«Ce que nous avons réussi est le résultat de l’effort de tout le club»

Comme il est humble TRAORE Siaka dit Gigi! A l’issue d’une saison difficile que lui et son groupe sont parvenus à sauver, il ne tire pas la couverture à lui seul.  Il estime que cette embellie de fin de saison est l’œuvre de toutes les composantes du club. Mais au passage, il nous explique comment ses joueurs et  lui ont redressé une situation que tout le monde croyait compromise.

 Comment avez-vous trouvé votre première expérience en tant qu’entraîneur principal de l’ASEC Mimosas, lors de la saison qui vient de s’achever ? A-t- elle été difficile ou facile ?

Pour moi, cette première expérience n’a pas été difficile. J’avais été préparé pour cela. Parce que j’ai travaillé avec plusieurs entraîneurs de l’ASEC Mimosas, en l’occurrence AKA Kouamé, Patrick LIEWIG, Maxime GOUAMENE et Sébastien DESABRE comme adjoint avant que le Président Roger OUEGNIN me nomme au poste d’entraîneur principal. J’étais bien préparé surtout que je connaissais l’environnement, l’esprit du club, mais aussi pour avoir bien terminé la saison 2012 après le départ de Sébastien DESABRE. J’avais aussi mon vécu au Sabé Sport de Bouna qui m’a aidé à gérer le groupe dans les moments difficiles.

 La bonne fin de saison de l’ASEC Mimosas a étonné les Actionnaires et les observateurs. Mais vous, vous attendiez-vous à une telle embellie ?

Quand j’ai pris l’équipe, c’était difficile au début. Et je demandais toujours aux Actionnaires, dans chaque déclaration dans la presse, d’être patients et indulgents avec les joueurs et avec moi-même. Le groupe avait été renouvelé à 70-80%. Mais j’avais foi en ce que je faisais et j’avais foi en mes joueurs même s’ils ne sont pas des footballeurs de renom. Ils ont des qualités et je savais qu’ils pouvaient progresser rapidement. Ils étaient attentifs, disponibles, ils acceptaient de travailler et ils croyaient en moi comme je croyais en eux. En fait, notre bonne fin de saison ne m’a pas surpris. C’est le résultat des efforts fournis ensemble pendant 10 mois.

Quel a été votre secret pour faire progresser des joueurs et un groupe en qui personne ne croyait ?

Il n’y a pas de secret. Les seuls qui nous ont permis d’atteindre ce niveau de fin de saison sont le travail et la confiance mutuelle entre les joueurs et l’encadrement technique. J’avais la confiance des dirigeants. Il me revenait de savoir faire passer mes messages pour motiver les joueurs, leur faire comprendre leur rôle et les objectifs de l’ASEC Mimosas, ce grand club qui a toujours joué les premiers rôles en Côte d’Ivoire et qui est craint et respecté en Afrique. Je leur disais souvent que l’ASEC Mimosas a connu de grands joueurs qui ont marqué leur époque et le football ivoirien et qu’en venant à la suite de ces glorieux aînés, ils devaient se montrer dignes d’être leurs successeurs. Il est important de leur rappeler le passé glorieux de l’ASEC Mimosas qu’ils ignorent pour la plupart afin qu’ils connaissent mieux ce grand club pour bien le servir en donnant le meilleur d’eux-mêmes et en se montrant dignes de porter ses couleurs.

Pourquoi, selon vous, la mayonnaise a tardé à prendre ?

C’était difficile au début, parce qu’il fallait un temps d’adaptation aux joueurs qui venaient d’horizons divers. Le groupe avait été renouvelé à 70-80% comme je l’ai dit tantôt. Il fallait du temps pour inculquer l’esprit ASEC Mimosas au groupe; du temps, pour apprendre la philosophie de jeu du club aux nouveaux; du temps, pour donner du temps de jeu aux recrues pour mieux les connaître; du temps, pour que les joueurs se connaissent mieux afin que l’équipe trouve la cohésion dans le jeu. Ce dernier objectif est souvent difficile à atteindre, car il peut  demander souvent 1 à 2 ans de travail. Mais nous l’avons atteint en moins de 10 mois. Cela veut dire que du travail a été fait. Cela dit, tout n’est pas encore parfait même si on a réussi l’essentiel en arrivant à asseoir une base pour les performances futures. Il reste même beaucoup à faire pour relever les grands défis de la saison prochaine.

 Qu’avez-vous apprécié le plus dans le comportement de votre équipe ?

J’ai surtout apprécié la solidarité, l’envie et la discipline chez les joueurs. Ils étaient tous, toujours, à l’heure à l’entraînement. Ceux qui étaient malades faisaient l’effort d’être présents et à l’heure. Franchement, cet état d’esprit m’a fait plaisir.

 Avez-vous des regrets ?

Mon seul regret, c’est que la Coupe de la Confédération que nous avons disputée est arrivée tôt pour nous. Je dis tôt parce que nous n’avions pas encore retrouvé la cohésion dans le jeu et surtout la bonne cadence. Nous n’avions pas encore acquis les bases qui nous ont permis de terminer très fort la saison. Et cela nous a coûté une élimination prématurée au stade des 8es de finale.

 Quel bilan faites-vous de cette première expérience à la tête de l’encadrement technique de l’ASEC Mimosas avec une place de Vice-champion de Côte d’Ivoire, un 18e trophée en Coupe nationale et une élimination en 8es de finale de la Coupe de la Confédération ?

Je trouve que notre bilan est acceptable. Il n’est pas positif parce que nous n’avons pas atteint nos objectifs du début de saison. Il n’est pas négatif parce que nous avons terminé assez bien la saison avec la place de vice-champion de Côte d’Ivoire qui nous qualifie pour la prochaine Ligue des champions de la CAF et parce que nous avons aussi remporté la 50e édition de la Coupe nationale.

 Vous reprenez officiellement les entraînements, le samedi 7 septembre prochain. Que va-t-il se passer ce jour-là ?

Ce sera une prise de contact qui constituera des retrouvailles pour les anciens et une découverte pour les nouveaux. Nous présenterons l’encadrement technique à ces derniers et nous profiterons de l’occasion pour leur parler de l’esprit ASEC Mimosas, de la philosophie de jeu de l’équipe, des objectifs du club et de ses attentes vis-à-vis de ses joueurs. Nous terminerons cette prise de contact par un test physique pour vérifier si les joueurs (anciens et nouveaux) ont bien suivi ou pas le programme individuel d’entretien de la forme physique qui leur a été remis avant leur départ en vacances. Ce programme comporte deux semaines d’exercices planifiés et deux semaines de repos.

 Lors de la dernière AGO du club, le dimanche 11 août dernier, à Sol Béni, le PCA de l’ASEC Mimosas, Me Roger OUEGNIN, a dit que des jeunes de l’Académie MimoSifcom intègreront le groupe professionnel à la reprise. Combien seront-ils ?

Ils seront 5 (4 joueurs de champ et 1 gardien de but) qui viendront s’ajouter à deux qui ont été promus, lors du mercato de la mi-saison qui vient de s’achever. Ils seront donc sept (7) au total.

 En plus des jeunes de l’Académie, allez-vous recruter dans d’autres clubs ?

Oui, Nous avons recruté des joueurs dans d’autres clubs. Mais sur ce point, je ne peux rien vous dire pour l’instant.

Notre maison a ses règles.

 Quels sont les secteurs de jeu qui seront renforcés ?

Ce sont les secteurs offensifs qui seront renforcés par des attaquants et des milieux offensifs.

 Votre équipe sera-t-elle prête pour le trophée de la Coupe FHB qui l’opposera au Séwé Sport de San Pedro?

Nous aurons 3 semaines pour préparer la Coupe Félix HOUPHOUET-BOIGNY. Je pense que physiquement, nous pouvons être prêts avant cette échéance qui va ouvrir la saison 2013-2014.

 Quels seront vos objectifs, la saison prochaine ?

Nos objectifs seront toujours les mêmes chaque année à savoir, reconquérir le titre de champion de Côte d’Ivoire que nous n’avons plus remporté depuis 2011, accéder au moins aux phases de poules de la prochaine Ligue des champions de la CAF et conserver le trophée de la Coupe nationale. Mais pour commencer, nous devrons remporter le trophée FHB.

 Quel est votre dernier mot ?

Je félicite et je remercie le PCA, Me Roger OUEGNIN, pour m’avoir donné l’occasion d’entraîner l’ASEC Mimosas et pour m’avoir fait confiance jusqu’au bout. Je remercie également tous ses collaborateurs du Conseil d’Administration qui m’ont aussi soutenu sans oublier tout le personnel de l’ASEC Mimosas depuis les jardiniers jusqu’au Directeur Général, en passant par les vigiles, les cuisiniers, tous mes collaborateurs du staff technique et médical ainsi que tous mes joueurs, tous les encadreurs et enseignants de l’Académie MimoSifcom, le personnel de la Direction d’Exploitation de Sol Béni, les membres du service Marketing et Communication et ceux de la Direction Générale, sans oublier tous les Actionnaires. Ce sont toutes ces personnes qui m’ont aidé par leurs prières, leur soutien moral et logistique (pour les dirigeants). Ce que nous avons réussi cette année est le résultat de l’effort de tout ce monde. J’ai une pensée pour ‘‘Sous-préfet”, l’Actionnaire de Bouaké qui n’a pas pu assister à la finale de la Coupe nationale parce qu’il était au village pour les obsèques de sa mère. Il m’avait appelé pour me le dire et cela m’avait touché. Je demande à tous ceux qui aiment l’ASEC Mimosas de ne pas regarder la personne de Gigi, mais ce club que nous devons tous aider ensemble à avancer.

 

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