« Nous avons travaillé et nous continuons de travailler pour revenir au sommet »

Après quelques mois de silence, Francis OUEGNIN, le Président délégué de l’ASEC Mimosas, parle enfin pour dresser le bilan de la Section football de l’ASEC Mimosas dont il a la charge, mais aussi pour mettre un terme aux rumeurs qui ont couru sur son état de santé. S’il dit avoir un sentiment mitigé par rapport à la saison écoulée, le Président Francis OUEGNIN nourrit toutefois beaucoup d’espoir pour la saison prochaine. Voici les raisons de son optimisme. Interview !

 

– Francis OUEGNIN, vous êtes le Président-Délégué et Président de la Section football de l’ASEC Mimosas, quel bilan de votre équipe professionnelle dressez-vous à l’issue de la saison 2012-2013 qui vient de s’achever ?

– C’est un bilan mitigé. Nous n’avons pas atteint entièrement nos objectifs. L’équipe de l’ASEC Mimosas n’est pas championne de Côte d’Ivoire. Les conditions dans lesquelles nos joueurs se préparent sont uniques dans notre pays. Nous possédons un outil de travail qui doit leur permettre d’être très performants. Malheureusement, nous sommes passés, encore une fois, à côté de notre objectif principal, à savoir le titre de champion de Côte d’Ivoire. Nous avons remporté la Coupe nationale, certes, mais j’aurais voulu être aussi champion de Côte d’Ivoire pour démontrer notre suprématie sur le football ivoirien. La grande désillusion reste notre élimination en Coupe de la Confédération par une équipe inconnue comme Lydia Ludic Burundi Academic FC. Ce fut une grosse déception. En matière d’organisation et de construction du club, nous sommes sur la bonne voie. Malheureusement, les résultats sportifs ne suivent pas depuis un certain temps. Et cela est très douloureux.

 

– Au regard de l’embellie de la fin de saison, comment expliquez-vous cette élimination en Coupe de la Confédération ?

–              Dans nos recrutements de la saison dernière, nous avons trop fait confiance à certains joueurs venus de Feyenoord Fetteh Football Academy du Ghana qui ont été titularisés d’entrée. Nous attendions beaucoup de ces jeunes. Nous nous sommes trompés parce qu’ils n’avaient pas le niveau. Nous avons un partenariat avec Karel BROKKEN de Feyenoord Ghana qui nous a donné de bons joueurs par le passé tels que Idrisu Abdul NAFIU, SEKYERE Mark, FRIMPONG Yaw, Iddi Abdul GANIYU. Nous espérions que les recrues ghanéennes de l’année dernière auraient bien pris la relève de leurs ainés qui ont marqué leur passage chez nous. Au lieu de cela, ce fut la catastrophe. Dès que nous avons retiré ces jeunes de l’équipe et avec le retour de Mark SEKYERE qui était en Europe pour des essais, notre jeu s’est considérablement amélioré. Et nous nous sommes rendus compte que nous avons perdu des matches contre le SC de Gagnoa, l’AS Denguélé, l’AFAD, le Séwé Sport et concédé des matches nuls contre l’USC Bassam, l’ES Bingerville et l’EFYM que nous aurions pu gagner largement sans nos recrues ghanéennes. D’où notre bonne fin de saison. Parce que les anciens issus de l’Académie ou pas et les recrues venues d’autres clubs ivoiriens ont pris conscience de la situation pour rehausser leur niveau. Karel BROKKEN aussi n’était pas content du comportement de ces jeunes qu’il nous avait prêtés. Lui aussi croyait en eux. Et leur passage à l’ASEC Mimosas devait être une étape dans leur parcours vers un niveau professionnel encore plus relevé. La preuve, Karel BROKKEN était tellement déçu d’eux qu’il en a libéré deux lorsqu’ils sont rentrés au Ghana.

 

– Vous étiez-là aussi constamment derrière cette équipe pour la motiver, lui mettre la pression  et même lui remonter les bretelles à certains moments…

– J’ai un rôle d’animateur en tant que Président de la Section football. Et ce rôle consiste à motiver les joueurs à se surpasser,  à leur faire comprendre que le haut niveau n’est pas gagné d’avance, qu’il faut aller le chercher. Quand on aspire à devenir un footballeur professionnel dans un club en Europe, il faut suer, il faut travailler dur. Je leur dis, chaque fois, pour leur montrer le côté terrible de leur métier extrêmement difficile, qu’à la place de la sueur, il faut que ce soit le sang qui coule. C’est-à-dire qu’il faut se donner à fond. Il est vrai que l’argent est nécessaire pour bien vivre. Mais lorsqu’on veut gagner de l’argent, il faut savoir aller le chercher surtout lorsqu’il est au bout de l’effort. Notre fin de saison a été bonne parce que les mêmes joueurs que nous décriions au début se sont améliorés et nous ont éblouis. Au point que nous nous sommes demandés pourquoi nous ne leur avons pas fait confiance d’emblée. Lorsque nous regardons notre parcours, nous nous rendons compte que si nous avions notre forme de la fin de saison, les équipes qui nous ont battus ou accrochés, en Ligue 1, ne nous auraient pas résisté. Et nous nous serions qualifiés facilement aussi pour les matches de poules de la Coupe de la Confédération 2013

 

 – Monsieur le Président, vous semblez impressionné par la fin de saison de votre équipe, même si vous jugez son bilan mitigé. Pourquoi ?

– Je suis effectivement impressionné par la réaction de fin de saison de notre équipe. Je retiens que le groupe à pris conscience de la situation pour réagir à propos. Il a fait des progrès énormes, à l’image d’un joueur comme BOUA Koffi, qui était la tête de turc du public et même du dirigeant que je suis. Nous étions obligés de faire jouer BOUA Koffi quand nous regardions notre effectif qui était pauvre. Nous n’avions pas d’avant-centre. C’est pour cette raison aussi que nous avons été obligés d’aller chercher un deuxième attaquant à l’Académie, en l’occurrence DAO Youssouf qui n’était pas spécialement prêt pour le haut niveau. BOUA Koffi a pris conscience et il a travaillé pour progresser dans le jeu. La preuve, ce n’est pas par hasard qu’il a été désigné meilleur joueur du mois de juin dernier, par l’Association des Footballeurs Ivoiriens. Et aujourd’hui, les Internautes du site de l’ASEC Mimosas l’ont désigné meilleur joueur mimosas de la saison. Tout le groupe aussi a pris conscience, un bloc équipe s’est formé, s’est solidifié et nous a permis de reverdir. La saison prochaine, ce groupe ne sera pas bouleversé.  Il sera simplement étoffé par quelques bons joueurs que nous sommes en train de recruter. Je suis convaincu que l’ASEC Mimosas présentera un meilleur visage que la saison dernière.

 –Que pensez-vous de votre entraîneur ? 

-TRAORE Siaka dit Gigi mérite qu’on lui donne une autre chance pour aller au bout de ses idées. Il gagne, il termine vice-champion de Côte d’Ivoire, il remporte la 50e édition de la Coupe nationale. L’année dernière, lorsqu’il a pris l’équipe après Sébastien DESABRE, il a réussi à accrocher la troisième place en Ligue 1 qui nous a permis de disputer la Coupe de la Confédération. C’est un garçon humble qui écoute beaucoup. Il a aussi une grande qualité que je lui reconnais : il ne panique jamais. Après une défaite, il garde toujours la tête froide. Il décèle bien et retient ce qui n’a pas marché, tout comme ce qui est positif dans le jeu de son équipe pour apporter des améliorations. Le club ASEC Mimosas est devenu une grande entreprise sportive. Les moyens pour faire vivre cette entreprise sont difficiles à réunir. Aujourd’hui, recruter un entraîneur expatrié qui viendra découvrir et comprendre l’environnement avant d’aider l’équipe à gagner est difficile et coûteux. Lorsque le Président Roger OUEGNIN m’a annoncé que Gigi restait, je n’ai trouvé aucun inconvénient.  Gigi connait bien la maison. Il a contribué aux retouches que nous allons opérer, cette année, pour colmater les brèches. Nous avons besoin de deux attaquants de qualité. Nous sommes en train de chercher. Nous sommes sur la piste d’un joueur qui pourrait être l’attraction des Actionnaires si nous parvenons à l’acquérir.

 – Qui est ce joueur dont vous parlez ?

– Je n’en dirai pas plus. La méthode chinoise demeure. Le Président l’annoncera au moment opportun si nous parvenons à faire signer ce joueur.

 – Vous n’étiez pas à Bouaké, le mardi 6 août dernier, lors de la finale de la 50e édition de la Coupe nationale que l’ASEC Mimosas a remportée dans les tirs au but face au Stella Club d’Adjamé. Où et comment avez-vous vécu cette 18e victoire de l’ASEC Mimosas, en Coupe nationale, qui a mis du baume au cœur des Actionnaires et des populations ivoiriennes ?

– Je vais profiter de l’occasion pour faire taire certaines rumeurs. Je ne suis plus très jeune, c’est vrai. Mais je suis un homme. Je dépense beaucoup d’énergie dans le cadre de mes activités professionnelles et dans le cadre de mes activités de Président-Délégué et Président de la Section football de l’ASEC Mimosas. Tout cela m’avait énormément épuisé physiquement. J’ai souffert d’une grosse fatigue, sans plus. Les médecins m’ont recommandé un repos total. C’est pour cela que je n’étais ni à Bouaké, le jour de la finale, ni à la dernière Assemblée Générale Ordinaire de notre club, à Sol Béni, le dimanche 11 août dernier. J’ai suivi la finale de la Coupe nationale à la maison. Cette victoire, face au Stella Club, m’a fait du bien et m’a donné une nouvelle santé. J’ai passé une nuit tranquille et heureuse. C’est le plus beau cadeau que nos joueurs pouvaient me faire. Une défaite m’aurait assommé. Je remercie Gigi et ses joueurs qui sont allés chercher cette victoire devant une formation très joueuse du Stella Club. Cette équipe du Stella possède le meilleur milieu de terrain de notre football. Mais à Bouaké, les milieux stellistes ont été littéralement dominés. Et cela m’a fait plaisir. Surtout qu’en première mi-temps, le jeune DAO Youssouf de l’Académie MimoSifcom a brillé et étonné nos adversaires qui se demandaient d’où il venait, d’après les échos qui me sont parvenus. Lorsque BA LOUA d’Avila est entré en jeu, c’était la totale. J’ai apprécié cette victoire dans les tirs au but qui fait aussi mal au perdant qu’une défaite par 1 but à 0. Parce qu’après une telle défaite, le perdant pense qu’il n’a pas démérité. Mais l’histoire ne retient que le nom du vainqueur. C’est la preuve que notre équipe est bonne. Elle a seulement besoin de quelques retouches pour être plus performante. Je remercie nos joueurs pour cette belle fin de saison.

 – A voir votre optimisme, faut-il croire que la saison écoulée laisse entrevoir une saison 2013-2014 de tous les espoirs ?

– Rappelez-vous la fin de saison 2012 où l’arbitre DEMBELE Denis nous a volé notre victoire contre le Séwé Sport. Nous terminions très fort aussi la saison. Sans ce penalty imaginaire, nous aurions occupé la deuxième place du classement qui nous aurait qualifiés pour la Ligue des champions. Vous voyez que la fin de la saison dernière est semblable à celle de 2012. Cela veut dire que nous avons un gros souci d’attaquants. Si nous avions des attaquants comme ceux du Séwé, l’issue de la Ligue 1 aurait été différente. Le Séwé possède en ZOUGOULA Koelly Kevin un attaquant de qualité. La preuve, quand cet attaquant est en panne, le Séwé est en panne. Quand il tourne, le Séwé gagne. Sinon, dans le jeu, le Séwé n’avait rien de plus que nous. C’est après que BOUA Koffi nous a apporté sa fougue et son efficacité. KOFFI Gautier nous a beaucoup apportés également. Il s’est malheureusement gravement blessé contre l’AFAD, au match retour. La métamorphose de ce joueur est impressionnante. Voilà un latéral droit que Gigi a transformé en excellent  milieu sortant droit. Gautier était même devenu, à un moment donné, le meilleur buteur de l’ASEC Mimosas. Je regrette aussi l’absence d’OKAN Agoussi. Il avait commencé à bien se comporter. Mais il avait un gros souci quand nous l’avions recruté. Il était blessé. Il a joué handicapé. Nous l’avons su bien plus tard et notre PCA a accepté qu’il subisse une opération. L’opération a réussi. Nous continuons de le soigner. Je suis certain qu’il fera parler de lui. Il a un jeu de tête unique en Côte d’Ivoire. Ce garçon a promis de rendre à l’ASEC Mimosas ce que notre club a fait pour lui. Je crois en lui.

 

Retrouvez la suite de l'interview demain

                                                                                                                                                                                                            KONE Ismaël

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