« Je ne pouvais pas arriver en Côte d’Ivoire sans venir saluer le personnel de Sol Béni »

Sébastien DESABRE, l’ex-entraîneur de l’ASEC Mimosas, aujourd’hui, à la tête de l’encadrement technique de l’équipe camerounaise de Coton Sport de Garoua était à Sol Béni, le lundi 16 septembre dernier. Le technicien français s’est ensuite prêté aux questions des journalistes de Radio JN.

Comment se porte l’ex-entraîneur de l’ASEC Mimosas ?

Je vais bien. Si je suis à Abidjan, c’est d’abord parce que la santé y est. Nous sommes venus dans le cadre du match de la 5e journée de poules de la Ligue des champions que nous avons disputée face au Séwé Sport de San Pedro.

 Quelle est votre analyse de ce match nul obtenu à Abidjan devant le Séwé Sport ?

Après le résultat de l’Esperance de Tunis face au Récéativo, nous savions qu’un match nul face au Séwé Sport nous qualifierait pour les demi-finales. Vu la physionomie du match, nous aurions pu le gagner depuis la première mi-temps. Mais en seconde période, le Séwé a été également dangereux. Le résultat du match nul est donc assez logique. Nous retenons notre qualification pour les demi-finales.

 Comment entrevoyez-vous la suite de la compétition pour votre équipe ?

 Nous sommes déjà parmi les quatre meilleurs clubs d’Afrique et nous nous attendons, forcément, à des matches plus difficiles et de hauts niveaux. Nous avions des absents face au Séwé Sport que nous allons récupérer pour avoir la totalité de notre groupe. Nous avons une équipe assez solide et très ambitieuse. Notre objectif maintenant est de gagner cette Ligue des champions pour aller au mondial des clubs. Je crois que nous avons les moyens pour réaliser cet exploit.

 Comment se comporte votre équipe au plan local, au Cameroun ?

En championnat, nous avons été handicapés parce que nous avons fait un bon moment sans jouer et nous avons donc accumulé des matches en retard. Nous avons commencé à épurer ces matches la semaine dernière et nous avons enregistré une victoire et  un match nul à l’extérieur. Nous sommes seconds, à 4 points du premier, avec encore un match en retard. Nous sommes donc en lice pour le titre de champion du Cameroun. Mais la Ligue des champions reste notre priorité.

 Qu’est-ce qui fait la force de Coton Sport, ces dernières années ?

Il faut savoir que le Coton Sport a été finaliste de la Coupe de la Confédération en 2003, finaliste de la Ligue des champions en 2008 et était présent en phase de poules de la Ligue des champions 2010. Aujourd’hui, ce n’est pas une surprise de voir cette équipe dans le carré final de la Ligue des champions, même si ça reste assez difficile pour les clubs de notre zone qui n’ont pas les mêmes moyens que les  ténors du monde arabe et d’Afrique du sud. Il y a de la qualité en terre camerounaise et les joueurs sont talentueux. Quand on arrive à recruter les meilleurs et à inculquer une dynamique positive comme le fait notre club depuis quelques saisons, ça porte forcément des fruits.

 Quel jugement portez-vous sur le football camerounais par rapport à celui de la Côte d’Ivoire ?

De par mon expérience personnelle, j’estime  que le championnat camerounais est beaucoup plus relevé et que les équipes sont globalement plus fortes, même si l’organisation des clubs et du championnat restent moins développée que celle de la Côte d’Ivoire. Nous l’avons démontré, cette année,  en éliminant les équipes de l’AFAD, puis du Séwé Sport. Il y a vraiment du talent au Cameroun, mais l’organisation du football doit s’améliorer pour récolter les fruits de cette qualité.

 Quelles comparaisons faites-vous des infrastructures de Coton Sport et de l’ASEC Mimosas ?

Au plan des infrastructures, le Coton Sport est le plus huppé au Cameroun. Grâce au revenu de la Ligue des champions de ces dernières années, il a construit un magnifique centre d’entraînement avec un stade synthétique de 3000 places, 3 terrains avec des pelouses normales, des bureaux et une administration. En fin d’année,  un grand bâtiment pour le centre de formation sera disponible. C’est dire que la structure pour le travail au Coton Sport est vraiment bonne et très bien pensée pour le football. C’est cela un des atouts de la performance parce qu’on peut y travailler dans de très bonnes conditions. Ça n’atteint pas, par contre,  le style et la qualité de ce qui est fait à Sol Béni. Sol Béni reste un complexe extraordinaire et inégalé, sur ce que j’ai pu voir de ma petite expérience en Afrique.

 Quels sont vos rapports avec les membres de la famille jaune et noir ?

Les rapports sont excellents. Je ne pouvais pas arriver en Côte d’Ivoire sans venir saluer le personnel de Sol Béni, notamment l’entraîneur Gigi. Je suis tous les matches de l’ASEC Mimosas à la télé, sur la RTI ou sur Radio JN, à partir du site internet de l’ASEC Mimosas. J’ai de très bons souvenirs de la Côte d’Ivoire et  la plus belle récompense est que quand je viens ici, je sens que je suis en phase avec le personnel et même avec le public de l’ASEC Mimosas.

Je suis satisfait du travail qui a été fait ici, mais la vie de l’entraîneur est ainsi faite. On est là aujourd’hui et demain ailleurs. Je vois que le travail continue. Je suis en relation téléphonique permanente avec le Directeur Général, le responsable de la formation et l’entraîneur Gigi. Je les encourage à poursuivre le travail. J’étais très heureux que Gigi ait qualifié l’équipe pour la prochaine Ligue des champions et gagné la Coupe nationale. Il mérite ces succès parce que, je sais l’attachement qu’il porte à l’ASEC Mimosas.

 A vous entendre, on a l’impression que l’ASEC mimosas fait partie de votre famille. N’est-ce pas ?

Oui, forcément. L’ASEC Mimosas a été ma première expérience en Afrique. Ce club et son PCA, Me Roger OUEGNIN, m’ont accordé leur confiance. J’ai passé des moments extra-sportifs difficiles, en Côte d’Ivoire dus essentiellement à la crise sociopolitique de 2011. Ce qui a renforcé les liens avec les gens avec qui j’ai partagé ces difficultés. Je me rappelle être allé, fin avril 2011, jouer contre le Raja, à Casablanca, en 8es de finale de la Ligue des champions, dans des conditions très difficiles. J’ai trouvé à l’ASEC Mimosas des gens très sérieux et tout s’est bien passé.

 

Interview réalisée par Radio JN

transcrite par Harouna KONE

 (Photo : Oumar KONE)

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