurs tels que le défenseur N’DA Yao ou  l’attaquant BAWA Paul. Quelques temps plus tard, le même Karim Dembélé, que je ne cesserai pas de remercier, voulait que j’aille jouer avec l’équipe junior de l’ASEC Mimosas. Mais j’ai pris un peu peur et je  lui ai plutôt répondu que je voulais jouer au Stade d’Abidjan. Il m’a donc recommandé à un dirigeant stadiste que je n’ai finalement pas pu rencontrer. Il m’a alors dit que j’étais destiné à jouer à l’ASEC Mimosas. Il m’a dirigé vers SYLLA Mamadou dit Bab, alors entraîneur de l’équipe junior de l’ASEC Mimosas. Au cours du test de recrutement, j’ai retrouvé BAWA Paul. Nous avons été placés dans l’équipe B. L’entraîneur a organisé un match contre l’équipe A. Au bout de 30 mn de jeu, il a fait arrêter le match pour prendre nos références, parce que BAWA et moi avions malmené la défense de l’équipe A. C’était un rêve qui se réalisait pour moi. J’étais tout heureux d’intégrer cette équipe junior de l’ASEC Mimosas.

 

Pouvez-vous nous rappeler votre premier match avec l’équipe senior et les anecdotes de ce baptême du feu?

C’était en 1974. A la veille d’un tournoi organisé en la mémoire de DEHI Maurice (joueur du Stade d’Abidjan), SANTOS Brown, l’avant-centre de l’ASEC Mimosas de nationalité Libérienne avait quitté le groupe à l’insu des dirigeants pour se rendre en Allemagne. ANZIAN Jean Baptiste, l’entraîneur de l’équipe senior, nous a donc sollicités (BAWA et moi) pour participer à ce tournoi qui regroupait les équipes de l’ASEC Mimosas, du Stade d’Abidjan, de l’Africa Sports et du Stella Club. Après la publication de la liste des joueurs retenus pour le premier match, quelle ne fut pas notre surprise de constater que nous figurions dans cette liste, mieux nous étions dans le 11 de départ. Nous allions donc nous retrouver auprès des anciens tels que AKRAN Jean Baptiste, GOHI Marc, GUIDI Edouard et autres, dans un  Stade FHB, plein à craquer. J’étais élève en classe de 4ème et j’allais disputer le derby ASEC Mimosas-Africa Sports, en tant que titulaire. C’était extraordinaire et merveilleux. Au cours du match, à partir de la 16e minute, sur un centre de YORO Alphonse, j’ai ouvert le score pour l’ASEC Mimosas. Mais, quelques minutes plus tard, j’ai été victime d’une agression d’un défenseur de l’Africa Sports qui m’a ouvert l’arcade sourcilière. On m’a sorti et conduit à l’hôpital général. Le match s’est achevé sur le score de 1 but à 0, grâce à ma réalisation. Je craignais mon retour à la maison parce que j’avais rejoint le groupe de l’ASEC Mimosas sans la permission de mon aîné, Moussa FOFANA, qui me surveillait strictement. J’ai donc fait part de ma crainte à l’entraîneur qui, à son tour, a sollicité les dirigeants. Le Trésorier du club à l’époque, Me Emile DERVAIN, a décidé de m’accompagner à la maison avec une forte délégation de l’ASEC Mimosas. A notre arrivée, le quartier était envahi par une marée de supporters qui m’attendaient. Le Trésorier et sa délégation ont rencontré mon frère aîné et tout s’est bien déroulé. L’ASEC Mimosas a décidé de prendre ma scolarité en charge. Je suis devenu, depuis ce jour, l’enfant chouchou de la maison.

 

Dans la conciliation sport et études, n’est-ce pas que les études ont finalement pris le dessus sur le sport ?

Oui. A l’époque nous avions le souci de savoir si la pratique du football pouvait subvenir à nos besoins. Parce qu’étant petit, nous voyions des anciens footballeurs dans la misère. Pour nous, enfants de parents modestes, il fallait absolument réussir à l’école pour s’assurer un avenir. Le football ne présentait pas de très grandes perspectives. C’est vrai que les dirigeants de l’ASEC Mimosas étaient à nos petits soins, mais avec la grande famille, la charge était trop importante. J’ai concilié les deux activités pendant un bon moment, mais j’ai fini par opter pour les études. Lors d’une tournée de l’équipe nationale junior, en France, j’ai même décliné une offre d’une équipe que nous avions battue sur le score de 9 buts à 2 et j’avais inscrit 6 buts, ce jour là.

 

Quel est votre meilleur souvenir à l’ASEC Mimosas?

Même si les études m’ont quelque part empêché de m’investir totalement dans le football, il y a des moments à l’ASEC Mimosas qui sont restés gravés dans ma mémoire. C’est l’exemple de la prmière finale de la Coupe FHB, au Stade KONE Samba Ambroise de Dimbokro, en 1975, qui avait opposé l’ASEC Mimosas au Stella Club. Je venais juste de décrocher le BEPC et mon orientation en classe de seconde. J’étais remplaçant et à 10 minutes de la fin du temps réglementaire, j’ai fait mon entrée lorsque les équipes étaient à égalité (3-3). L’entraîneur m’avait donné la consigne de faire des incursions balle au pied. Sur le deuxième ballon que je jouais, j’ai embarqué deux défenseurs avant de me retrouver nez à nez avec le gardien adverse. Mon premier tir a été renvoyé par la poitrine de celui-ci et j’ai mis tellement de force dans le second que ma chaussure s’est envolée. Et là, le gardien n’a pu rien faire. Nous avons gagné sur le score de 4 buts à 3. C’était vraiment merveilleux et j’étais aux anges. J’ai même été porté en triomphe par mon grand-frère qui est supporter du Stella Club.

 

Qu’avez-vous retenu lors des échanges de la dernière rencontre entre le PCA, Me Roger OUEGNIN et l’AAFAAM ?

Cette rencontre a permis de lever des doutes. Les Actionnaires et les anciens ont pensé à un moment qu’il y avait une coupure entre le club et eux. Mais Me Roger OUEGNIN a démontré que l’ASEC Mimosas appartenait à tous ses enfants. Il a assigné  de grandes missions à l’AAFAAM dont le suivi permettra à l’ASEC Mimosas de retrouver son lustre d’antan.

 

Quel est votre mot de fin ?

Je rends hommage à tous les présidents de l’ASEC Mimosas et tout particulièrement aux dirigeants actuels pour cette œuvre gigantesque réalisée à Sol Béni et mise à la disposition du sport ivoirien. Que Dieu leur accorde longue vie et donne la force et l’intelligence aux anciens que nous sommes pour aider l’ASEC Mimosas à toujours aller de l’avant.

 

                                                                                                                                                                                                Harouna KONE

LAISSER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

treize + 17 =