« C’est un retour aux sources »

 

Après Maestro, le lundi 27 mai dernier, Ismaël Tiémoko DIOMANDE, un ex-académicien et actuel sociétaire de l’AS Saint Etienne (Ligue1 francaise), s’est rendu à Sol Béni, le mardi 4 juin dernier, en fin de journée. Parti pour la France en 2008, le joueur n’était plus retourné en Côte d’Ivoire et à Sol Béni où il avait suivi sa première formation de 2005 à 2008, sous la direction technique de Pascal Théault. C’est avec une émotion partagée que le jeune joueur, et son ex-entraîneur, Benoit YOU (aujourd’hui Directeur Général de l’ASEC Mimosas), se sont retrouvés à l’Académie MimoSifcom où ils avaient passé ensemble des moments inoubliables. Après la visite, le joueur s’est prêté à nos questions, dans les Studios Président TOURE Mamadou de Radio JN. Interview.

Quels souvenirs retiens-tu de ton passage à l’Académie MimoSifcom de 2005 à 2008 ?

C’étaient de bons moments généreux avec un groupe de gamins qui travaillait tous les jours pour se faire une place dans le monde du professionnalisme.

 Comment as-tu été recruté par l’Académie MimoSifcom ?

Il m’a fallu deux essais pour entrer à l’Académie MimoSifcom. La première tentative n’ayant pas marché, je suis revenu avec mon équipe de quartier pour disputer un match amical où je me suis fait remarquer par les techniciens d’alors. Je suis donc revenu en essai, pendant deux, trois, voire quatre mois. Et après, je suis resté dans le groupe avec un contrat à l’appui.

 Peux-tu nous donner des noms de quelques camarades de ta promotion ?

Je suis de la promotion des joueurs comme KANGOUTE Adama, TRAORE Moussa, KOFFI Gautier, actuellement dans l’équipe fanion de l’ASEC Mimosas, DIABATE Inza (ES Bingerville), SAWADOGO Souleymane (AJ Auxerre), TOURE Brahima Khalil (SOA) et bien d’autres.

 Avec l’Académie MimoSifcom, tu as participé à un tournoi dans l’antre de l’Académie Feyenoord, au Ghana. Quels souvenirs retiens-tu de cette sortie, hors de la Côte d’Ivoire ?

Ce voyage au Ghana est un moment inoubliable pour moi. Déjà dans le bus qui nous transportait, l’ambiance était au top. C’était la première fois que je sortais du pays. Nous sommes arrivés à Accra et les choses se sont très bien déroulées. Nous avons été bien accueillis et avons participé à un très bon tournoi de football.

 Après l’Académie MimoSifcom, tu as rejoint tes parents, en France, en 2008. Parle-nous de ton parcours français.

J’ai commencé dans un petit club d’Aubervilliers (commune située dans la banlieue de Paris) en PH. Après une année passée dans ce club, le coach m’a conseillé d’aller voir ailleurs parce que je méritais mieux. J’ai donc atterri dans un centre de formation à Paris CFFP où j’ai également passé une année. Je suis ensuite arrivé au Paris FC, en DH, puis en CFA et j’ai terminé la saison en Nationale. J’avais entre 16 et 17 ans. C’est à partir de là que je me suis fait remarquer par l’équipe de Saint Etienne.

 Comment les choses se sont-elles passées à la signature de ton premier contrat professionnel, en 2012, avec Saint Etienne ?

Avant ma signature, j’étais déjà dans le groupe et je faisais des bouts de match. Mon intégration s’est donc bien déroulée et j’ai signé mon premier contrat professionnel. Un an avant, je savais que je passerais en pro, parce que l’équipe a une politique qui fait beaucoup confiance aux jeunes. C’était pour moi, une juste récompense du travail accompli durant quelques années passées dans le club.

 Tu as été précédé dans ce club par Didier ZOKORA et TIENE Siaka, deux ainés de l’Académie MimoSifcom. Cela a-t-il influé sur ton intégration ?

Les Ivoiriens sont en général bien perçus à Saint Etienne. Un peu à cause de Didier ZOKORA qui a vraiment bonne presse de par son comportement et son abnégation au travail. J’avais même hérité du nom «petit Zokora » parce que nous évoluons au même poste de milieu défensif. Cela m’a beaucoup facilité la tâche.

 Quelle est la nature de tes relations avec ton compatriote Max GRADEL et les Stéphanois d’origine  africaine?

Nous sommes tout le temps ensemble, après les entraînements, les matches et autres. Ce qui fait que, sur le terrain, nous avons des complicités particulières. Max GRADEL est le grand frère qui me donne des conseils, pour me mettre sur la droite ligne.

 Tu as foulé avec beaucoup de bonheur le célèbre Stade de France, en remportant la Coupe de la Ligue avec Saint Etienne. Peut-on revenir sur ces sensations fortes ?

Ma première fois, au Stade de France , c’était lors de la finale de la Coupe Gambardella, en 2012, contre l’AS Monaco. Le Stade n’était pas comble mais j’ai été beaucoup impressionné. Dernièrement, dans les 80 000 places du Stade de France, j’ai vraiment touché le haut niveau, en remportant cette Coupe de de la Ligue. Ce sont des souvenirs qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

 Le 3 août prochain, à Libreville, pour la première fois, se disputera le Trophée des champions. En tant qu’Africain, que penses-tu de cet événement qui sera retransmis dans plus de 160 pays à travers le monde ?

Ce sera une belle aubaine pour le football africain qui a besoin de ce genre d’événements pour son essor.

 Tu viens d’effectuer la visite de Sol Béni en compagnie de ton ancien formateur, Benoit YOU qui est aujourd’hui le Directeur Général de l’ASEC Mimosas. Que ressens- tu ?

J’ai passé trois années ici, à l’Académie MimoSifcom avec des mesures strictes auxquelles on devait se conformer. Retrouver ce lieu est un retour aux  sources pour me rappeller d’où je suis parti. C’est une source de motivation à travailler encore plus.

 Quelle est la nature de tes rapports avec tes anciens dirigeants de l’Académie MimoSifcom ? 

Je suis parti d’ici tout petit et n’ayant aucun problème avec quelqu’un. Ce club m’a appris ce que je sais faire aujourd’hui. J’en suis donc reconnaissant. Raison pour laquelle je suis revenu, ce mardi, à Sol Béni. Il était important pour moi, de faire ce retour à Sol Béni pour remercier les personnes qui ont été à nos petits soins pendant nos débuts.

 Tu es le neveu de feu ZARE Mamadou (ancien joueur puis entraîneur de l’ASEC Mimosas). Est-il la personne qui a influencé ton choix pour le football ?

Absolument. ZARE Mamadou a été un modèle pour moi. C’est une personne qui aimait beaucoup son travail. Lorsqu’il perdait un match, il ne parlait à personne et nous évitions de croiser son chemin. Cette passion pour le football m’a beaucoup marqué et influencé.

 Que penses-tu de Radio JN, la première radio sportive de Côte d’Ivoire, initiée par l’ASEC Mimosas ?

C’est un acte très important. On a tendance, en Europe, à croire que les clubs africains n’ont pas d’installations. L’ASEC Mimosas démontre le contraire. Et d’ailleurs, tous les clubs en Europe n’ont pas ces installations de l’ASEC Mimosas. Une radio, en plus, permettra de cadrer les informations que le club voudra passer. C’est un plus pour toute la Côte d’Ivoire.

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