« Je reviens toujours avec beaucoup de plaisir à Sol Béni»

 

Hervé RENARD, le sélectionneur de la Zambie, était à Sol Béni, le vendredi 28 juin dernier, dans la matinée. Il était accompagné du Président Francis OUEGNIN et de Franck SIMON de l’hebdomadaire français France Football. Voici ce qu’il nous a confié. Interview.

 Hervé RENARD, vous séjournez à Abidjan dans le cadre de la nuit du football africain. Quel accueil les Ivoiriens vous ont réservé quand on sait que c’est avec vous que la Zambie a battu la Côte d’Ivoire en finale de la CAN 2012 ?

 Comme d’habitude, j’ai reçu un super accueil. C’était vraiment un grand plaisir de revenir en Côte d’Ivoire. Les gens sont chaleureux. Depuis la CAN 2012, je n’étais plus revenu en Côte d’Ivoire. Je n’ai pas senti qu’on m’en voulait ici pour avoir battu la Côte d’Ivoire en finale de la CAN 2012, au Gabon. Et puis aujourd’hui, les Ivoiriens ont fini par accepter cette défaite comme nous l’aurions fait en Zambie si c’est nous qui avions perdu cette finale. Je les remercie pour leur accueil chaleureux.

Quel a été le secret de cette victoire zambienne face aux Ivoiriens qui étaient donnés largement favoris ?

 C’était d’avoir bien préparé ce match, d’avoir réussi à bien contrarier cette équipe des Eléphants sur ses points forts et malgré cela, il nous a fallu bien sûr de la réussite. Et quand on va tout au bout de la nuit comme on l’a été, dans les tirs au but, le reste se joue à quelques détails  près et à beaucoup de chance aussi.Les Eléphants étaient très craints, mais les Chipolopolo les avaient affrontés sans aucun complexe…On était sûr de notre force. On était confiant. On savait qu’on ne jouerait peut-être qu’une finale dans notre vie. Il ne fallait pas manquer celle qu’on avait la chance de jouer. Parce que dans une carrière, dans une vie, on s’en souvient pour toujours quand on la gagne.

Un an après, en Afrique du Sud, lors de l’édition suivante, la Zambie a été sortie prématurément de la compétition, au premier tour. Qu’est-ce qui s’était passé entre-temps ?

On était tombé dans une poule très relevée et on avait fait trois matches nuls dont deux contre le Nigéria et le Burkina Faso, les deux finalistes de la compétition. On avait surtout péché par manque d’efficacité lors de notre dernier match contre le Burkina Faso alors qu’on avait  eu beaucoup d’occasions de but pour faire la différence.

Vous avez reconnu dans une interview accordée à un journal gabonais lors de la CAN 2012 que votre passé de responsable d’une entreprise de nettoyage à Draguignan (France) vous avait beaucoup aidé dans votre métier d’entraîneur au plus haut niveau. En quoi cela a-t-il contribué à votre réussite ?

Cela m’a fait comprendre surtout ce qu’est la vie. Même si on est des footballeurs et qu’on gagne bien notre vie par rapport à des gens qui travaillent beaucoup plus et qui n’ont pas la chance d’avoir des revenus comme dans le football, il faut savoir tout relativiser et ne jamais se prendre pour ce qu’on n’est pas. Il faut faire preuve de beaucoup d’humilité. C’est le plus important. Je retiens que lorsqu’on est humble et qu’on nourrit de grandes ambitions, rien ne peut nous arrêter.

On est tenté de croire que votre destin est fortement lié à celui de la sélection zambienne. Car après l’avoir entraînée de mai 2008 à Avril 2010, vous avez tenté de brèves expériences de 6 mois (d’avril à octobre 2010) avec les Palancas Negra d’Angola, puis de 11 mois (Janvier à Novembre 2011) avec l’USM Alger. Et vous êtes retourné prendre en main cette sélection zambienne à partir de fin 2011…

Mon retour à la tête de l’équipe de Zambie est une période de ma vie qui doit durer quatre ans. Je pense que quoi qu’il arrive, si on se qualifie pour la Coupe du monde 2014, il faudra relever ce nouveau défi. Si on ne se qualifie pas, il faudra se préparer à gagner d’autres challenges. J’arrive au bout du chemin avec la Zambie. J’aimerais bien réussir un dernier exploit avant de partir.

Quelles sont actuellement les chances de la Zambie dans les éliminatoires de la prochaine Coupe du monde ?

Elles sont maintenant moins importantes. Si on regarde le classement, on est à un point derrière le Ghana, en deuxième position. Il faudra aller gagner à Kumasi, au mois de septembre. Cela me paraît impossible. Mais comme on est parfois capable de réussir des choses impossibles, on y croit.

Où souhaiteriez-vous poser vos valises quand vous quitterez la sélection zambienne ?

Si je devais choisir ? Dans la vie, on ne choisit pas et on ne fait pas toujours ce qu’on veut. Comme vous me posez juste une question, je vais vous répondre avec mon cœur. Si j’avais la possibilité de choisir, je choisirais la Côte d’Ivoire.

Vous avez souhaité entraîner les Eléphants et à un moment donné, les contacts étaient très avancés. Qu’est-ce qui n’avait pas marché par la suite ?

On était d’accord oralement. Mais ça ne s’est pas fait pour d’autres petites raisons et j’ai finalement choisi une autre destination. Je pense aujourd’hui que ce n’était pas le moment pour m’occuper des Eléphants de Côte d’Ivoire. C’est le destin qui l’a voulu. Mais je pense que cette opportunité se représentera.

Croyez-vous vraiment au destin ?

Oui, je crois au destin. On a une route bien tracée même si après il faut y mettre beaucoup de soi pour saisir les opportunités.

Vous avez découvert l’Afrique grâce à Claude LEROY. Quelles sont vos relations avec cet entraîneur très coté en Afrique ?

Comme je l’ai dit après notre victoire à la CAN 2012, sans lui je n’aurais jamais mis les pieds en Afrique. C’est grâce à lui que je vis ce que je vis sur le continent et dans le monde du football. Merci Claude.

Vous visitez aujourd’hui Sol Béni, le complexe sportif de l’ASEC Mimosas. Est-ce la première fois ?

Non, je suis déjà venu m’entraîner avec la sélection zambienne en 2009, lors de la première édition du CHAN. Je reviens toujours avec beaucoup de plaisir dans ce magnifique complexe sportif.

 Comment le trouvez-vous aujourd’hui par rapport à ce que vous avez vu en 2009 ?

En 2009, beaucoup de choses n’étaient pas terminées au niveau du bâtiment de la maison Excellence et de la piscine. Beaucoup de clubs de première division en Europe n’ont pas une telle infrastructure. Félicitations à l’ASEC Mimosas et je souhaite que ce club remporte de grands titres continentaux.

Vous êtes un grand ami du Président Délégué de l’ASEC Mimosas, Francis OUEGNIN. Comment cette amitié est-elle née et qu’est-ce qui la renforce ?

Cette amitié est née grâce à Claude LEROY qui le connaissait. Et quand je suis venu ici, en 2009, dans le cadre du CHAN, on s’est rencontré de nouveau et le courant est passé très rapidement. Francis OUEGNIN est quelqu’un de grandes valeurs humaines. J’attache beaucoup d’importance aux relations humaines. J’ai toujours eu la chance de rencontrer des personnes formidables sur mon chemin. Il en fait partie. Je pense que notre amitié ne s’arrêtera jamais.

 C’est grâce à lui que vous avez proposé Sébastien DESABRE à l’ASEC Mimosas lorsqu’il vous avait demandé en 2010 de l’aider à trouver un entraîneur compétent ?

Oui, c’est bien cela. Lorsqu’il me l’a demandé, mon choix s’est porté sur Sébastien DESABRE que je connais bien pour sa compétence et ses qualités humaines. J’ai voulu lui donner sa chance. Parce qu’il existe beaucoup de très bons entraîneurs de football dans les divisions inférieures, en France, que les gens ne découvriront peut-être jamais.

Hervé RENARD, pourrait-il organiser un regroupement des chipolopolo à Sol Béni à l’occasion d’un match contre une équipe d’Afrique de l’Ouest ?

C’est possible et même très envisageable si l’ASEC Mimosas nous accepte ici à Sol Béni.

Quel est votre mot de fin ?

Je souhaite à l’ASEC Mimosas de redevenir très rapidement championne de Côte d’Ivoire et de gagner une nouvelle Champions League de la CAF le plus rapidement possible.

 

 

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