BAMOGO, formateur dans l’âme

BAMOGO Boukaré, membre de la cellule de recrutement de l’Académie MimoSifcom, est le doyen des techniciens de Sol Béni. Il traîne une riche expérience dans le domaine de la formation et de la compétition. BAMOGO se distingue pour sa passion et sa fidélité à l’ASEC Mimosas. Gros-plan.

Formateur, puis entraîneur de D1 en Côte d’Ivoire d’abord, au Burkina Faso ensuite, BAMOGO Boukaré a exploré les différents domaines du métier d’entraîneur pour revenir à ses premières amours: l’ASEC Mimosas et la formation. Les anciens footballeurs du club, de la période pré-Académie MimoSifcom, passés par le centre de formation, lui vouent beaucoup de respect et une grande admiration. «Coach BAMOGO est un très bon formateur», reconnaissent-ils, tous.

BAMOGO Boukaré est arrivé très jeune à l’ASEC Mimosas comme joueur dans la catégorie minime. « C’était en 1970, sous la présidence de Lanzéni COULIBALY. Mais je ne me rappelle plus le mois. Nous étions encadrés par N’DRAMAN Désiré, un joueur de l’équipe première qui s’occupait des jeunes du club », se souvient BAMOGO. « De 1970 à 1972, j’ai évolué en minime, puis en cadet et après en junior. J’ai joué au poste d’ailier droit, puis de latéral droit. Je ne suis pas arrivé à me faire une place parce qu’à l’époque, il y avait des joueurs plus forts que moi en équipe première. Je suis de la génération de Sékou DIABY dit La Rate, TRAORE Adama et autres », raconte-t-il.

 

PIQUÉ PAR LE VIRUS DE LA FORMATION

Barré par ses aînés de l’équipe première, mais passionné de l’ASEC Mimosas, BAMOGO Boukaré attrape le virus de la formation en regardant N’DRAMAN Désiré les encadrer. « C’est à partir de 1973 que j’ai vraiment franchi le pas. Maurice DELORME, un gendarme et coopérant français met en place l’école de football du club. Maurice DELORME s’occupait de cette école avec KOBO, un gendarme ivoirien. On s’entraînait chaque jeudi après-midi. C’est avec DELORME que j’ai appris le métier de formateur de jeunes footballeurs. Mais il n’est pas resté longtemps. Il est rentré en France à la fin de sa mission en Côte d’Ivoire. Les premiers jeunes de cette école avaient pour noms ZARE Mamadou, N’DIAYE Aboubacar, Youssouf FOFANA, BAGNON René, Sékou BAMBA De Karamoko, KOFFI Koffi Laurent dit Maestro, le gardien de but Bakary KONE et autres. Il y a une anecdote concernant Bakary KONE et N’DIAYE Aboubacar. Le premier était avant-centre. Le second était gardien de but. Au cours d’un match, le portier N’DIAYE Aboubacar s’est blessé. L’avant-centre Bakary KONE l’a remplacé et il n’a plus quitté ce poste. A partir de là, N’DIAYE a évolué comme avant-centre après sa blessure. Et il est resté à ce poste jusqu’à la fin de sa carrière ».

 

UNE LONGUE ET RICHE EXPERIENCE DE FORMATEUR

BAMOGO Boukaré a amélioré ses connaissances auprès de plusieurs formateurs qui ont dirigé ensuite l’école de football de l’ASEC Mimosas. « Maurice DELORME a été mon initiateur. N’DRAMAN Désiré est celui qui m’a donné le virus de la formation. Il m’a montré aussi qu’on pouvait être entraîneur et joueur à la fois. Faustin COFFIE, puis Ignace WOGNIN l’avaient fait avec l’équipe première. SYLLA Mamadou dit BAB a été pour moi un père et un maître. J’ai beaucoup appris également auprès de KONAN Yoboué, qui avait remplacé Maurice DELORME, tout comme auprès d’Eustache MANGLE « Le Lion », de Bernard VINC, de GOHI Marc, de Mangué CISSE et de TRAORE Idrissa dit Saboteur.

Mais les techniciens qui m’ont vraiment marqué au centre de formation sont Eustache MANGLE « Le Lion » et SYLLA Mamadou dit BAB. Parce qu’ils me confiaient des rôles, la responsabilité d’encadrer les jeunes et de coacher des matches. Eustache MANGLE m’impressionnait par sa fougue et son refus des défaites. Je n’oublierai pas Pascal THEAULT avec qui j’ai travaillé à l’Académie MimoSifcom. Il m’a beaucoup marqué par sa rigueur, son sens de l’organisation et de la gestion de la formation. THEAULT m’a enseigné la patience. Il disait que la formation, c’est la patience. Parce que la formation comprend plusieurs étapes et nécessite la patience pour aider les jeunes à s’améliorer dans le jeu ».

 

LES PRESIDENTS ET LES ENTRAINEURS QU’IL A CONNUS

« Je suis arrivé comme joueur, puis membre du staff technique de l’école de football sous le Président Lanzéni COULIBALY (1970-1975). J’ai travaillé ensuite sous plusieurs présidents qui sont Me Emile DERVAIN (1975-1977), BEGNANA Bogui (1977-1979), TOURE Mamadou (1979-1980 puis 1983-1987), Victor EKRA (1980-1981), ANDOH Claude (1981-1983), le Présidium (1987-1988), AHOUA Kangah Michel (1988-1989) et Me Roger OUEGNIN depuis 1989. Je suis parti du club au moment où le Président Roger OUEGNIN arrivait. Je voulais entraîner des équipes de compétition. J’ai entraîné le Réveil Club de Daloa, puis le Sabé Sport de Bouna. Je me suis rendu ensuite au Burkina Faso où j’ai entraîné l’AS Fonctionnaires de Bobo-Dioulasso et l’Union Sportive de la Comoé de Banfora. Puis je suis revenu en Côte d’Ivoire. Et le Président Roger OUEGNIN m’a fait intégrer le staff technique de l’Académie MimoSifcom. Je le remercie de m’avoir fait confiance en m’appelant à ses côtés. Je me donne à fond pour ne pas le décevoir. Il est un don que Dieu a fait à l’ASEC Mimosas et nous devons le servir loyalement pour apporter notre petite pierre à l’édification de la grande maison ASEC Mimosas.

J’ai connu aussi plusieurs entraîneurs d’ANZIAN Jean-Baptiste à TRAORE Siaka dit Gigi en passant par KONAN Yoboué, Ignace WOGNIN, SYLLA Mamadou, POKOU Laurent, GUY Fabre, le Tunisien Hassan, Luis Oscar FULLONE Arce, GABO Gérard, Idrissa TRAORE dit Saboteur,  N’GUESSAN Clément, MANGLE Eustache, Philippe GAROT, AKA Kouamé, Patrick LIEWIG, Maxime GOUAMENE, Sébastien DESABRE et aujourd’hui TRAORE Siaka dit Gigi. Mais ceux qui m’ont marqué sont Philippe TROUSSIER, ZARE Mamadou, Idrissa TRAORE ‘‘Saboteur” pour leur forte personnalité, leur rigueur, leur sens de l’organisation et leur sens de la psychologie. Celui qui m’impressionne aujourd’hui est incontestablement TRAORE Siaka dit Gigi par sa patience, sa force de caractère, son calme à toute épreuve, son sens de la psychologie et surtout par sa compétence. Ce qu’il a réussi la saison dernière est remarquable ».

 

LES BONS ET LES MAUVAIS SOUVENIRS

BAMOGO a connu beaucoup de bons comme de mauvais souvenirs. « Le meilleur souvenir qui me vient à l’esprit est celui qui date du 20 novembre 1983. Ce jour-là, j’ai remporté la finale du championnat des cadets avec l’ASEC Mimosas qui a battu (4-3) le Stella Club des KONATE Losséni, DIABY Sékana, TALLE Ibrahim, KONE Abdoulaye et autres. Mes joueurs s’appelaient KONATE Adama, LAGO Antoine, BASSOLE Michel, ASSAGOU Asséké Charles, DIARRA Oumar, TRAORE Nébié Alassane. Ce jour-là, BASSOLE avait réussi la prouesse de marquer 2 buts en 1 minute. C’était aussi l’anniversaire de l’un de mes joueurs THIE Méa Edmond qu’on appelait Ordinateur ».

Au chapitre des mauvais souvenirs, BAMOGO raconte : «C’était sous la présidence d’ANDOH Claude. Et l’Intendant Général de l’époque m’avait giflé un jour. J’avais trouvé quatre places dans des Etablissements secondaires pour quatre jeunes de notre centre de formation. J’en avais parlé aux dirigeants. Ils m’ont demandé de laisser l’Intendant Général s’en occuper. Mais au lieu d’inscrire les joueurs, cellui-ci a préféré inscrire des proches. Je ne le savais pas. J’étais allé simplement le voir pour savoir s’il avait fini l’inscription des enfants. Il m’a administré une gifle mémorable. Et m’a tenu des propos haineux. Je ne l’oublierai jamais ».

 

IL PASSE SES DIPLOMES D’ENTRAINEUR

Coach ZAGALO comme on appelle affectueusement BAMOGO Boukaré n’oublie pas de suivre des stages de recyclage. Malgré sa longue et riche expérience, il n’avait pas de diplôme d’entraîneur. Il est en train de combler ce manque aujourd’hui. Il a passé avec succès, il y a quelques mois, sa Licence B Fédérale d’entraîneur de football. Il a terminé 3e avec 14,50 de moyenne. Avant cela, il avait terminé 2e et obtenu la Licence C Fédérale avec 14,59 de moyenne. «La formation continue permet de mettre à jour ses connaissances. Quant au passage de mes diplômes d’entraîneur, cela est une nécessité aujourd’hui pour être reconnu comme tel ». Conclut-il.

 

 

                                                                                                                                                                                                                              K.Ismaël

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